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Pendant plus de deux siècles, quatre millions d’esclaves ont peuplé des terres françaises. Deux millions d’entre eux sont nés en Afrique et ont été transportés par des navires négriers dans les colonies, les deux autres millions y sont nés. Il existe des histoires de la colonisation française, des histoires de chaque colonie, des histoires générales de la traite, mais il n’existait aucune histoire de l’esclavage français, dans l’ensemble des colonies françaises (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane, Saint-Domingue…), sur toute la période coloniale. Le livre de Frédéric Régent, grâce au renouvellement de l’historiographie sur le fonctionnement des sociétés esclavagistes françaises, comble un vide et permet de répondre à de nombreuses questions : Pourquoi des Français ont-ils été amenés à devenir des esclavagistes ? Pourquoi ont-ils choisi de recourir à la traite négrière ? Comment les notions de Blancs et de Noirs ont-elles été inventées ? Quel bénéfice la France tire-t-elle de l’économie esclavagiste ? Quelles sont les limites à l’exploitation des esclaves ? Pourquoi la France rétablit-elle l’esclavage après l’avoir aboli ? Quel rôle jouent respectivement les esclaves et les abolitionnistes dans le processus d’émancipation ? Un ouvrage essentiel, au coeur d’une nouvelle approche de l’histoire de France.
La France et ses esclaves
Interview parue dans la revue Enjeux, n°199, mai 2008
(via potomitan)
La journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition (10 mai) est une bonne occasion pour revenir sur le livre consacré à l’esclavage de Frédéric Régent qui enseigne à l’Université des Antilles et de la Guyane.
Voici un ouvrage qui présente de façon claire et efficace, en même temps avec une rare précision les acquis les plus récents de l’historiographie de la colonisation française et du fonctionnement des sociétés esclavagistes dans les colonies.
Le refus des explications simplistes, des idées reçues, n’est pas le moindre es mérites de ce travail sur un sujet fortement marqué par des enjeux de mémoire.
Refusant de verser dans le registre de l’émotion ou de l’indignation, l’auteur nous livre une analyse complète et rigoureuse, souvent subtile qui ne recule jamais devant la description de réalités sociales bien plus complexes qu’on ne le croit souvent.
Bref, une synthèse magistrale, première en son genre à embrasser ces deux siècles, des premières installations de colons au décret du 27 avril 1848, durant lesquels des terres françaises portèrent quatre millions d’esclaves. Nous remercions l’auteur d’avoir bien voulu éclairer quelques uns des aspects principaux de son livre en répondant à nos questions.
Fabrice Giovanazzi : Comment la France en vient-elle à choisir l’esclavage et à subventionner la traite négrière pour exploiter ses colonies?
Frédéric Régent: De 1628 à 1642, des marins français capturent des esclaves sur les bateaux négriers étrangers et les introduisent dans les colonies françaises. Des colons français achètent également des esclaves aux navires négriers étrangers. La traite négrière est légalisée par le roi de France Louis XIII en 1642. Hostile au départ, il se laisse convaincre par le fait que la traite négrière lui est présentée comme le meilleur moyen de christianiser les Africains. Son successeur Louis XIV encourage la traite négrière en donnant une subvention pour chaque esclave introduit dans les colonies en 1672. Le commerce des esclaves sera ainsi subventionné jusqu’en 1793. Si dans un premier temps, la monarchie française a encouragé un peuplement français des colonies, très rapidement, elle se rend compte de son échec. Les Français ont du mal à survivre car ils sont davantage victimes des maladies tropicales que les Africains. De plus, avec le développement de la production sucrière, il est plus rentable pour les propriétaires de plantation d’acheter des esclaves que de payer le voyage de serviteurs français, travaillant gratuitement pendant trois ans. La monarchie française se rend compte que la prospérité des îles passe par le développement de l’esclavage. Elle encourage donc la traite négrière, puis codifie l’esclavage avec l’Edit de mars 1685, un des textes fondamentaux du Code Noir. C’est donc la recherche du plus grand profit qui entraîne le choix de l’esclavage et de la traite négrière par la monarchie française, nonobstant toute attitude humanitariste.
