686 liens privés
depuis décembre 2021
La Savoie est un État souverain dont le Souverain est le peuple.
.
Au nom du Créateur,
Au nom de la Souveraineté, socle de la Savoie
Sous le regard de nos ancêtres, qui continuent à guider nos pas
Pour l’avènement d’une nouvelle société
Pour l’intérêt commun et la reconnaissance de nos droits fondamentaux
Le peuple Souverain de Savoie
Conscient de la Loi Naturelle, de sa responsabilité envers la Création et du respect du Vivant
Dans l’esprit de paix, de justice, d’équité et de prospérité pour tous
Déterminé à vivre ensemble sa diversité, dans le respect de l’autre
Conscient des acquis communs et dans la préservation de son histoire millénaire
Assumant sa responsabilité envers les générations futures
Sachant que seul est libre qui use de sa liberté
Afin que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres
Le peuple de Savoie proclamera sa Constitution à venir en tenant compte de sa propre histoire marquée par la Royale Constitution Sardes, celles de 1731 & 1770 ainsi que du Code Civil du Royaume de Sardaigne de 1844.
Charte des Nations Unies, Chapitre XI:
Déclaration relative aux territoires non autonomes
Article 73
Les Membres des Nations Unies qui ont ou qui assument la responsabilité d'administrer des territoires dont les populations ne s'administrent pas encore complètement elles-mêmes reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires. Ils acceptent comme une mission sacrée l'obligation de favoriser dans toute la mesure possible leur prospérité, dans le cadre du système de paix et de sécurité internationales établi par la présente Charte et, à cette fin :
d'assurer, en respectant la culture des populations en question, leur progrès politique, économique et social, ainsi que le développement de leur instruction, de les traiter avec équité et de les protéger contre les abus;
de développer leur capacité de s'administrer elles-mêmes, de tenir compte des aspirations politiques des populations et de les aider dans le développement progressif de leurs libres institutions politiques, dans la mesure appropriée aux conditions particulières de chaque territoire et de ses populations et à leurs degrés variables de développement;
d'affermir la paix et la sécurité internationales;
de favoriser des mesures constructives de développement, d'encourager des travaux de recherche, de coopérer entre eux et, quand les circonstances s'y prêteront, avec les organismes internationaux spécialisés, en vue d'atteindre effectivement les buts sociaux, économiques et scientifiques énoncés au présent Article;
de communiquer régulièrement au Secrétaire général, à titre d'information, sous réserve des exigences de la sécurité et de considérations d'ordre constitutionnel, des renseignements statistiques et autres de nature technique relatifs aux conditions économiques, sociales et de l'instruction dans les territoires dont ils sont respectivement responsables, autres que ceux auxquels s'appliquent les Chapitres XII et XIII.
Article 74
Les Membres de l'Organisation reconnaissent aussi que leur politique doit être fondée, autant dans les territoires auxquels s'applique le présent Chapitre que dans leurs territoires métropolitains, sur le principe général du bon voisinage dans le domaine social, économique et commercial, compte tenu des intérêts et de la prospérité du reste du monde.
Signé à Turin
24 mars 1860
Au nom de la Très Sainte et indivisible Trinité, Sa Majesté l'Empereur des Français ayant exposé les considérations qui, par suite des changements intervenus dans les relations territoriales entre la France et la Sardaigne, lui ont fait désirer l'annexion (réunion) de la Savoie et de l'arrondissement de Nice (circondario di Nizza) à la France, et Sa Majesté le Roi de Sardaigne s'étant montré disposé à y adhérer, leurs dites Majestés ont décidé de conclure un traité à cet effet, et ont nommé pour leurs plénipotentiaires : Sa Majesté l'Empereur des Français, le Baron de Talleyrand Périgord [...] et M. Benedetti [...] ; et Sa Majesté le Roi de Sardaigne, Son Excellence le Comte Camille Benso de Cavour [...], et son Excellence le Chevalier Charles Louis Farini [...] qui, après avoir échangé leurs pleins pouvoirs en bonne et due forme, sont convenus des articles suivants :–
Art. 1.Sa Majesté le Roi de Sardaigne consent à l'annexion (réunion) de la Savoie et de l'arrondissement de Nice (circondario di Nizza) à la France, et renonce pour lui-même et tous ses descendants et successeurs à ses droits et prétentions sur lesdits territoires. Il est convenu entre Leurs Majestés que cette réunion se fera sans aucune contrainte sur la volonté des populations, et que les Gouvernements de l'Empereur des Français et du Roi de Sardaigne se concerteront dans le plus bref délai sur le meilleur moyen d'apprécier et de constater (constater) les manifestations de cette volonté.
