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En bref
La famille de la fin du Moyen Âge est une famille nombreuse. Son modèle est celui du noyau conjugal avec plusieurs enfants, jusqu'à huit ou dix. Cette famille "nucléaire" n'est pas plus stable que celle d'aujourd'hui, mais pour des raisons différentes : le divorce est interdit par l'Église, même si dans la haute aristocratie la séparation entre les époux existe dans les faits ; en général, c'est la mort qui sépare les familles. Le père décède souvent avant la mère, obligeant celle-ci à se remarier pour nourrir sa progéniture.
La plupart des enfants habitent donc avec un beau-père, parfois avec une belle-mère ou "marâtre". Eux-mêmes ne sont pas épargnés par la mort. Un enfant sur trois n'atteint pas l'âge de 5 ans, un sur deux seulement fête ses 20 ans…
Ce n'est qu'une moyenne : aux périodes fastes, les enfants survivent majoritairement ; à d'autres, comme pendant la Peste noire de 1348, ils décèdent presque tous. Malgré la fragilité de leur existence, qui rend toujours incertaine aux yeux des parents leur survie au-delà des premiers mois, les enfants sont désirés et entourés d'affection.
Les balbutiements
Jusqu'au XVIIIème siècle il n'existait aucun système de mesure unifié. Malgré les tentatives de Charlemagne et de nombreux rois après lui, visant à réduire le nombre de mesures existantes, la France comptait parmi les pays les plus inventifs et les plus chaotiques dans ce domaine. En 1795, il existait en France plus de sept cents unités de mesure différentes.
Nombre d'entre elles étaient empruntées à la morphologie humaine. Leur nom en conservait fréquemment le souvenir : le doigt, la palme, le pied, la coudée, le pas, la brasse, ou encore la toise, dont le nom latin tensa - de brachia - désigne l'étendue des bras. Ces unités de mesures n'étaient pas fixes : elles variaient d'une ville à l'autre, d'une corporation à l'autre, mais aussi selon la nature de l'objet mesuré. Ainsi, par exemple, la superficie des planchers s'exprimait en pieds carrés et celle des tapis en aunes carrées.
Les mesures de volume et celles de longueur n'avaient aucun lien entre elles. Pour chaque unité de mesure les multiples et sous multiples s'échelonnaient de façon aléatoire, ce qui rendait tout calcul extrêmement laborieux. Pour comprendre les difficultés qu'entraînaient de tels systèmes, il convient de considérer le mode actuel de la mesure du temps, survivance de l'ancien système de subdivisions. Dans ce système, tout calcul implique une conversion préalable.
Source d'erreurs et de fraudes lors des transactions commerciales, cette situation portait aussi préjudice au développement des sciences. A mesure que l'industrie et le commerce prenaient de l'ampleur, la nécessité d'une harmonisation se faisait de plus en plus pressante.
Une mesure universelle : le mètre
Politiques et scientifiques, vont tenter de réformer cet état de fait. Leur idée est d'assurer l'invariabilité des mesures en les rapportant à un étalon emprunté à un phénomène naturel, un étalon universel qui, ainsi que Condorcet le rêvait déjà en 1775, ne serait fondé sur aucune vanité nationale, permettant l'adhésion de toutes les nations étrangères.
Le climat de réforme qui suivit les événements révolutionnaires permit de précipiter le choix d'un étalon. Les cahiers de doléance réclamaient cette mesure universelle pour s'affranchir de l'arbitraire des unités de mesure seigneuriales.
Le 16 février 1791, sur la proposition Du Chevalier JC de Borda - l'inventeur du pendule et du "cercle répétiteur" qui portent son nom - une commission chargée de fixer la base de l'unité des mesures est constituée. La commission, composée de Borda, Condorcet, Laplace, Lagrange et Monge doit opérer son choix entre trois références possibles : la longueur du pendule simple à secondes à la latitude de 45°, la longueur du quart du cercle de l'équateur, ou enfin la longueur du quart du méridien terrestre.
Alors que le pendule battant la seconde présentait l'inconvénient de faire intervenir des durées, et de varier selon les points du globe (la longueur du pendule aurait du être corrigée en fonction de l'intensité de la pesanteur), le méridien apparaissait comme la solution la plus simple à calculer et la plus universelle.
Le 26 mars 1791 naissait le mètre, dont la longueur était établie comme égale à la dix millionième partie du quart du méridien* terrestre. Le mètre concrétisait l'idée d'une " unité qui dans sa détermination, ne renfermait rien ni d'arbitraire ni de particulier à la situation d'aucun peuple sur le globe ".
Mais il restait encore à établir la longueur exacte du méridien, ce qui donna lieu à une véritable épopée pour les géodésiens chargés de cette mission, Pierre-François MECHAIN (1744-1804) et Jean-Baptiste DELAMBRE (1749-1822).
A eux seuls, ces deux hommes vont se charger des opérations de triangulation qui lieront leur nom pour la postérité à cette nouvelle mesure du méridien. Ces travaux prirent près de sept ans et les conduisirent de Dunkerque à Barcelone.
C’est en utilisant le système de la triangulation que les scientifiques du 18e siècle sont parvenus à déterminer une longueur d'un quart de méridien, dont la dix millionième partie donne la valeur du mètre.
Voir la Méridienne de Delambre et Méchain entre Dunkerque et Barcelone
- A l’époque de la définition telle qu’elle a été définie et inscrite, on considérait la définition du méridien comme celle de l’astronomie : un méridien était un cercle complet. Donc pour la terre autour de 40 000 km, le 10 millionième du quart du méridien correspond à 1 m. A ne pas confondre avec la définition du méridien géographique qui a été établi après la première définition du mètre et qui est défini comme un demi-cercle, donc 20 000 km pour la terre.
Émile Digeon et la Commune de Narbonne
Détails
Catégorie : Les Communes en province
Mis à jour : 31 décembre 2021
On a tendance à considérer la province comme totalement réactionnaire et hostile à la Commune de Paris. Certes, de nombreux notables, représentants du grand capital, sont acquis aux idées légitimistes mais il existe, dans plusieurs régions, d’honnêtes citoyens défenseurs de la République démocratique et sociale.
Émile Digeon (1822-1894) à PalmaIl ne faut pas oublier que le 2 décembre 1851, ce ne sont pas les grandes villes qui s’insurgent contre le coup d’État pour défendre la Constitution violée par le président de la République.