Dans ton livre tu mets beaucoup l’accent sur les rapports sociaux très complexes qui s’établissent dans les sociétés coloniales…
En effet, les rapports entre maîtres et esclaves sont très complexes. L’esclavage c’est d’abord un régime de violence. Fouets, chaînes, cachots, mutilations, humiliations font partie de l’arsenal de la terreur dont disposent les maîtres pour dominer les esclaves, souvent 10 fois plus nombreux qu’eux. L’esclave est le bien mobilier de son maître qui peut le vendre, le louer, l’échanger, le donner et aussi l’affranchir. Si le maître ne possède pas le droit de vie et de mort sur son esclave, il est rarement condamné lorsqu’il le tue. L’esclave réduit à l’état de bien mobilier est tout de même baptisé. C’est donc que les maîtres lui reconnaissent une âme. L’Église enseigne la soumission des esclaves à leurs propriétaires. Les colons sont d’ailleurs tout à fait conscients de traiter inhumainement des êtres humains, mais ils considèrent que ces êtres humains sont d’une nature différente. Ce qui ne les empêche pas d’ailleurs d’avoir très fréquemment des relations sexuelles avec des femmes esclaves. Il faut préciser que les Français qui vivent dans les colonies sont dans une proportion écrasante des hommes. Entre 1635 et 1715, les départs de La Rochelle pour les colonies françaises des Antilles font état de 40 femmes sur 6.200 engagés, soit une femme pour 154 hommes. De nombreux colons fréquentent et parfois se marient avec des femmes esclaves amérindiennes, africaines, malgaches ou indiennes. En se mariant avec leur maître ces femmes et leurs enfants deviennent libres. Dans le recensement de la Réunion en 1690, 67% des couples (29 sur 43) sont composés d’un homme français et d’une femme malgache ou indienne. Même lorsqu’elles sont extraconjugales (lorsque le maître est marié avec une femme d’origine européenne fréquente des femmes de couleur), ces relations aboutissent fréquemment à des affranchissements. Certains maîtres gratifient de la liberté les esclaves dont ils ont apprécié le comportement et le travail. Ces esclaves affranchis et leurs descendants forment la catégorie des libres de couleur, eux-mêmes propriétaires d’esclaves. A la fin du XVIIIe siècle, les libres de couleur possèdent environ 20% des esclaves à Saint-Domingue et 5% en Guadeloupe. La quasi-totalité des propriétaires d’esclaves de la Réunion ont une ancestralité mêlée d’Européens, de Malgaches et d’Indiennes.
L’abolition de l’esclavage en 1848, après le précédent avorté de la Révolution française, est à mettre à l’honneur de la IIe République. Tu montres cependant que « le mouvement d’émancipation des esclaves est un processus de longue durée ». Peux-tu nous en dire plus sur ce qui y contribue ?
La première abolition de l’esclavage en 1794 est loin d’être un échec complet. En effet, sur les 600.000 esclaves (Saint-Domingue, Guadeloupe, Guyane) qui bénéficient de l’émancipation, 500.000 (ceux de Saint-Domingue) restent libres. Le rétablissement de l’esclavage est donc partiel. L’exemple de Saint-Domingue qui devient indépendant sous le nom d’Haïti en 1804 entraîne des départs d’esclaves des colonies restées françaises (Guadeloupe, Martinique) vers ce nouvel état. C’est surtout l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques appliquée à partir du 1er janvier 1834 qui va entraîner de forts mouvements de désertions d’esclaves des colonies françaises vers les îles voisines connaissant la liberté.