Art. 2. Il est entendu également que Sa Majesté le Roi de Sardaigne ne pourra céder les parties neutralisées de la Savoie qu'aux conditions où il les possède lui-même, et qu'il appartiendra à Sa Majesté l'Empereur des Français de s'entendre à ce sujet aussi bien avec les Puissances représentées au Congrès de Vienne qu'avec la Confédération helvétique, et de leur donner les garanties qui résultent des stipulations visées dans le présent article.
Art. 3. Une commission mixte déterminera, dans un esprit d'équité, les frontières des deux Etats, compte tenu de la configuration des montagnes et de la nécessité de la défense.
Art. 4. Une ou plusieurs commissions mixtes seront chargées d'examiner et de résoudre, dans un bref délai, les diverses questions incidentes auxquelles l'annexion donnera lieu, telles que la décision de la contribution de la Savoie et de l'arrondissement de Nice à la dette publique de la Sardaigne, et l'exécution des obligations résultant des contrats passés avec le Gouvernement sarde, qui s'engage cependant à terminer lui-même les travaux commencés pour le percement d'un tunnel dans les Alpes (Mont Cénia).
Art. 5. Le Gouvernement français tiendra compte, à l'égard des fonctionnaires de l'ordre civil et militaire appartenant par leur naissance à la province de Savoie, ou à l'arrondissement de Nice, et qui deviendront sujets français, des droits qu'ils auront acquis par les services rendus au Gouvernement sarde ; ils jouiront surtout des avantages des nominations à vie dans la magistrature et des garanties assurées à l'armée.
Art. 6. Les sujets sardes originaires de Savoie, ou de l'arrondissement de Nice, ou domiciliés effectivement dans ces provinces, qui voudraient conserver la nationalité sarde, jouiront pendant le délai d'un an, à dater de l'échange des ratifications, et en vertu d'une déclaration préalable faite aux autorités compétentes, de la faculté de déplacer leur domicile en Italie, et de s'y établir, auquel cas leurs qualités de citoyens sardes leur resteront. Ils seront libres de garder leur propriété foncière située sur le territoire annexé à la France.
Art. 7. Pour la Sardaigne, le présent traité deviendra loi dès que la sanction législative nécessaire aura été donnée par le Parlement.
Art. 8. Le présent traité sera ratifié et les ratifications échangées à Turin dans le délai de dix jours, ou plus tôt si possible.
En foi de quoi les plénipotentiaires respectifs l'ont signé et y ont apposé leurs cachets.
Fait en double exemplaire à Turin, le 24 du mois de mars de l'an de grâce 1860.
Des indépendantistes proclament l’existence d’un Etat de Savoie
Vendredi 27 octobre, à Chambéry, le « gouvernement de l’Etat de Savoie » a déclaré l’indépendance de la Savoie. Un « événement historique » selon les quelques indépendantistes savoyards ayant participé à cette déclaration.
L’indépendantisme existe aussi en Pays de Savoie.
L’indépendantisme existe aussi en Pays de Savoie. - Flickr
Par Clara Rigoli
Journaliste web
Publié: 3 Novembre 2023 à 16h11
Temps de lecture: 2 min
Partage :
« Le peuple de Savoie et sa nation sont de retour sur la scène internationale et dans le concert des nations par sa déclaration d’indépendance. » Voici ce qu’ont déclaré les indépendantistes savoyards vendredi 27 octobre dernier. Selon la déclaration officielle, cette nation souveraine autoproclamée inclurait les historiques territoires de la Savoie et du comté de Nice. A Chambéry, « capitale historique et spirituelle de la Savoie », les indépendantistes revendiquent « la fin de la colonisation française », considérant que le traité d’annexion de la Savoie à la France signé en 1860 ne serait plus valable.