32 départements sont mis en état de siège et des troubles se produisent dans une vingtaine d’entre eux. Si les Basses Alpes est le seul département qui tombe tout entier dans les mains des opposants, l’agitation néanmoins est extrême dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Centre. L’Aude ne fait pas exception à cette poussée de fièvre révolutionnaire pendant le règne de Napoléon III. Au dernier plébiscite de Badinguet, le 8 mai 1870, Narbonne va répondre par 1917 « Non » contre 1494 « Oui ».
Un homme jouera un rôle prépondérant dans ce département, il se nomme Émile Digeon.
Il est né le 7 décembre 1822 à Limoux (Aude) fils de Joseph, Louis, Étienne, Stanislas Digeon, avocat, et d’Emilie, Elisabeth Barthe, son épouse. Émile Stanislas Digeon affirme, très jeune, ses convictions socialistes et révolutionnaires. Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il sera arrêté ainsi que son père. Rivés à la même chaîne, ils sont déportés en Algérie et soumis au régime des bagnards. Ils réussissent pourtant à s’évader en bateau [1], espérant pouvoir débarquer en Catalogne, mais la tempête les fait échouer aux Baléares. Émile Digeon s’installe à Palma de Majorque où sévit alors une épidémie de choléra. Il participe à la lutte contre ce fléau. La maladie vaincue, le consul de France voulut lui décerner la Légion d’Honneur. Il refusa la décoration, estimant que seul l’évêque de Palma méritait cette récompense pour avoir fait son devoir pendant la terrible maladie alors que son clergé avait pris la fuite et l’avait lâchement abandonné. Cette attitude du libre penseur avéré mérite d’être signalée pour son panache. Digeon père et son fils Émile exercèrent des emplois juridiques et journalistiques à Palma leur assurant un revenu confortable. Le 4 septembre 1853, Emile Digeon épouse Hélène Chaussat, veuve de Basile Canut, lui aussi d’origine française.
Narbonne - Les Barques vers 1870 – Collection particulière ( Blog Patrimonial de la Médiathèque du Grand Narbonne)
Un républicain révolté
Émile Digeon (1822-1894)En janvier 1870, à l’avènement du ministère Émile Ollivier, Émile Digeon rentre en France, profitant des quelques mesures dites « libérales » du nouveau ministre. Il sera rédacteur de La Fraternité de Carcassonne dont son ami Marcou, ancien proscrit, est le rédacteur en chef.
Dans l’Aude, ce sont les divergences idéologiques qui opposent les républicains avancés aux opportunistes de diverses obédiences. Le conflit entre l’équipe Marcou-Digeon et les frères Raynal est représentatif de l’orientation politique du département le 4 septembre 1870.
À Narbonne, après la proclamation de la République, les frères Raynal, anciens exilés, rêvent d’occuper la scène politique. L’aîné, adjoint au Maire, ceint l’écharpe municipale et parcourt la ville suivi par une foule à l’enthousiasme irréfléchi.
Le 5 septembre, Marcou qui exerce les fonctions de préfet, nomme Gayraud maire de Narbonne, et le docteur Fernand Digeon, frère d’Émile, secrétaire général du département de l’Aude. Le 6 septembre, Théodore Raynal prend possession de la sous-préfecture et quelques jours plus tard, il est nommé préfet de l’Aude par le gouvernement provisoire.
Marcou, de son côté, organise la garde nationale pour défendre la patrie et la République. Gambetta exige que Marcou remette ses pouvoirs à son protégé Théodore Raynal et le 13 septembre, ce dernier reprend ses fonctions à la Préfecture malgré les protestations de Marcou dont Gambetta ne se soucie guère. Marcou, contraint de se retirer, en conservera beaucoup d’amertume.
Pendant la période où l’armée prussienne a envahi la France et jusqu’à la capitulation de Paris, le 24 janvier 1871, l’activité politique à Narbonne est concentrée au club Lamourguier (2). Ce temple de la démocratie avancée sera bientôt transformé en club de la Révolution. Au club Lamourguier, Raynal cadet tente de justifier sa conduite trompeuse mais il doit s’éclipser sous les huées d’un public devenu plus clairvoyant et il donne sa démission au préfet.
Le mécontentement des républicains sincères allant grandissant, ils envoient une lettre au citoyen Digeon à Carcassonne pour le prier de se rendre dans le plus bref délai à Narbonne
« afin d’y proclamer la Commune centrale de l’arrondissement avec union au gouvernement de Paris. »
Le 23 mars 1871, à sept heures du soir, Digeon arrive à Narbonne. Le matin du 24, Antoine Raynal, premier adjoint, en l’absence du maire, refuse de convoquer le conseil municipal malgré l’insistance du jardinier Limouzy, lui-même conseiller municipal et principal collaborateur d’Émile Digeon.
Proclamation de la Commune de Narbonne le 30 mars 1871 par Digeon
La Commune de Narbonne
Vers 8 heures du soir de la journée du 24 mars, une foule déchaînée envahit l’Hôtel de Ville. Digeon prend alors la direction des opérations et s’installe avec ses principaux partisans dans la mairie. Il se présente au balcon de l’édifice communal et proclame la constitution de la Commune de Narbonne. Le drapeau rouge remplace le drapeau tricolore.
Pour s’opposer aux insurgés, les autorités versaillaises disposent des 1500 hommes du 52e de ligne placés en position d’attaque sur la place de l’Hôtel de Ville et dans la rue de la Poissonnerie. Les soldats mettent la crosse en l’air, les officiers sont rapidement désarmés et faits prisonniers. Les frères Raynal subissent le même sort. Après avoir pris possession de la sous-préfecture au nom du peuple, le citoyen Nègre, à la tête de 40 gardes, surveille l’édifice. Digeon ordonne au chef de gare et au chef de la station télégraphique de ne reconnaître qu’une seule autorité, celle de la Commune.
L’Hôtel de Ville de Narbonne vers 1900
La journée du 27 mars est assez calme ; des délégués des communes environnantes viennent donner leur adhésion à la Commune de Narbonne et demander des instructions. De son côté, le préfet de l’Aude, M. Trinchant, resté fidèle à Versailles, n’admet pas la nomination de Digeon et se montre insolent à son égard.