En France, des abolitionnistes comme Schœlcher exigent l’abolition immédiate de l’esclavage. Ils ne l’obtiennent qu’à la chute de la Monarchie de Juillet en 1848. Le 27 avril 1848, l’esclavage est aboli dans les colonies françaises. Il faut noter que par deux fois la République abolit l’esclavage, le 4 février 1794 et le 27 avril 1848. Nous pouvons nous étonner de l’écart entre la proclamation de la Première République, le 22 septembre 1792 et la première abolition, 16 mois plus tard. Ce délai s’explique par le fait que les Républicains sont au départ favorable à une abolition immédiate de la traite, mais graduelle en ce qui concerne l’esclavage. D’autre part, Saint-Domingue est alors secouée par une grande insurrection d’esclaves instrumentalisée au départ par les royalistes de l’île et Robespierre considère cette révolte comme une seconde «Vendée». Les Républicains refusent alors de récompenser par la liberté, des esclaves qu’ils croient insurgés contre eux. Lorsqu’en août 1793, l’envoyé de la République Sonthonax abolit l’esclavage à Saint-Domingue, pour rallier les esclaves, à la cause de la République ce qu’il parvient à faire, les Républicains de Paris proclament l’abolition. Le processus d’abolition est lent et combine à la fois l’action des esclaves et des philanthropes. D’ailleurs, les esclaves se nourrissent des écrits abolitionnistes pour comploter ou se révolter de la fin du XVIIIe siècle à 1848.
Alors que sur ce sujet de l’esclavage et de sa mémoire, les polémiques se sont déchaînées ces dernières années, sans toujours hésiter devant l’instrumentalisation, comment situes-tu ton travail et ta réflexion par rapport à ce débat qui a resurgi ces dernières années sur le passé esclavagiste de la France? Dans ce cadre, quel est l’intérêt du 10 mai, « journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition »?
Je situe d’abord mon travail sur le terrain de l’histoire. Les faits historiques déplaisent toujours à ceux qui veulent les instrumentaliser. La connaissance historique évolue sans cesse, il ne peut donc y avoir de mémoire figée des événements du passé. La monarchie française a été esclavagiste. Plutôt que de parler de passé esclavagiste de la France, je préfère évoquer le passé esclavagiste de certaines élites économiques françaises que l’on peut aujourd’hui identifier. En effet, le système esclavagiste crée des entreprises de négoce à échelle internationale. Il participe au développement même de l’esprit du capitalisme au XVIIIe siècle. Il rend indispensable la consommation croissante de denrées non vitales (café, tabac, cacao) produites aux dépens du sang et de la sueur des esclaves, alors que la majorité de la population du royaume n’a pas toujours en quantité suffisante l’aliment de base qu’est le pain. Ce mode de production et de commercialisation est rentable pour quelques milliers de propriétaires de grandes habitations et quelques centaines de négociants. Des deux côtés des océans, ce système profite à des élites aux dépens des masses populaires qu’elles soient serviles, paysannes ou ouvrières. L’approvisionnement en sucre, café, tabac, denrées consommées essentiellement par les élites de la société, se fait au prix du sang et de la sueur des esclaves. Le maintien des colonies esclavagiste nécessite un puissant soutien militaire et financier, payé par le sang et les impôts du petit peuple. Ce dernier est de plus en plus écrasé d’impôts dans les campagnes, exploité dans les manufactures et enrôlés souvent de force dans l’armée ou sur les navires de guerre dans les ports. Le petit peuple du royaume de France paye le prix fort des guerres très coûteuses (guerre de Sept Ans et Guerre d’Indépendance américaine) qui permettent la conservation des colonies esclavagistes La dette publique, creusée par ces conflits, oblige bientôt le roi de France a convoqué les Etats Généraux à la fin de 1788 ce qui débouche sur la Révolution française.
Il y a donc une histoire partagée de la souffrance et de l’exploitation des masses populaires. C’est cette histoire là qui devrait être portée à la connaissance de tous et nourrir la mémoire de ce crime contre l’humanité qui n’a profité qu’à un petit nombre. Jusqu’à aujourd’hui, les commémorations du 10 mai n’ont pas été à la hauteur des enjeux historiques de l’esclavage. Jusqu’à maintenant, les représentants de l’État se sont contentés de célébrer quelques abolitionnistes et de verser une petite larme compassionnée sur le triste sort des esclaves. Il ne s’agit pas de culpabiliser l’ensemble du des Français ce qui serait historiquement faux ou de dire aux descendants d’esclaves oubliez tout, on repart sur des bases nouvelles. Ce qui est nécessaire, c’est un véritable enseignement de la question de l’esclavage dans toute sa complexité. Par ailleurs, la mémoire de l’esclavage dérange parfois, car elle constitue une condamnation sans appel d’une des premières formes de mondialisation capitaliste qu’a été le commerce triangulaire. Cette première phase de globalisation ne s’est pas développée uniquement sur les bases d’une hiérarchie raciale (les noirs=esclaves). Certes, elle a contribué au développement de stéréotypes et d’idéologies racistes, mais elle a provoqué l’enrichissement des catégories sociales aisées en Europe, en Afrique et en Amérique. Il est étonnant de constater que la traite et l’esclavage ne sont souvent questionnés que sous l’angle de la question raciale et non dans ses aspects économiques et financiers. Aujourd’hui encore, les discriminations sont bien plus souvent sociales que raciales. La discrimination raciale étant souvent le fruit de la représentation sociale que l’on se fait de l’autre.