Une réaction d’Emmanuel Macron ?
Si la déclaration n’a pas fait réagir Emmanuel Macron, président de la République, elle n’a pas manqué de provoquer les foudres du parti bonapartiste L’Appel au peuple, qui dénonce fermement cette indépendance autoproclamée. Les Bonapartistes critiquent également le manque de réaction du gouvernement face à la mise en danger de « la République une et indivisible ». Remonté contre les groupes savoisiens appelant à l’indépendance, L’Appel au peuple demande que ces « groupuscules séparatistes » soient « dissous » et que « leurs dirigeants soient mis hors d’état de nuire sur le champ ».
Quitter la région Rhône-Alpes? Les Savoyards attendent le débat national pour en discuter - Le Temps
Quitter la région Rhône-Alpes? Les Savoyards attendent le débat national pour en discuter
Après la proposition de constituer en région autonome les départements de Savoie et de Haute-Savoie, seules les personnalités politiques les plus influentes se déterminent. Mais l'Assemblée nationale est sur le point de s'emparer de la question
Alexandra Deruaz,
Publié le 09 novembre 1998 à 01:00.
Indépendance de la Savoie, fusion des départements savoyards et hauts-savoyards, création d'une région Savoie détachée de Rhône-Alpes: au risque d'être un peu perdus et dépassés par des intérêts parfois politiciens, nos voisins ne manquent pas de projets d'avenir. Mais ils laissent leurs élus s'en occuper. Si aucune des trois propositions n'est nouvelle, le divorce des deux départements de Savoie et de Haute-Savoie d'avec leur région de tutelle gagne aujourd'hui en actualité (Le Temps du 29 octobre).
D'ici quinze jours, si tout se passe comme prévu, une proposition de loi allant dans ce sens sera discutée à l'Assemblée nationale qui planche sur la révision du mode de scrutin régional. Une réforme proposée pour éviter les déchirements qui ont suivi les élections du printemps dernier, au cours desquels le Front national a notablement accentué sa présence dans les parlements régionaux.
Dans la perspective de ces travaux nationaux, une discussion a bien eu lieu samedi en Haute-Savoie à l'initiative de deux maires soucieux de pallier la carence d'information des élus locaux. Et une pétition circulera dans les deux départements pour soutenir l'idée d'une région de Savoie.
Mais pour le reste, les Savoyards parlent bien peu de ce grand dessein, qu'ils laissent au bon plaisir de quelques grands élus, seuls à s'enflammer pour en dire du mal ou du bien. «Etonnamment, les médias régionaux ont peu relayé notre thèse, constate Claude Barbier, coauteur d'un livre intitulé Région Savoie, Pourquoi-Comment. C'est une particularité française: il faut d'abord que les médias nationaux octroient leur blanc-seing au débat pour que ce dernier redescende à l'échelon des départements.»
Ainsi, sur proposition d'une association interdépartementale, ce sont deux députés, Michel Bouvard et Bernard Bosson, qui ont porté le projet à Paris. La suite échappe également aux petits élus: c'est l'ancien ministre Michel Barnier, président du Conseil général de Savoie, qui a pris sur lui de tirer sur la région Savoie. Il préfère sa propre idée, celle de fusionner les deux départements et de réduire le nombre de régions en France pour qu'elles disposent d'une taille suffisante au sein de l'Europe.
Mais que l'on ne s'y trompe pas: à Charbonnières, siège rhône-alpin du Conseil régional, l'évolution de la proposition d'une région Savoie est suivie avec attention. Selon un de ses pères, le député Michel Bouvard, la gauche pourrait, à l'Assemblée nationale, être favorable à cette nouvelle entité car elle permettrait de faire tomber Charles Million, président ex-UDF de Rhône-Alpes: si les conseillers régionaux savoyards et hauts-savoyards venaient à se retirer pour créer leur propre parlement, la gauche serait majoritaire dans ce qui resterait de la région Rhône-Alpes. A Charbonnières d'ailleurs, on ne s'y trompe pas. Selon un lieutenant du président du Conseil régional, Etienne Blanc, «si le projet passait, ce serait la preuve que l'on veut déboulonner Millon par tous les moyens». Dans des milieux plus larges, on pense également que le sort du président, maudit par ses anciens pairs, se joue sur cette question.