Le 28, les insurgés s’emparent de l’Arsenal. Ils font prisonniers les soldats qui le gardent et récupèrent quelques armes et cartouches. Pour empêcher les Versaillais de recevoir des renforts, Digeon fait enlever les rails du chemin de fer dans toutes les directions, sans intervention des gendarmes qui protègent la gare. Mais il est déjà trop tard. Digeon est prévenu de l’arrivée de deux compagnies de Turcos en provenance de Perpignan. Il fait renforcer les postes de défense, mais en vain : les renforts versaillais se poursuivent le 29 et le 30.
La défaite
L’arrivée du préfet et du procureur général est accompagnée par la présence de leurs délégués : Marcou, maire de Carcassonne, Auguste Claron et Isidore Roques, conseillers municipaux de Limoux. Ces derniers sont chargés d’informer les assiégés sur les décisions prises : amnistie générale s’ils évacuent l’Hôtel de Ville avant le commencement des hostilités. Quant au chef de la Commune, il disposera de 24 heures pour passer à l’étranger.
Digeon réunit un conseil de guerre pour délibérer sur cette proposition. Elle est rejetée à l’unanimité moins deux voix. Le général Zentz, vers minuit, fait occuper l’entrée opposée des rues barricadées. Le 31 mars, à 3 heures du matin, un détachement de Turcos se trouve à peu de distance de la barricade de la rue du Pont. Digeon fait doubler les postes de défense. Quelques gardes veulent fraterniser avec les Turcos. Ils sont accueillis par une fusillade qui fait deux morts et trois blessés.
Digeon écrit au général Zentz afin d’obtenir une ambulance pour le transport des blessés. Aucune réponse du commandant des forces de Versailles qui a menacé par affiche de faire bombarder l’Hôtel de Ville.
« Votre conduite dictera la mienne, riposte Digeon. Vous menacez ceux qui se sont levés, en définitive, pour défendre la République contre les entreprises des factions monarchiques de Versailles. »
Le général, exaspéré, donne l’ordre de ne pas épargner l’eau de vie aux Turcos, les autorisant à massacrer « les bandits » de l’Hôtel de Ville. Le procureur général renouvelle sa proposition d’amnistie à tous ceux qui évacueront la mairie avant les hostilités, mais en même temps, il avance dans la rue du Pont accompagné de deux détachements, l’un de soldats du génie, l’autre de Turcos.
La Gare de Narbonne. Vers 1900
Digeon proteste contre la violation des conditions présentées par le délégué du procureur général, le médecin Marty. Il est prêt à se retrancher dans le cabinet du maire quand plusieurs de ses partisans l’emmènent de force dans une maison de la rue du Pont pour le soustraire à la furie des Versaillais. Il refuse de prendre la fuite et écrit au procureur général qu’on peut venir l’arrêter.
Des mandats d’arrêt sont lancés et suivis rapidement d’exécution. Les citoyens impliqués sont enfermés avec des voleurs et Digeon jeté dans un cachot infect. Les interrogatoires commencent rapidement ; ils seront terminés le 23 avril 1871.
Il est intéressant de relater le récit des événements par le capitaine Pérossier de l’armée gouvernementale car il a participé très activement à la répression de la Commune de Narbonne. Il décrit les journées de l’insurrection à sa manière d’ultra-réactionnaire qui se prétend lettré. Il est plein de haine pour « la trahison » de nombreux soldats du 52e de ligne et approuve « la razzia de nos bons Turcos ». Il recevra la légion d’honneur pour sa brillante conduite… Il décrit les faits avec un humour perfide qui n’épargne pas les hommes du 4 septembre 1870, tels que Gambetta et ses partisans, même s’ils sont hostiles à la Commune. Très curieusement, Pérossier, qui deviendra plus tard colonel, sera mainteneur des Jeux Floraux (le mainteneur est un dignitaire des Jeux Floraux de Toulouse).
Les proies
Mais revenons aux détenus de la prison de Narbonne. Enchaînés deux à deux, ils sont conduits à la gare entre deux files de 24 gendarmes appuyées d’une compagnie de Turcos.
Ils ont appris avec stupéfaction qu’ils vont partir pour la prison de Rodez alors qu’ils pensaient être envoyés à Montpellier. La Cour d’assises de l’Aude ayant été dessaisie du jugement de l’affaire pour cause de suspicion légitime, en réalité pour éloigner le plus possible les accusés de leurs témoins à décharge.
Le 13 novembre 1871, les insurgés sont conduits au palais de justice de Rodez. Ils sont accusés d’avoir, à Narbonne, du 24 au 31 mars 1871, fait partie d’une bande armée,
« laquelle a exécuté un attentat ayant pour but de détruire ou de changer le gouvernement, et d’exciter à la guerre civile, en portant les citoyens ou les habitants à s’armer les uns contre les autres…».
Les débats se déroulèrent jusqu’au 18 novembre à 4 heures du soir, sous la présidence de Dellac, conseiller à la cour d’appel de Montpellier. Les principaux accusés étaient Digeon, le chef de l’insurrection, Bouniol, Nègre et Montels. Maître Louis Mie, du barreau de Périgueux, présente la défense de Digeon, mais ce dernier se défendit souvent lui-même, revendiquant hautement la responsabilité de ses actes et exaltant son idéal révolutionnaire.
Au président du tribunal qui conteste à Digeon le droit à l’insurrection, le prévenu riposte :
« Personne ne déteste plus que moi la guerre civile. Mais il est une chose que je déteste plus que la guerre civile, c’est la tyrannie. »
Le président lui reproche alors d’avoir arboré le drapeau rouge. Il répond :
« Le drapeau rouge est mon drapeau depuis que le drapeau tricolore a été souillé à Sedan. »
Le capitaine Blondlat du 52e de ligne déclare :
« Digeon peut être un exalté, mais il est convaincu, honnête, courageux, énergique et, à notre égard, il s’est montré d’une prévenance sans bornes et d’une exquise délicatesse » (le capitaine Blondlat fait allusion aux officiers du 52e pris en otage).
Le réquisitoire de l’avocat général Maître Gourant de la Baume est haineux. Il évoque la menace du spectre rouge pour impressionner le jury qui n’est pas ébranlé par ses propos délirants. Après une heure et demie de délibérations, Émile Digeon et les autres accusés sont acquittés. « Vive la République ! » crie la foule qui stationne devant l’hôtel où Digeon va prendre un repos bien mérité.
