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Rares sont les opposants à la colonisation jusqu’au milieu du XXe siècle. A part les royalistes et la droite nationaliste qui préféreraient que l’armée se concentre sur sa revanche contre la Prusse, toute la classe politique chante les louanges de l’« œuvre de civilisation »…
La conquête coloniale s’inscrit dans la continuité du mouvement de « régénération » initié par la Révolution française. La nation n’a-t-elle pas d’abord civilisé par l’éducation les enfants bretons, basques et occitans? C’est maintenant au-delà de ses frontières qu’elle doit diffuser ses valeurs.
« Notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche contre la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. »
Victor Hugo, en 1841, au général Bugeaud, alors en pleine « pacification » de l’Algérie.
- Assurer l’essor économique
- La hiérarchie des races
« Le Nègre est à peu près un homme comme les autres. Mais il faudra de longues années d’effort pour qu’il arrive à valoir les peuples blancs qui se sont emparés de sa patrie. »
Un manuel scolaire de géographie de 1926.
- Favoriser la paix sociale
Traumatisées par la Commune de Paris et inquiets de l’essor du mouvement socialiste, les élites espèrent que la colonisation permettra de fédérer le peuple autour d’un projet commun.
« La colonisation en grand est une nécessité politique tout à fait de premier ordre. Une nation qui ne colonise pas est irrévocablement vouée au socialisme, à la guerre du riche et du pauvre. »
Le philosophe Ernest Renan, en 1871, dans La Réforme intellectuelle et morale de la France.
- Briller dans le concert des nations
Les hommes politiques de la fin du XIXe siècle sont convaincus de l’importance cruciale de l’entreprise coloniale pour le destin de la France alors engagée dans une compétition féroce avec les autres puissances européennes.
« Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C’est par l’expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu’on prend dans la vie générale de l’humanité que les nations persistent et qu’elles durent ».
Le républicain Léon Gambetta en 1872.