En attendant de connaître la position claire des maires – on sait, selon un sondage réalisé par le journal Le Messager avant le dépôt de la proposition de loi, qu'une grande majorité de la population approuve le projet – on peut déjà remarquer une divergence d'opinions entre la Savoie et la Haute-Savoie, cette dernière étant plus favorable au divorce d'avec la région Rhône-Alpes.
A cela plusieurs raisons. Tout d'abord, l'effet d'entraînement des leaders départementaux. Michel Barnier, président du Conseil général de Savoie, désapprouve le projet tandis que son homologue haut-savoyard le soutient. La proximité géographique est également importante, la Savoie étant davantage liée à Lyon et Grenoble que sa voisine. Enfin, assurent Christian Monteil, qui chapeaute les maires de Haute-Savoie, et Jean Blanc, président de la Fédération des maires de Savoie, la volonté de contrebalancer les effets de la Ligue savoisienne, implantée en Haute-Savoie, n'est pas étrangère à ces nuances.
Etonnamment, le clivage entre la droite et la gauche semble peu prononcé sur la question. Même si le projet a été lancé par des élus de droite, Jean-Jacques Queyranne, ancien prétendant socialiste à la présidence du Conseil régional, admet la légitimité du débat.
Les faveurs que l'indépendantiste Patrice Abeille a accordées à la gauche – son mouvement, en acceptant une alliance au Conseil régional, a permis à la gauche d'égaliser ses voix avec celles de la droite, Charles Millon n'assurant son élection à la présidence que grâce aux voix du Front national – ne sont sans doute pas étrangères aux propos de Jean-Jacques Queyranne, actuel ministre de l'Intérieur par intérim. Un ministre qui sera très certainement appelé à donner son point de vue sur la Région Savoie dans le cadre du débat national.
Collaboration: Robert Marmoz
La Savoie, bientôt un État à part entière ?
INTERVIEW - Une cinquantaine d'indépendantistes savoisiens ont proclamé la création d'un État souverain. "La Savoie est un pays, pas une région", martèle à RTL Thierry Becourt, le porte-parole du Sénat souverain de Savoie.
Les indépendantistes se sont réunis à la nécropole militaire de Morette, en Haute-Savoie.
Les indépendantistes se sont réunis à la nécropole militaire de Morette, en Haute-Savoie.
Crédit : Thierry Becourt pour RTL
Marie Gingault
Marie Gingault
publié le 05/10/2020 à 15:29 - mis à jour le 05/10/2020 à 17:54
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Dimanche 4 octobre, une cinquantaine d'indépendantistes savoisiens se sont rassemblés à la nécropole militaire de Morette sur le plateau des Glières afin d'autoproclamer l'indépendance de la Savoie. Un lieu hautement symbolique puisqu'il s'agit d'un lieu de mémoire dédié notamment à la Résistance.
À la tête de l'opération, Thierry Becourt, le porte-parole du Sénat souverain de Savoie, contacté par RTL.fr. "Sénat souverain de Savoie, parce que c'est l'appellation officielle de la Savoie en tant qu'état, qui remonte à 1559", précise celui pour qui la souveraineté de la Savoie est nécessaire. "La Savoie est un pays, pas une région". Il ne s'agit pas de régionalisme, ni de recherche d'autonomie "ça n'a rien à voir avec ça", insiste Thierry Becourt. "On est un état à part entière et c'est un fait du droit international (...) ce qui explique qu'on parle d'un gouvernement de transition".