Émile Digeon retourna à Mallorca pour retrouver sa femme, régler ses affaires et prendre du recul par rapport aux événements qui ont bouleversé la France et l’Europe. Malgré son absence, les Narbonnais sont restés fidèles à ses traditions humanistes. A la veille de l’amnistie totale de 1880 et grâce à l’appui du conseil municipal de leur ville et du député de l’Aude M. Bonnel, ils finissent par obtenir l’amnistie des condamnés par contumace et des malheureux soldats du 52e de ligne qui pourrissaient dans les bagnes.
Entre 1880 et 1885, sa décision est prise : Digeon revient définitivement en France. Sa femme est restée à Palma et il semble qu’à partir de cette période, l’harmonie du couple soit brisée.
Plaque commémorative de la Commune de Narbonne (Église Notre-Dame de Lamourguier siège du club de la Révolution durant la Commune)
L’anarchiste
Auteur de nombreux articles et brochures sur le mouvement libertaire, Émile Digeon fut un grand ami de Louise Michel et il l’accompagne souvent dans ses réunions. Elle s’était réjouie de sa conversion :
« Brave Digeon, il avait vu tant de choses qu’au retour de Calédonie, nous l’avons trouvé anarchiste, de socialiste autoritaire qu’il avait été, sa grande intégrité lui montrant le pouvoir comme la source de tous les crimes entassés contre les peuples. »
Malade et oublié même par ses amis, Émile Digeon a passé ses dernières années à Trèbes, dans l’Aude. Il y est mort le 24 mars 1894, jour anniversaire de la proclamation de la Commune de Narbonne. Pour ses obsèques, il avait demandé que la seule cérémonie fût la lecture de son testament révolutionnaire.
Jusqu’au bout, il avait mis en garde les travailleurs contre tous ceux qui flattent le peuple pour mieux le duper :
« (…) Au point de vue social, je regarde comme nuisibles à l’humanité tous les individus qui aspirent à gouverner les autres, sous une forme quelconque et surtout ceux qui causent la misère des travailleurs en accaparant les richesses que ces derniers produisent (…) ».
MARCEL CERF
(1) On ne possède pas de renseignements précis sur les conditions exactes de cette évasion qui semble miraculeuse.
(2) Les séances du club se tiennent dans l’église Lamourguier désaffectée (aujourd’hui musée lapidaire). Le 12 mars 1871, Digeon y prend la parole pour réclamer l’armement de la garde nationale et glorifier le drapeau rouge.
Si la Commune de Paris est connue dans le monde, il ne faudrait pas oublier les mouvements insurrectionnels et révolutionnaires qui ont touché une grande partie de la France de septembre 1870 à mai 1871.
Le 4 septembre, les Parisiens proclament la République devant l’Hôtel de ville. Les Lyonnais font exactement la même chose, le même jour. Entre septembre et octobre 1870, la République est autoproclamée à Lille, Montereau, Cosne, Vierzon, Saint-Amand, La Charité, Dijon, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Voiron, Saint Marcellin, Varilhes, Carcassonne, Bordeaux.
En province, surtout dans le sud, le mouvement révolutionnaire est clairement communaliste, fédéraliste, voire autonomiste, anti-prussien, anti-versaillais et anti-jacobins. Le 18 septembre 1870 une Ligue du Midi est créée par des représentants de treize départements du Sud-Est avec Marseille comme centre. Elle est dirigée par Alphonse Esquiros, administrateur général des Bouches-du-Rhône, Gaston Crémieux, avocat nîmois et André Bastelica, secrétaire de la section de l’AIT (Alliance Internationale des Travailleurs ou 1re Internationale) de Marseille.
Esquiros déclare : "Nous avons envoyé une dépêche au gouvernement pour lui faire savoir que nous considérions comme urgent de donner aux départements du Midi une liberté d’action entière pour l’organisation de la défense nationale". Et pour ne pas froisser directement Paris, il précise : "La République doit rester une et indivisible", mais d’ajouter : "Mais, vu les circonstances, il y a lieu de former une sorte de confédération provisoire qui nous permettrait d’agir de concert" [1]. On retrouve là, le Midi frondeur qui s’était soulevé contre Louis Napoléon Bonaparte en 1851 et qui s’enflammera en 1907 lors de la Commune de Narbonne.
Des insurrections sans lendemain
La ligue du Midi se dote aussi d’un programme politique : impôt sur les riches, confiscation des biens des traîtres, séparation de l’église et de l’État. Mais elle n’aura pas le temps de mettre en œuvre ses réformes.
Le 28 septembre 1870, l’anarchiste russe Bakounine et ses amis de l’AIT prennent l’hôtel de ville de Lyon. Mais des soutiens leur manqueront et le mouvement sera rapidement réprimé par la garde nationale qui n’a pas rejoint les insurgés. À Marseille, le 1er novembre, une Commission révolutionnaire s’installe à la mairie avant d’en être chassée quelques jours plus tard. Le 5 décembre, une tentative insurrectionnelle échoue à Rouen.
Quand Paris proclame la Commune le 18 mars 1871, la province suit. Des Communes sont proclamées à Lyon et Marseille le 23, à Narbonne le 24, au Creusot le 26, ainsi que des révoltes armées à Toulouse le 24, Saint-Étienne le 25, Limoges le 4 avril, La Charité-sur-Loire les 10 et 11 avril, Rouen le 14, Cosne et Saint-Amand le 15, Tullins et Saint-Marcellin le 17, Neuvy le 19, Montargis le 1er mai, Varilhes les 2 et 3, Montereau les 7 et 8, Romans le 22, Voiron et Vienne le 24. Sans oublier des échauffourées à Bordeaux, Limoges, Sens, Albi, Montpellier, Avignon, Toulon, Draguignan, Dijon…
La Commune de Paris va envoyer des émissaires en province, mais ces derniers ne parviendront pas à fédérer le mouvement au niveau national. Charles Amouroux arrive à Lyon le 23 mars 1871, envoie deux délégués à Saint-Étienne et part à Chalabre dans l’Aude. Il repart à Marseille et retrouve deux autres Communards parisiens, Landeck et May. À Lyon, les Parisiens Caulet de Tayac et Dumont proclament la Commune lyonnaise depuis le quartier ouvrier de la Guillotière.
La Commune de Marseille sera la plus longue. Elle début le 23 avril 1871. Gaston Crémieux s’installe à la préfecture à la tête d’une Commission départementale révolutionnaire. Mais les insurgés commettent l’erreur stratégique de ne pas prendre les forts, la gare et la butte de Notre Dame de la Garde. C’est de cette position, ainsi que du fort Saint-Nicolas, que le général réactionnaire Espivent de la Villesboisnet fait tirer sur les insurgés le 4 avril. Les fusiliers marins reprennent les bâtiments sans trouver beaucoup de résistance. 150 Communards marseillais seront fusillés dans les jours suivants.