Propos recueillis par Fabrice Giovanazzi.
Les causes de l'expansion coloniale européenne, les processus de colonisation et les résistances qu'ils rencontrent.
Comment et pourquoi, l' Europe étend-elle sa domination politique et territoriale ?
I Les motifs de l'expansion coloniale.
a) La pression démographique.
La forte croissance de la population européenne rend nécessaire l' émigration . 1 M de migrants européens au début du 20 ° s. Les colonies absorbent donc une partie de cette émigration.
b) Des motifs économiques.
Les puissances impérialistes recherchent des produits bruts agricoles et des matières premières.
Cela permet également d'écouler les surplus de production. Il s'agit de trouver des débouchés . Cf grande dépression de 1873-1896.
c) Des raisons politiques.
Volonté d' affirmer une puissance et un prestige. En France, c' est une façon de redorer le blason après la défaite face aux prussiens en 1871.
d) Les prétendue raisons morales.
Un prétexte moral Les européens se croient investis d ' une mission civilisatrice. Convaincus de la supériorité de la race blanche, ils s'attribuent
le devoir de faire progresser les races inférieures. Rudyard Kipling " Fardeau de l'homme blanc "
Il s'agit également pour les Européens d'évangéliser des peuples considérés comme primitifs.
e) Des intérêts stratégiques.
Les tensions restent fortes entre puissances européennes. Après la défaite face aux prussiens la France reste un temps isolée d'un point de vue diplomatique. Les conquêtes coloniales permettent de renforcer la puissance militaire française.
Conclusion: Les motifs de l' expansion coloniale sont nombreux .Les intérêts économiques et politiques européens sont privilégiés ;les devoirs de civilisation et d' évangélisation servent de prétexte.
f) le débat colonial en France.
Il y a en particulier vers 1880 un débat entre " colonistes " et " anticolonistes ".
Les " colonistes " sont souvent des r épublicains modérés et des r épublicains radicaux qui mettent en avant l'intérêt commercial et les motivations humanitaires. Parmi eux figurent Gambetta, Ferry. Eugène Etienne est à l'origine de la création au parlement d'un groupe qualifié de parti colonial.
Les " anticolonistes " dénoncent l'argument raciste de la colonisation, son coût financier (Clemenceau (radical), Jaurès (socialiste)). Certains considèrent que sur le plan géopolitique la priorité nationale doit être la reconquête de la ligne bleu des Vosges ( récupérer l'Alsace et la Moselle). On peut citer le nationaliste Barrès.
Jules Ferry (1832-1893): Avocat, journaliste, Jules Ferry est un républicain sincère. En 1868, il publie une célèbre brochure : Les contes fantastiques d'Haussmann. Membre du gouvernement de la Défense Nationale après le 4 septembre 1870 et maire de paris, il organise le rationnement. Devenu de ce fait impopulaire, "Ferry la Famine" doit quitter la ville au moment de la Commune en 1871. Député des Vosges à partir de 1876, il est l'un des chefs des "opportunistes" et l'un des "pères de la IIIème République". Ministre de l'Instruction Publique de 1879 à 1883, Président du Conseil de 1880 à 1881 et de 1883 à 1885, il joue en effet un rôle essentiel dans l'adoption des grandes lois républicaines, notamment en matière d'instruction. Il fait voter l'obligation, la gratuité et la laïcité de l'enseignement primaire, créée l'enseignement secondaire des jeunes filles et réorganise l'enseignement supérieur. Il engage la France dans une politique d'expansion : la Tunisie, Madagascar, le Congo, le Soudan et le Tonkin passent sous protectorat français. En 1885, il est renversé par les adversaires de sa politique coloniale à cause d'un échec en Indochine et il compte parmi ses adversaires les plus acharnés Georges Clemenceau. Surnommé "le Tonkinois", il échappe de justesse à un attentat en 1887 et il est battu aux élections de 1889 par un candidat boulangiste. Il ne peut par la suite revenir au premier plan, bien qu'il soit élu Président du Sénat en 1893.