On n'est pas dans la création d'une nation, mais bien dans la restauration d'une nation
Thierry Becourt, porte-parole du Sénat souverain de Savoie
Le porte-parole du Sénat souverain de Savoie rappelle que la Savoie a été "plus ou moins colonisée et recolonisée. La dernière fois en 1860 lorsqu'elle a été annexée par la France. Mais cela a été abrogé en 1940" indique-t-il avant de préciser : "La Savoie, sur un plan international se situe réellement comme un pays". Thierry Becourt explique que le traité d'annexion aurait dû être re-signé, hors cela n'a pas été fait. Ainsi, la Savoie est un état souverain depuis tout ce temps.
"On n'est pas dans la création d'une nation, mais bien dans la restauration d'une nation", martèle le porte-parole. Cette nation, le pays de la Savoie, occupe géographiquement parlant les départements de Savoie, Haute-Savoie ainsi que le comté de Nice, "tel qu'il était en 1860". Thierry Becourt parle d'un "ultimatum historique et de droit international, non pas un ultimatum guerrier car la Savoie est un pays de paix".
"Nous allons vers la signature d'un traité de paix avec la France pour donner deux ans, comme la France l'a donné en 1860, pour revenir en tant qu'État souverain de Savoie et que la France retire ses administrations, quelles qu'elles soient", explique-t-il.
Insolite : la Savoie déclare son indépendance
Insolite : la Savoie déclare son indépendance
"Peuple de Savoie, retrouve ta dignité et ta liberté !"
Laurent Wauquiez ne peut plus compter sur le département pour sa Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Dans une longue déclaration d'indépendance, le gouvernement de l'Etat de Savoie a annoncé vendredi que le département reprenait sa liberté et mettait "fin à la colonisation française".
Son président Thierry Bécourt, entouré déjà de plusieurs ministres et ambassadeurs, exige de la France l'application du Traité de Paix avec l'Italie signé en 1947. Et "le retour de l’or volé à la banque nationale de Savoie, ainsi que la réparation pour les pillages et les destructions de son patrimoine".
"Par cette Déclaration, nous, les représentants actuels du Peuple de Savoie, proclamons ne plus être soumis aux forces d’occupation françaises sur notre territoire", conclut le nouveau gouvernement savoyard, qui a toute une série de mesures à venir comme l'instauration du franc suisse et du Bitcoin, un futur recensement de la population et l'interdiction des taxes françaises. Sans oublier la remise en cause de tous les ordres comme les avocats, les enseignants ou les médecins dont les diplômes ont été attribués par la France...
On a de quoi sourire devant un tel sérieux et un travail de titan voué à l'échec.
Non loin des sommets enneigés, un coup d'éclat a retenti : la Savoie a déclaré officiellement sa volonté (originale) d'indépendance, semant ainsi la zizanie dans les terres montagnardes ! On vous explique…
Il y a quelques jours, le président Thierry Bécourt, accompagné de ses alliés, a réclamé le respect d'un vieux traité de 1947 entre la France et l’Italie, ainsi que “le retour de l’or volé à la banque nationale de Savoie, ainsi que la réparation pour les pillages et les destructions de son patrimoine”. Le gouvernement autoproclamé de l'état de Savoie souhaite dire "Bye-bye" aux forces d'occupation françaises. En effet, ils annoncent une multitude de mesures qui feraient tourner la tête : franc suisse, Bitcoin, recensement de la population et même l'interdiction des impôts à la française !
Véritable révolution savoyarde !
Mais ce n'est pas tout ! Ils remettent tout en question, même les titres des avocats, des enseignants et des médecins. On imagine très bien la scène : "Bonjour Docteur, est-ce que votre diplôme est “made in France” ou “made in Savoie” ?” Quel enfer !!
Cette déclaration, à la fois absurde et sérieuse, fait grincer des dents… Mais la Savoie semble bien déterminée à jouer les rebelles ! En espérant que cela ne donne pas des idées aux Lyonnais... Bon, d'ici là, on attend avec impatience la prochaine révolution : la fondue interdite aux non-Savoyards ? Stay tuned !
En 1770, quand les britanniques posent le pied en Australie, les Aborigènes sont ses seuls occupants. Débute alors pour eux un calvaire de deux siècles dont leur peuple va ressortir meurtri et quasiment anéanti.