Le manque de coordination aura été fatal aux Communes de province.
multitude de carte de France avec diverses informations
Divisions administratives
Avant 1790, la France était divisée en 34 provinces : Flandre, Artois, Picardie, Normandie, Ile-de-France, Champagne; Lorraine, Orléanais, Touraine, Berry, Bourbonnais, Marche, Auvergne, Nivernais, Limousin, Alsace (territoire de Belfort); Franche-Comté, Bourgogne, Lyonnais, Bretagne, Maine, Anjou, Poitou, Aunis et Saintonge, Angoumois, Guyenne, Gascogne, Béarn, Foix, Roussillon, Languedoc, Dauphiné, Provence, Corse; on y a ajouté les comtats, la Savoie et le comté de Nice.
Les 36 provinces de l'ancienne France ne formaient que 33 gouvernements, la Guyenne et la Gascogne étant réunies en un seul. On comptait en outre, sept petits gouvernements : ville, prévôté et vicomté de Paris, Boulonnais, Le Havre, principauté de Sedan, Toulois, pays Messin et Verdunois, Saumurois.
En 1790, le territoire fut divisé en départements, subdivisés en districts (arrondissements), cantons et communes. La France comprend sous la Troisième République 87 départements (y compris le territoire de Belfort), 362 arrondissements, 2865 cantons et 35,989 communes.
Le système de divisions politiques auquel les départements ont succédé, celui des 35 intendances ou généralités, était presque aussi factice. Guidé par des préoccupations centralisatrices analogues à celles qui devaient inspirer plus tard les Constituants, l'Ancien régime avait partagé entre plusieurs intendants des contrées comme l'Île-de-France, la Normandie, la Lorraine, le Languedoc; groupé, par contre, sous un seul, la Picardie et le Boulonnais, la Flandre et l'Artois, etc.; enfin, réparti entre deux, trois et souvent quatre généralités limitrophes, des fragments de contrées telles que le Maine, l'Anjou, le Poitou, le Bourbonnais, le Nivernais, etc.
Beaucoup moins artificielles avaient été antérieurement les quarante provinces, réduites, depuis Richelieu, et surtout depuis Louis XIV, au rôle de simples commandements militaires; et, avant elles, les trois cent cinquante ou trois cent soixante pays, c'est-à-dire les petites circonscriptions de l'époque celtique que l'organisation romaine avait conservées sous le nom de cités, et que les provinces avaient remplacées, ou plutôt groupées, dans le cadre provincial.
Provinces et pays se présentent, pour la plupart, avec des caractères de sol, de relief et de climat qui les font aisément reconnaître. La Bretagne évoque l'idée d'un pays maritime, aux rivages articulés, montagneux en général, doué d'un climat doux, humide, brumeux, et d'une végétation médiocre sur un sol imperméable que ne recouvre qu'une très mince couche d'humus. La Champagne représente une contrée toute différente, dépourvue de relief et peu arrosée, extrêmement sèche en raison de la porosité de son sol crayeux. L'une et l'autre sont d'ailleurs habitées, surtout, la première, par des populations spéciales. Le pays de Hainaut élève, au-dessus des basses plaines du Nord, des gradins de plateaux accidentés qui annoncent la région ardennaise. (A19).
Les généralités.
On nommait généralité, à la fin du XVe et pendant la première moitié du XVIe siècle, la région placée sous l'autorité administrative d'un général-conseiller ou d'un receveur-général des finances; puis, à partir de la seconde moitié du XVIe siècle jusqu'à la fin de l'Ancien régime, la circonscription territoriale soumise à la juridiction d'un bureau des finances.
Au XIIIe siècle, les seules grandes divisions du royaume, au point de vue de l'administration locale, étaient encore les bailliages (territoires administrés par un bailli) et les sénéchaussées (administrées par un sénéchal). Mais on sait que, dans le cours du XIVe et du XVe siècle, la royauté enleva peu à peu aux baillis et aux sénéchaux la plupart de leurs pouvoirs, pour les spécialiser entre les mains d'autres officiers préposés à de nouvelles circonscriptions territoriales. C'est ainsi que l'attribution successive des pouvoirs financiers aux trésoriers de France, aux généraux des finances et aux receveurs généraux détermina, à côté des bailliages et des sénéchaussées, la création des généralités, de même que L'attribution des pouvoirs militaires aux lieutenants généraux ou gouverneurs détermina celle des gouvernements. Mais tandis que les gouvernements restèrent, pendant toute la durée de l'Ancien régime, des divisions purement militaires, les généralités, qui n'étaient d'abord que des circonscriptions financières, devinrent au XVIIe siècle, par l'installation régulière dans chacune d'elles d'un intendant investi des pouvoirs les plus étendus, les circonscriptions administratives les plus importantes du royaume.
Le nom de généralité, appliqué à une division territoriale, ne se rencontre pas dans les textes privés avant la fin du XVe siècle (journal d'Olivier Masselin), ni dans les documents officiels avant les premières années du XVIe siècle. Mais l'institution même de grandes circonscriptions, spécialement affectées à l'administration financière des provinces, remonte à la fin du XIVe siècle. Lorsque les Etats généraux de 1355 obligèrent la royauté à confier la perception des aides à des délégués nu élus choisis par eux, ces élus furent répartis par diocèses et non par bailliages; les élections correspondirent donc aux circonscriptions ecclésiastiques et non aux circonscriptions civiles du royaume.
La royauté, qui s'appropria peu après l'institution, garda les mêmes divisions territoriales, et lorsque, en 1390, afin de faciliter la surveillance que les trois généraux conseillers pour le fait et gouvernement des aides exerçaient sur les élus, on crut devoir attribuer à chacun d'eux l'inspection d'une partie du royaume, on répartit les élections en trois groupes administratifs dont chacun dépendait d'un général : les pays de langue d'oïl, les pays de langue d'oc et les pays d'Outre-Seine-et-Yonne. Ces trois vastes circonscriptions régionales, que l'on désignait par le terme vague de « charges », furent, en fait, les premières généralités; vers 1449, on en créa une quatrième, qui correspondit à la Normandie. C'est dans les mêmes limites territoriales que les quatre trésoriers de France exerçaient leurs charges domaniales et que les quatre receveurs généraux des finances, institués au XVe siècle, centralisaient les revenus du domaine et ceux de l'impôt.