Impérialisme : Volonté politique d 'un État d' en dominer un autre de différentes façons (impérialisme culturel, économique , militaire )
II les conquêtes coloniales .
a) 1850-1870 époque des initiatives individuelles .
colonie : territoire placé sous la souveraineté d'un autre état.
La colonisation est relativement lente. Elle est liée pour beaucoup à des initiatives isolées (explorateurs, missionnaires, commerçants )
Ex : Livingstone David, explorateur écossais , né à Blantyre ( 1313-1873 ). Missionnaire protestant, il inaugura, en 1849 une série de voyages en Afrique centrale et australe. Il recherche également les sources du Nil. C'est un adversaire décidé de l' esclavagisme.
Stanley John Rowlands : Journaliste britannique au service du New York Herald. Il fut envoyé en Afrique à la recherche de Livingstone qu'il retrouve en 1871.
Savorgnan de Brazza (1852-1905)
France : conquête de l'Algérie à partir de 1830 (prise d'Alger)
Progression en Afrique noire : Sénégal
1853 . La Nouvelle-Calédonie est annexée .
G-B : Fin de la conquête de l' Inde en 1857
Réseaux de comptoirs complété sur les côtes d` Afrique occidentale
Développement des colonies de peuplement : Canada , Australie , Nouvelle -Zélande, Afrique du Sud.
Comptoir : établissement de commerce d' une nation en pays étranger.
b)1870-1914 : La fièvre coloniale
Les conquêtes de la France et de l' Angleterre se poursuivent
E n Méditerranée Fr. Protectorat sur le Maroc et la Tunisie.
G-B Occupe l'Égypte
En Afrique : Fr. Constitution de deux ensembles. L'AOF en 1895, l'AEF en 1908.
G-B: Kenya, Soudan.
En Asie : Fr. Indochine .
De nouveaux pays entrent dans la course aux colonies.
Belgique :. Etat libre du Congo. Souverain Léopold II.
Allemagne : Implantée au Cameroun ,au Togo et au Tanganyika
Italie : Libye , elle ne parvient pas à conquérir l' Éthiopie .
Russie en Sibérie
Pays-Bas : En Indonésie
États non- Européens : E-U 1898 La victoire américaine sur l'Espagne lui permet d' annexer Puerto Rico et de
contrôler Cuba, Domination sur Hawaï ,Contrôle des Philippines
Le Japon: en 1895, la Chine est vaincue. L'île de Formose, la Corée et la Mandchourie seront ensuite annexées.
c) les limites du processus de colonisation.
Des rivalités :
Les crises entre puissances coloniales se multiplient malgré la tenue de la conférence de Berlin 1885 qui réglemente le partage de l' Afrique. Ex Fachoda. En 1898, une colonne militaire française commandée par le capitaine Marchand prend Fachoda au Soudan et refuse de céder la place au général britannique Kitchener. Les tensions sont vives. Un ultimatum Britannique oblige les français à abandonner la place. La France et le Royaume-Uni furent an bord de la déclaration de guerre.
1905 Conflit Russo-japonais : Première victoire d'une puissance non européenne.
Des résistances :
Elles sont manifestes dès la première phase de la colonisation. Le général Britannique Mac Carthy envoyé par la reine Victoria vers 1847 pour imposer sa domination sur la Gold Coast en fit les frais. Il fut décapité par les Ashanti qui contrôlaient l'or de l'Afrique de l'ouest.
Samory Touré chef malinké du Niger : 1882, première confrontation avec les français.1898, il est capturé. Déporté au Gabon , il y meurt en 1900.
Behanzin, roi du Dahomey. Attaque Cotonou en 1889.Obtient une rente annuelle de 20000 francs. Trahi , il est capturé et déporté en Algérie.