Pas de troupeaux, pas de champs labourés, pas de fermes. Quand James Cook débarque à Botany Bay, en Australie, en 1770, il applique ses propres critères pour déterminer que cette terre n’appartient à personne (Terra nullius). Dans son journal, l’explorateur britannique décrit les Aborigènes – qui sont entre 300 000 et 1 million sur cet immense territoire (quatorze fois la France !) – comme une « nation errante, sans agriculture ni industrie ». Il estime donc qu’il peut légitimement prendre possession de cette terre au nom de la couronne britannique, pour laquelle il effectue une mission cartographique.
Ce que Cook n’a pas voulu voir, c’est que les Aborigènes possèdent une connaissance très avancée de la nature et ont des techniques de gestion des ressources bien différentes de celles des Européens. Ils protègent les jeunes pousses et les bébés animaux, prélèvent uniquement les quantités de nourriture qu’ils peuvent consommer. Au-delà, le lien à la terre est constitutif de leur identité : chaque lieu est sacré et porte la trace des ancêtres qui y ont vécu.
L’expansion des colons déclenchent des conflits
Le darwinisme en toile de fond
Les colons blancs s’approprient d’immenses domaines
En 1834, le peuple nyungar lutte farouchement contre l’installation de colons dans la fertile vallée du fleuve Murray. Le gouverneur James Stirling, accompagné de 11 soldats, 5 policiers et de nombreux chiens, décide d’y mettre bon ordre et attaque par surprise au petit matin. En une heure, 80 Aborigènes sont tués, soit la moitié de la tribu. Du côté des Blancs, seuls sont à déplorer un blessé et une chute de cheval. De tels massacres jalonnent l’histoire de la colonisation australienne. Face à un rapport de force aussi inégal, les Aborigènes, qui ne veulent pas quitter les sites sacrés qu’ils ont le devoir de protéger et d’honorer, sont contraints de travailler dans les ranchs.
Jusque dans les années 1960, beaucoup ne recevront pour tout salaire que de la nourriture, du tabac ou des vêtements. Des familles aborigènes se mettent aussi à l’agriculture. Mais leurs fermes sont souvent confisquées par le gouvernement ou par des colons voisins qui voient d’un très mauvais oeil l’émancipation de cette main-d’oeuvre gratuite.
1851 : la ruée vers l’or
En 1851, coup de théâtre ! De l’or est découvert en Nouvelle-Galles du Sud et dans le Victoria. L’Australie devient un eldorado. En 1860, on dénombre 1,2 million de colons. Dans le Nord-Ouest, des Blancs observent que des jeunes Aborigènes plongent et rapportent des perles. Ils décident d’exploiter cette ressource.
Des hommes de main partent capturer des enfants et adolescents dans le désert, au lasso. Dès le lever du jour, des petites embarcations les emmènent en mer. Ils vont jusqu’à 10 mètres de profondeur pour ramasser les précieuses perles. Ils risquent leur vie à chaque plongée, sont battus s’ils ne sont pas performants. La plupart ne tiennent pas deux ans, ceux qui survivent gardent des séquelles à vie. Dans tous les cas, ils ne sont pas payés.
« Assimiler la race »
Parallèlement, des milliers d’Aborigènes sont déplacés de façon autoritaire dans des missions où il leur est interdit de pratiquer leurs rites, de chasser, de se marier sans autorisation. Les viols de femmes aborigènes sont monnaie courante. Quand les Blancs voient le nombre de métis augmenter, ils décident d’enlever ceux qu’ils jugent suffisamment clairs de peau à leurs mères pour les placer dans des orphelinats ou au service de familles de colons. Il s’agit de préserver la part d’hérédité blanche, d’« assimiler la race ». De 1885 à 1967, entre 70 000 et 100 000 enfants vont subir ce terrible sort, soit entre 30 et 50% des enfants aborigènes.