Le nombre des généralités fut augmenté progressivement dès la fin du XVe siècle, principalement pour correspondre à l'augmentation du nombre des receveurs généraux; car le nombre des trésoriers et celui des généraux des finances resta fixé à quatre, jusqu'au milieu du XVIe siècle. Il y avait 6 généralités en 1484, 10 en 1523: chacune d'elles, ayant ainsi une moins grande étendue, s'administrait plus facilement. L'édit de décembre 1542 en établit 16 : c'étaient celles d'Aix(-en-Provence), Agen (transportée plus tard à Bordeaux), Amiens, Bourges, Caen, Châlons, Dijon, Grenoble, Issoire (transportée plus tard à Riom), Lyon, Montpellier, Paris, Poitiers, Rouen, Toulouse et Tours. L'édit de janvier 1551 en porta le nombre à 17 par l'adjonction de Nantes, et créa dans chacune d'elles, auprès du receveur général, un trésorier général des finances, réunissant les pouvoirs précédemment partagés entre les 4 trésoriers de France et les 4 généraux des finances. Le bureau de la trésorerie générale, qui reçut le nom de bureau des finances lorsque l'édit de 1577, confirmant celui de 1551, eut porté le nombre des trésoriers à cinq et les eut organisés en corps, devint le centre où aboutissaient toutes les affaires financières de la généralité; et dès lors le territoire de chacune de ces circonscriptions se trouva déterminé par l'étendue de la juridiction attribuée à chaque bureau des finances. Porté à 19, en 1558, par l'adjonction de Limoges et d'Orléans, le, nombre des généralités s'éleva, en 1587, à 20 par la création de celle de Moulins; en 1594, à 21 par la création de celle de Soissons. Enfin, l'établissement de 6 autres bureaux des finances dans les anciennes provinces (Montauban, 1635; Alençon, 1636; La Rochelle, 1694; Auch, 1716; Trévoux, 1762; Pau et Bayonne, 1783), et de 8 bureaux dans les provinces nouvellement annexées au royaume (Trois-Evêchés, Alsace, RoussilIon, Flandre, Hainaut, Franche-Comté, Lorraine et Barrais, Corse), porta le nombre des généralités à 35, à la veille de la Révolution.
Dans le cours du XVIIe siècle, les maîtres des requêtes et les intendants d'armée, qui n'étaient d'abord chargés que de commissions temporaires et transitoires, ayant été rendus permanents sous le nom d'intendants de police, de justice et de finances, et ayant reçu des résidences fixes, chacun d'eux fut préposé à une généralité et devint président du bureau des finances qui en était le centre; par exception, la généralité de Montpellier et celle de Toulouse furent réunies sous l'autorité du même intendant. Dès lors les généralités, ayant à leur tête les fonctionnaires provinciaux dont le pouvoir était le plus étendu, prirent une importance prépondérante parmi les autres circonscriptions administratives du royaume; cette transformation se traduisit dans le langage par la synonymie qui s'établit dès lors entre le terme d'intendance et celui de généralité, que l'on donnait indifféremment aux mêmes circonscriptions.
La division de l'ancienne France en généralités comprenait toute l'étendue du territoire, et enfermait dans un même réseau administratif trois sortes de pays dont la condition était différente au point de vue de l'impôt : 1° les pays d'Etats, qui avaient conservé le droit de voter et de répartir eux-mêmes l'impôt dans leurs assemblées provinciales; 2° les pays d'élections, où l'impôt était réparti par des magistrats spéciaux nommés par le roi (élus); 3° les pays d'imposition, où la répartition était faite directement par l'intendant.
Les intendances
On appelait intendances, sous l'Ancien régime, les circonscriptions administratives placées sous l'autorité des intendants de justice, police et finances. Elles se confondaient avec les généralités, par la raison que, depuis le règne de Louis XIV, chaque intendant avait été établi en permanence dans une de ces circonscriptions financières; toutefois, par exception, la généralité de Toulouse et celle de Montpellier avaient été réunies, sous l'autorité du même intendant, en une seule circonscription administrative, l'intendance de Languedoc. Dans le langage officiel, le terme de généralité fut toujours employé de préférence pour désigner le territoire administré par un intendant; le mot intendance n'exprima longtemps que le pouvoir de ce fonctionnaire, l'ensemble de son administration, la durée de sa charge. Mais, dans le cours du XVIIIe siècle, à mesure que la personnalité des intendants s'imposait avec plus de force aux populations et reléguait au second plan la notion des autres pouvoirs locaux, le terme d'intendance prévalut de plus en plus dans l'usage pour désigner aussi la circonscription territoriale soumise à leur autorité. Tandis que les généralités étaient le plus souvent désignées par le nom de la ville qui en était le chef-lieu Généralité de Tours, d'Amiens, etc.), les intendances prenaient plutôt le nom de la province à laquelle chacune d'elles correspondait ou qui en formait la principale partie (intendance de Touraine, de Picardie, etc.). Chaque intendance comprenait un certain nombre de circonscriptions secondaires, auxquelles étaient préposés les subdélégués de l'intendant, et qui portaient le nom de départements ; elles ne correspondaient pas nécessairement aux divisions financières des généralités (élections, bailliages, vigueries, etc.); l'intendant les déterminait à son gré et pouvait les modifier selon les besoins du moment.
Le nombre des généralités, qui s'était élevé jusqu'à 35 dans le cours du XVIIIe siècle, n'était plus que de 34 en 1789 (celle de Trévoux ayant été supprimée en 1786); et, comme les deux généralités de Toulouse et de Montpellier dépendaient, ainsi qu'on l'a vu, d'un seul intendant, on comptait, à la fin de l'ancien régime, 33 intendances, dont voici la liste dressée d'après l'Almanach royal (celles que l'on désignait par un nom de ville sont en italiques; celles que l'on désignait par un nom de province sont suivies du nom de la ville où résidait l'intendant et qui était le chef-lieu de la généralité). Il y avait 5 intendances pour les pays d'Etats : Bourgogne (Dijon), Bretagne (Rennes), Dauphiné (Grenoble), Languedoc (Montpellier), Aix-en-Provence; - 21 pour les pays d'élections : Auch, Auvergne (Riom), Berry (Bourges), Bourbonnais (Moulins), Champagne (Châlons), Guyenne (Bordeaux), Ile-de-France (Paris), Limousin (Limoges), Lyon, BasseNormandie (Caen), Moyenne-Normandie (Alençon), HauteNormandie (Rouen), Orléanais (Orléans), Pau et Bayonne, Picardie (Amiens), Poitou (Poitiers), Quercy et Rouergue (Montauban), Saintonge et Aunis (La Rochelle), Soissons, Touraine (Tours); - 8 pour les pays d'imposition : Alsace (Strasbourg), Corse, Flandre et Artois (Lille), Franche-Comté (Besançon), Hainaut et Cambrésis (Valenciennes), Lorraine et Barrois (Nancy), Perpignan et Roussillon (Perpignan), Metz et les Trois-Evêchés (Metz).