Abd el Kader ,après s'être opposé à la colonisation française en Algérie, meurt en exil à Damas en 1883.
A Madagascar, les résistances précédent la domination et perdurent après la mise en place de la tutelle française. A partir de 1895, débute la révolte des menalamba (toges rouges) qui coloraient leurs vêtements de terre rouge pour passer inaperçus. En 1913 est créé une société secrète : vy vato sakelita - fer pierre ramification (VVS). Elle à pour modèle de souveraineté et de développement le japon. La répression par Gallieni des mouvements de résistance de l’île fait entre 100 000 et 700 000 morts sur une population totale de 3 millions de personnes.
Conclusion : Les origines de la colonisation sont multiples. Elle est justifiée en Europe par des arguments économiques, démographiques, stratégiques et prétendument moraux. L'expansion coloniale est particulièrement forte à partir de 1880. Mais elle connaît tout de même des résistances et des oppositions.
Bibliographie :
Comité scientifique international pour la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique (Unesco), Histoire générale de l’Afrique, VII L’Afrique sous la domination coloniale, 1989
Dernière mise à jour : 03/12.
Les antidépresseurs
Les antidépresseurs sont des médicaments psychotropes, principalement utilisés depuis les années 1960 dans le traitement de la dépression. Ils sont aussi utilisés dans le traitement de troubles anxieux, de douleurs chroniques, et de phases dépressives dans les troubles bipolaires.
Quels effets ? Quelles précautions ?
Le but du traitement de la dépression est de soulager la souffrance et la tristesse, de diminuer les conséquences physiques, psychiques et relationnelles, ainsi que le risque de suicide.
Quel que soit le niveau de dépression, la prise en charge repose en premier lieu sur un soutien psychologique qui peut être conduit par le médecin traitant, un ou une psychologue, un ou une psychiatre, pour les cas complexes et/ou sévères. Un soutien psychologique ou une psychothérapie suffit parfois à surmonter un épisode dépressif léger ou modéré.
Les médicaments antidépresseurs sont à envisager en cas de dépression sévère ou prolongée.
Tous les antidépresseurs peuvent causer des effets indésirables. La plupart sont peu gênants et apparaissent souvent en début de traitement. Certains effets indésirables sont graves, mais ils sont rares. Certains sont communs à tous les antidépresseurs, mais chaque groupe d’antidépresseurs a aussi des effets indésirables particuliers.
La sociocratie est un mode de gouvernance partagée qui permet à une organisation, quelle que soit sa taille, de fonctionner efficacement selon un mode auto-organisé caractérisé par des prises de décision distribuées sur l'ensemble de la structure. Son fondement moderne est issu des théories systémiques et date de 19701. La sociocratie s'appuie sur la liberté et la co-responsabilisation des acteurs. Dans une logique d'auto-organisation faisant confiance à l'humain, elle va mettre le pouvoir de l'intelligence collective au service du succès d'objectifs communs. Cette approche permet donc d’atteindre ensemble un objectif partagé, dans le respect des personnes, en préservant la diversité des points de vue et des apports de chacun, ceci en prenant appui sur des relations interpersonnelles de qualité.
La sociocratie utilise certaines techniques mises au point par son concepteur qui fondent son originalité, notamment l'élection sans candidat, et la prise de décision par consentement2. À la différence de la démocratie qui peut concerner un ensemble de personnes n'ayant aucune relation fonctionnelle entre elles, la sociocratie concerne des individus réunis par des objectifs au sein d'une organisation et qui ont donc des relations de plus grande proximité.
Conseillisme ou communisme de conseils
Définition du conseillisme ou communisme de conseils
Etymologie : du latin consilium, conseil, assemblée, avec le suffixe -isme, servant à former des mots correspondant à une attitude, un comportement, une doctrine, un dogme, une idéologie ou une théorie.
Le conseillisme ou communisme de conseils désigne une théorie ainsi qu'une pratique adoptées par différents mouvements politiques, de manières parfois contradictoires, au début du XXe siècle.