Ces fonctionnaires sont convaincus d’agir pour le bien de l’enfant et d’aller dans le sens du progrès, comme l’inspecteur James Idell, qui écrit en 1905 : « L’enfant métis est intellectuellement supérieur à l’Aborigène. C’est le devoir de l’Etat de lui donner une chance d’avoir une vie meilleure que celle de sa mère. Je n’hésite pas une seconde à séparer un enfant métis de sa mère. Passé les premiers chagrins, elles oublient très vite leur progéniture » (extrait du rapport du gouvernement australien Bringing Them Home de 1997). Les enfants enlevés à leurs familles sont éduqués dans la honte de leur culture. On leur donne un nouveau nom. On leur fait croire que leurs parents ne veulent plus les voir, les ont abandonnés. Aux parents, on raconte que leur enfant refuse de les rencontrer.
Des essais nucléaires dans le désert
Dans les années 1950, au désastre humain s’ajoute le désastre écologique. Les Britanniques testent leur arme nucléaire dans le désert australien. Le 15 octobre 1953, une bombe de dix kilotonnes explose à Emu. Le nuage radioactif s’élève à 4 500 mètres d’altitude et se déplace ensuite au-dessus du continent. Des centaines d’autres essais suivront. Les Aborigènes voient maintenant leurs terres irradiées.
Un début de reconnaissance
Malgré ces décennies d’oppression, les Aborigènes ne désarment pas. Dans les années 1960, ils s’approprient les techniques du militantisme occidental pour faire entendre au monde leur principale revendication : le droit à la terre. En 1967, ils obtiennent une première grande avancée : un référendum leur accorde les mêmes droits que les autres Australiens.
En 1992, la Haute Cour reconnaît que les Aborigènes occupaient les terres avant l’arrivée des colons. La même année, le Premier ministre Paul Keating s’exprime ainsi : « C’est nous qui avons dépossédé les Aborigènes. Nous avons pris leurs terres traditionnelles et brisé leur mode de vie. Nous avons apporté un désastre. »
Chronologie :
– 40 000 Des chasseurs-cueilleurs arrivent en Australie.
Avril 1770 James Cook débarque dans le sud-est de l’île.
26 janv.1788 La couronne britannique fonde une colonie pénitentiaire dans la baie de Sydney.
1851 Ruée vers l’or. De 400000, le nombre de colons grimpe à 1,2million en 1860 et 1,6million en 1870.
1er janv. 1901 Sous le nom de Commonwealth of Australia, les colonies prennent leur indépendance par rapport au Royaume-Uni.
1967 La discrimination contre les Aborigènes dans la Constitution est abolie.
1992 Annulation du principe de Terra nullius (terre sans maître) en vigueur depuis Cook.
13 fév. 2008 Le gouvernement australien présente des excuses officielles aux peuples aborigènes.
Rares sont les opposants à la colonisation jusqu’au milieu du XXe siècle. A part les royalistes et la droite nationaliste qui préféreraient que l’armée se concentre sur sa revanche contre la Prusse, toute la classe politique chante les louanges de l’« œuvre de civilisation »…
La conquête coloniale s’inscrit dans la continuité du mouvement de « régénération » initié par la Révolution française. La nation n’a-t-elle pas d’abord civilisé par l’éducation les enfants bretons, basques et occitans? C’est maintenant au-delà de ses frontières qu’elle doit diffuser ses valeurs.
« Notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche contre la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. »
Victor Hugo, en 1841, au général Bugeaud, alors en pleine « pacification » de l’Algérie.
- Assurer l’essor économique
- La hiérarchie des races
« Le Nègre est à peu près un homme comme les autres. Mais il faudra de longues années d’effort pour qu’il arrive à valoir les peuples blancs qui se sont emparés de sa patrie. »
Un manuel scolaire de géographie de 1926.
- Favoriser la paix sociale
Traumatisées par la Commune de Paris et inquiets de l’essor du mouvement socialiste, les élites espèrent que la colonisation permettra de fédérer le peuple autour d’un projet commun.
« La colonisation en grand est une nécessité politique tout à fait de premier ordre. Une nation qui ne colonise pas est irrévocablement vouée au socialisme, à la guerre du riche et du pauvre. »
Le philosophe Ernest Renan, en 1871, dans La Réforme intellectuelle et morale de la France.