Les généralités de pays d'Etats étaient au nombre de six : c'étaient celles de Dijon (ou de Bourgogne), de Nantes (ou de Bretagne), de Grenoble, d'Aix, de Montpellier et de Toulouse; elles se subdivisaient, selon les pays, en diocèses, bailliages ou vigueries. Les généralités de pays d'élections étaient au nombre de vingt et une : c'étaient celles d'Alençon, d'Amiens, d'Auch, de Bordeaux, de Bourges, de Caen, de Châlons (ou de Champagne), de La Rochelle, de Limoges, de Lyon, de Montauban, de Moulins, d'Orléans, de Paris, de Pau et Bayonne, de Poitiers, de Riom, de Rouen, de Soissons, de Tours et de Trévoux (ou de la Dombes); elles étaient pour la plupart subdivisées en élections, quelques-unes en gouvernements ou en pays abonnés. Enfin il y avait huit généralités de pays d'imposition; c'étaient celles d'Alsace, de Corse, de Flandre, de Franche-Comté, de Hainaut, de Lorraine et Barrois, de Roussillon (ou de Perpignan), et des Trois-Evêchés (ou de Metz) ; elles étaient divisées en gouvernements, bailliages, prévôtés, vigueries ou subdélégations.
La division territoriale en généralités avait eu, comme on l'a vu, une origine fiscale : calquée d'abord sur la division ecclésiastique en diocèses, elle s'en était rapidement écartée, à mesure que les besoins de l'organisation financière amenaient la création de nouvelles circonscriptions; elle eut toujours un caractère essentiellement administratif. Elle découpait le royaume en circonscriptions d'étendue très variable, arbitrairement tracées, qui ne correspondaient ni à la configuration du sol, ni au groupement provincial. Aussi différait-elle notablement de la division en gouvernements, qui seule représentait la formation historique de l'ancienne France.
Les gouvernements.
On donnait sous l'Ancien régime, le nom de gouvernements aux circonscriptions territoriales qui étaient placées sous l'autorité d'un gouverneur et qui formaient les cadres de l'administration militaire du royaume. L'origine des gouvernements remonte à la fin du XIIIe siècle : on appela d'abord ainsi les territoires ou les régions dont la défense était spécialement confiée, en temps de guerre, à un lieutenant général du roi.
Pendant le XIVe et le XVe siècle, il n'y eut rien de fixe ni de régulier dans la création, l'étendue ou le nombre de ces circonscriptions militaires, qui étaient établies selon les nécessités du moment et dont la durée était subordonnée à celle des pouvoirs personnels confiés au gouverneur. Cependant, dès le XVe siècle, il y avait un certain nombre de provinces, toutes situées en frontière, où les guerres anglaises et les révoltes féodales avaient rendu à peu près permanente, en fait, l'institution d'un gouvernement militaire : c'étaient la Guyenne, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, la Bourgogne, la Champagne et Brie, la Picardie, la Normandie.
Dans le cours du XVIe siècle, les rois de France multiplièrent les créations de gouvernements, par favoritisme plutôt que par nécessité : le royaume entier se trouva partagé en gouvernements de provinces, au milieu desquels furent créés de nombreux gouvernements de villes, distincts et indépendants des premiers. Les uns et les autres furent établis peu à peu, par une série d'actes individuels ou de règlements locaux. L'édit général de 1545, auquel on rapporte à tort la création des gouvernements de provinces, n'avait au contraire pour objet que d'en réduire le nombre à 13, comprenant outre les 8 provinces déjà indiquées, l'Ile-de-France, la Bretagne récemment réunie, le Piémont, la Savoie et la Bresse conquises depuis 1635. Tel fut aussi l'objet de l'article 271 de l'ordonnance de Blois (1579), réduisant les gouvernements à 12, dont la liste, comparée à celle de 1545, contenait en plus le Lyonnais et l'Orléanais, en moins le Piémont, la Savoie et la Bresse, perdus en 1559 par le traité de Cateau-Cambrésis. Vainement limité par ces deux règlements restrictifs, le nombre des gouvernements alla croissant jusqu'à la fin de l'ancien régime, soit par le démembrement de quelques-uns des anciens, soit par la conquête de nouvelles provinces. C'est ainsi, d'une part, que les gouvernements de Maine et Perche, d'Anjou, de Touraine, de Nivernais, de Berry, de Poitou, furent détachés de l'Orléanais; ceux d'Auvergne, de Bourbonnais, de la Marche, détachés du Lyonnais; ceux de Limousin et de Béarn, détachés de la Guyenne; celui du comté de Foix, détaché du Languedoc; celui de Saintonge et Angoumois, formé en partie de la Guyenne, en partie de l'Orléanais; celui d'Aunis, séparé du précédent après la prise de La Rochelle. C'est ainsi, d'autre part, que les gouvernements d'Alsace, d'Artois, de Roussillon, de Flandre, de Franche-Comté, de Lorraine et de Corse furent successivement créés, à la suite de la réunion de ces provinces. Outre ces grands gouvernements dont le total s'élevait à 33, 7 autres, plus petits, ne comprenant pas une province entière, avaient été détachés des grands : c'étaient ceux de la ville, prévôté et vicomté de Paris, du Havre de Grâce, du Boulonnais, de la principauté de Sedan, de Metz et Verdun, de Toul, de Saumur. Le nombre des gouvernements de provinces, grands ou petits, atteignait par conséquent, en 1789, le chiffre de 40. Ils étaient subdivisés, au point de vue de l'administration militaire, en circonscriptions plus ou moins étendues appelées lieutenances de roi ).