L'origine et la référence de ces mouvements se trouvent, selon les luxemburgistes (Cf. Rosa Luxemburg), dans les conseils ouvriers, de paysans ou de communes qui se sont créés en Russie ("soviets") en 1905 et en 1917, en Allemagne lors de la Révolution de 1918-1919, en Italie avec l'expérience des conseils ouvriers de Turin (1919) et en Hongrie en 1956.
Les conseils ouvriers, qui sont une forme de démocratie directe, rassemblent l'ensemble des prolétaires. Le conseillisme se réclame d'une continuité du mouvement ouvrier et se caractérise souvent par :
- un rejet des syndicats, considérés comme des organisations réformistes qui servent à canaliser les luttes sociales et non à les développer,
- le refus de participer aux élections. Seule la lutte sociale permet d'obtenir des acquis sociaux.
- l'absence de soutien aux luttes dites "de libération nationale".
Pour le conseillisme, ce sont les conseils ouvriers qui doivent diriger la révolution. Le communisme de conseils s'oppose donc au "communisme de parti" et en particulier aux conceptions de Lénine pour qui c'est le parti qui doit diriger la révolution et la société socialiste. Il rejette également les dérivés du léninisme : trotskisme, stalinisme, maoïsme, guevarisme, etc.). Ayant pour but une société sans classes, le communisme de conseils est résolument anticapitaliste.
Le conseillisme est parfois appelé "communisme de gauche".
Logement, action sociale, urbanisme, environnement, aménagement du territoire, développement économique, culture, sport, tourisme, mobilité… dans tous ces domaines, les collectivités disposent chacune de compétences différentes et complémentaires de celles de l’État.
Contexte et enjeux
Les collectivités territoriales sont des personnes morales de droit public distinctes de l’État qui bénéficient à ce titre d’une autonomie juridique et patrimoniale. Il y a trois niveaux de collectivités : les communes, les départements et les régions. Certaines collectivités bénéficient d’un statut particulier tant en métropole (collectivité de Corse) qu’en outre-mer (collectivités d’outre-mer).
Les collectivités territoriales s’administrent librement dans les conditions prévues par la loi. Elles possèdent à ce titre des compétences propres. Elles ne peuvent en revanche intervenir dans les domaines relevant exclusivement de l'État (édicter des lois et règlements, exercer des attributions juridictionnelles, compétences propres dans la conduite des relations internationales).
Les compétences des collectivités sont régies par plusieurs principes :
une collectivité ne peut pas exercer une tutelle sur une autre ;
les compétences des collectivités sont définies par le législateur et non par les collectivités elles-mêmes ;
conformément au principe de subsidiarité, « les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l'ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon » ;
les communes bénéficient de la clause de compétence générale : elles disposent ainsi d’une capacité d’intervention générale, dès qu'il existe un intérêt local, sans qu’il soit nécessaire que la loi procède à une énumération de ses attributions ;
les régions et les départements exercent, quant à eux, des compétences spécialisées organisées en blocs de compétences spécifiques ;
le principe de compétences partagées est maintenu dans certains domaines. Dans ce cas, la possibilité est donnée à une collectivité d’exercer le rôle de chef-de-file en coordonnant l’action publique sur le territoire concerné ;
les collectivités peuvent déroger à titre expérimental, et pour un objet et une durée limités, aux dispositions législatives ou réglementaires qui régissent l’exercice de leurs compétences.
Les compétences entre les niveaux de collectivités sont réparties comme suit :
Les communes bénéficient de la clause de compétence générale leur permettant de régler par délibération toutes les affaires relevant de leur niveau. Les principales compétences exercées relèvent des domaines suivants : urbanisme, logement, environnement, gestion des écoles préélémentaires et élémentaires. Certaines de ses compétences sont obligatoirement exercées par un établissement public de coopération intercommunale ;
Les départements exercent principalement leur compétences dans les domaines suivants : action sociale (enfance, personnes handicapées, personnes âgées, revenu de solidarité active), infrastructures (ports, aérodromes, routes départementales), gestion des collèges, aide aux communes ;
Les régions exercent principalement leurs compétences dans les domaines suivants : développement économique, aménagement du territoire, transports non urbains, gestion des lycées, formation professionnelle.
Les trois niveaux de collectivités se partagent les compétences dans les domaines suivants : sport, tourisme, culture, promotion des langues régionales, éducation populaire.