- Briller dans le concert des nations
Les hommes politiques de la fin du XIXe siècle sont convaincus de l’importance cruciale de l’entreprise coloniale pour le destin de la France alors engagée dans une compétition féroce avec les autres puissances européennes.
« Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C’est par l’expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu’on prend dans la vie générale de l’humanité que les nations persistent et qu’elles durent ».
Le républicain Léon Gambetta en 1872.
La pénétration des Européens en Afrique et en Asie (hormis les Indes) est très récente et remonte pour l'essentiel à la deuxième moitié du XIXe siècle. En Afrique subsaharienne, jusque-là, les difficultés d'accostage des navires, l'insalubrité des côtes infestées de moustiques et la pauvreté du continent les dissuadaient de s'aventurer dans l'intérieur des terres.
C'est ainsi que les conquêtes coloniales sont devenues un enjeu politique dans les années 1870. Elles suscitent dès le début de vifs débats dans les démocraties européennes, en France et en Grande-Bretagne en particulier, certains leur reprochant leur coût et d'autres y voyant un impératif national ou moral.
Les partisans de la colonisation se situaient en France plutôt à gauche de l'échiquier politique, en Angleterre plutôt à droite :
• Les « colonistes » français étaient mûs par l'ambition d'exporter les « valeurs universelles » de la Révolution, au besoin à la pointe des baïonnettes.
• Leurs homologues britanniques étaient quant à eux soucieux de consolider leurs comptoirs commerciaux et protéger leur commerce, fut-ce au prix d'une guerre comme la guerre de l'opium.
La colonisation en débat
– Apologie de la colonisation
En 1872, le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli annonce au Crystal Palace (Londres) sa volonté de promouvoir l'empire anglais (« uphold the Empire of England », dit-il). La même année, alors que la France peine à se remettre de sa défaite dans la guerre franco-prussienne et de la perte de l'Alsace-Lorraine, le républicain de gauche Léon Gambetta lance à Angers : « Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent ; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France ».
Ce propos trouve un écho en 1874 dans le livre à succès d'un jeune géographe de 31 ans, Paul Leroy-Beaulieu : De la colonisation chez les peuples modernes. L'auteur, qui est aussi le gendre de l'économiste saint-simonien Michel Chevalier, plaide avec passion pour la colonisation, en laquelle il croit voir l'outil de la puissance : « Un peuple qui colonise c'est un peuple qui jette les assises de sa grandeur dans l'avenir et de sa suprématie future. Toutes les forces vives de la nation colonisatrice sont accrues par ce débordement au-dehors de cette exubérante activité... »
Visionnaire comme il se doit, le poète Victor Hugo a plaidé avant quiconque pour la colonisation du monde. Dès le 21 août 1849, au Congrès de la Paix qu'il préside, il engage les Européens à unir leurs efforts pour apporter la civilisation à l'ensemble du monde, y compris l'Afrique et l'Asie : « Au lieu de se déchirer entre soi, on se répandrait pacifiquement sur l’univers ! Au lieu de faire des révolutions, on ferait des colonies ! Au lieu d’apporter la barbarie à la civilisation, on apporterait la civilisation à la barbarie ! » (note).
Il renouvelle son exhortation trente ans plus tard, joignant sa voix à celle de Gambetta : « Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l'industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez » (18 mai 1879). Mais à la différence du tribun ainsi que de Leroy-Beaulieu, ce n'est pas pour accroître la puissance de la nation qu'il en appelle à coloniser le reste du monde mais pour le bien des peuples colonisés eux-mêmes ! En cela il annonce déjà la « mission civilisatrice » revendiquée par Jules Ferry.
De ce moment-là, en tout cas, les États européens vont s'engager dans la « course au clocher » (dico) en Afrique et en Asie... mais sans que les citoyens s'y intéressent le moins du monde. L'Afrique noire, considérée comme une terre sans maître, fait l'objet d'un partage au cordeau à la Conférence de Berlin en 1885.