L’agriculture syntropique
Encore peu connue en France, l’agriculture syntropique est une approche novatrice qui a vu le jour il y a une quarantaine d’années : elle se base sur le fonctionnement des écosystèmes naturels, en répondant aux objectifs de production des agriculteurs. En pratique, elle mise sur une organisation synergique d’une diversité des cultures, pour viser des récoltes abondantes.
Une méthode émergente en France
A l’origine de l’agriculture syntropique ? Ernst Götsch, un agriculteur et chercheur suisse. En 1984, il part au Brésil, dans l’État aride de Bahia, pour reprendre une exploitation de 500 hectares, dont les sols sont altérés et improductifs. Pour remettre en production ces terres, le suisse teste pendant 30 ans des techniques s’inspirant des principes de fonctionnements de la nature, et notamment des forêts. Suite aux résultats probants obtenus, cette méthode s’est répandue au Brésil puis dans de nombreux pays.
En France, l’agriculture syntropique émerge depuis quelques années. En exemple, la ferme des Mawagits, dans le Gers, créée en 2018 dans le but d’en faire un lieu pédagogique dédié aux pratiques agroécologiques. L’un des associés, ingénieur agronome, a étudié pendant deux ans au Brésil où il a découvert l’agriculture syntropique : 1000 m² y sont aujourd’hui dédiés sur une parcelle dégradée, pour poursuivre sa formation et adapter la méthode au contexte pédoclimatique, avec le projet de la transférer à terme sur l’ensemble de l’exploitation. Aucun fertilisants, ni d’intrants chimiques ou d’irrigation ne sont utilisés sur la ferme où a été implantée une grande diversité d’espèces. Tout est conçu pour limiter les apports exogènes et créer des synergies entre les plantes.
Les principes de l’agriculture syntropique
Selon le dictionnaire, la syntropie est définie comme l’action convergente de plusieurs facteurs. Dans le cas de l’agriculture syntropique, il s’agit de créer un système de cultures dense et complexe, pour aboutir à un équilibre entre les plantes et obtenir une production en abondance.
Cette méthode se base sur le processus naturel de la régénération des écosystèmes dans le but d’y introduire des espèces comestibles et commercialisables. Le principe : remettre les plantes dans les conditions de lumière et de fertilité qu’elles auraient dans leur milieu naturel.
Outre l’existence de débouchés viables, le choix des espèces prend en compte deux facteurs : la vitesse de croissance et l’occupation de l’espace. Il s’agit d’implanter des associations de cultures avec des cycles complémentaires – plantes annuelles, bisannuelles et vivaces – qui vont se développer à des rythmes asynchrones, selon le principe de succession rencontré dans la nature (d’où l’autre appellation pour désigner l’agriculture syntropique, l’agroforesterie successionnelle). Tout le système est organisé par strates (basse : herbacées ; moyenne : arbustes et buissons ; haute : canopée et émergente), afin d’optimiser l’utilisation des surfaces, aussi bien horizontalement que verticalement.
L’agriculteur intervient régulièrement pour perturber le système, notamment par la taille des strates supérieures ou la coupe des espèces en fin de cycle, l’objectif étant de soutenir la dynamique de croissance, d’accélérer la succession végétale et de récolter les productions pour la vente.
Des avantages mais aussi des limites ?
L’agriculture syntropique a de nombreux atouts : enrichir le sol en matière organique, améliorer sa fertilité, augmenter la biodiversité, l’humidité etc. Outre la restauration de l’environnement et des écosystèmes, elle permet d’assurer des revenus pour l’agriculteur tout en étant socialement valorisante auprès de la société (pas d’apports extérieurs, qualité des produits….).
Cette méthode demande toutefois une connaissance fine des espèces implantées – biologie, dynamique de croissance, besoins en lumière -, des interactions entre elles et des processus biologiques en jeu. Ces informations doivent ensuite être croisées avec les caractéristiques des parcelles, le type de sol et le climat. Une période de test peut donc être nécessaire, avant la mise en œuvre effective sur l’exploitation. Dans tous les cas, il s’agit de prendre le temps de réfléchir à un tel projet et de prévoir une gestion minutieuse du système.