A l'intérieur de ces 40 gouvernements généraux, qui englobaient tout le territoire du royaume, trouvaient place une foule de gouvernements particuliers ou gouvernements de villes et places fortes. Déjà nombreux à la fin du XVIe siècle, ils furent multipliés par l'édit fiscal de 1696, qui en créa un dans chaque ville close, et s'élevaient, en 1789, à 400 environ. Ainsi il y en avait 34 dans le grand gouvernement de l'lle-de-France, 3 dans le petit gouvernement du Havre. Ils avaient chacun leur gouverneur , mais, à certains égards, dépendaient du gouverneur général de la province.
Le royaume resta ainsi partagé en gouvernements de provinces et de villes, jusqu'au décret du 22 décembre 1789 suivi de la loi du 26 février 1790, par laquelle l'Assemblée constituante y substitua les nouvelles circonscriptions territoriales appelées départements.-
Administration militaire
Supprimés par la Révolution, les gouvernements militaires ne furent pas rétablis par l'Empire. Cependant Napoléon au cours de ses campagnes européennes, donnait des gouverneurs militaires aux places fortes des pays occupés par ses armées. C'étaient presque toujours des officiers généraux qui avaient, tant au point de vue militaire qu'au point de vue administratif, des pouvoirs très étendus. Ces fonctions étaient de courte durée et réglées par les exigences des opérations militaires ou le caprice du conquérant. D'un autre côté, le territoire de l'Empire était partagé en divisions militaires qui eussent été appelées plus judicieusement gouvernements; administration à part, c'était la plus fidèle image de l'ancienne institution. Ce n'est qu'après le débarquement de des troupes françaises en Algérie que nous trouvons de nouveau en France un véritable gouvernement militaire sous le titre de gouvernement général de l'AIgérie. Cette sorte de vice-royauté fut confiée jusqu'en 1870 à des maréchaux de France ou à des généraux.
La division de l'ancienne France en gouvernements n'était pas aussi importante, au point de vue de l'administration générale du royaume, que la division en généralités : la première ne correspondait qu'à l'organisation de la défense intérieure, à la répartition des troupes et au petit nombre d'affaires militaires que la royauté avait laissées aux gouverneurs et à leurs lieutenants généraux, tandis que la seconde servait de cadres à tous les services de police intérieure, de finances, de justice et même d'administration militaire, qui étaient concentrés aux mains des intendants. Mais la division en gouvernements était celle qui rappelait le mieux la formation historique du domaine royal. A part quelques exceptions peu importantes, les limites des grands gouvernements répondaient à celles des anciennes provinces, c.-à-d. aux groupements ethniques qui s'étaient produits à l'époque féodale, sous l'influence combinée de la configuration du sol et des nécessités sociales; les lieutenances qui en formaient les subdivisions, les gouvernements de villes qui s'y trouvaient enchevêtrés n'étaient pas des créations arbitraires, mais représentaient presque toujours les divers éléments organiques qui avaient concouru à la formation de chaque province, les pays et terroirs où de longues traditions avaient créé une vie commune entre les habitants. C'est pourquoi lorsqu'on veut reproduire, sous ses traits les plus expressifs et les plus vivants, l'aspect géographique de l'ancienne France, c'est la division en gouvernements que l'on choisit de préférence à toute autre.
A l'imitation de ce qu'elle avait fait dans la France continentale, la royauté avait également institué des gouvernements pour l'administration militaire et civile des colonies : en 1789, il y avait 3 gouvernements généraux, ceux de Saint-Domingue, de la Martinique et des établissements français au delà du Cap ; 6 gouvernements particuliers, ceux de la Guadeloupe, de Sainte-Lucie, de Tobago, de la Guyane, du Sénégal, des îles de France (Maurice) et Bourbon (Réunion).
Les anciennes provinces.
En 1789, avant la réunion de l'Assemblée constituante, la France était partagée en quarante provinces ou gouvernements militaires, dont 32 grands et 8 petits. Il est encore utile de connaître cette ancienne division, non seulement pour l'intelligence des historiens, mais encore parce que les dénominations que portaient le pays compris da ces gouvernements, sont aujourd'hui même d'un usage très fréquent. Certains ont d'ailleurs donné leur nom aux actuelles régions.
Avant 1791, la France était partagée en 33 gouvernements fort inégaux : la province de Guyenne-et-Gascogne... le Comtat-Venaissin. C'étaient les 2 extrêmes. Officiellement, ces provinces sont mortes depuis 80 ans passés ; mais elles vivent toujours dans la mémoire de la nation. Nous disons encore, je reste en Touraine, je vais en Bourgogne, je viens du Limousin. Suivant nos origines nous nous traitons de Normands, de Bretons, de gascons, de Béarnais, de Comtois, de Poitevins, d'Angevins... Il est facile de désigner les gens des Vosges... mais que faire de ceux des Bouches-du-Rhône, du Pas-de-Calais, de Seine-Inférieure ou d'Ille-et-Vilaine ? (Onésime Reclus, France Algérie et colonies, 1880)
En France sous l'Ancien Régime, certains impôts et taxes n'étaient pas perçu directement par l'État. Ils étaient affermés à des financiers que l'on appelait fermiers ou traitants (parce qu'ils signaient avec l'état un traité). Ils avançaient à l'état l'argent de certains impôts et se remboursaient en percevant les impôts. La qualité de fermier n'a rien à voir avec celle d'un officier de finances propriétaire de sa charge. C'est seulement un bailleur de capitaux.
Ce système, qui avait donné lieu à plusieurs scandales, et bien que réformé à de nombreuses reprises, entraînait d'énormes déperditions financières. Aussi, apparaissait-il comme anarchique et même anachronique. Il fut, sans conteste, l'une des causes de la Révolution française.
Paris n’a pas toujours été la capitale de la France.
Si elle a hérité du titre en 508 apr. J.-C et 900, elle n’est durablement capitale que depuis le consulat.
Vers 500, Clovis hérite de son père, Childéric, le royaume des Francs saliens. Soucieux de faire prospérer ce territoire, il se lance dans la conquête de nombreux territoires de la Gaule placées sous influence romaine. Afin de devenir l’unique souverain des Francs, il étend dès 508 son royaume du Rhin jusqu’aux Pyrénées.
Il élit domicile à Tournai puis à Soissons, et décide de faire de l’ancienne Lutèce le nouveau centre de son royaume. Il déménage au palais des Thermes sur l’Île-de-la-Cité et y meurt en 511. Paris conservera, dès lors, son statut de capitale du royaume des Francs, bien que tous les successeurs de Clovis n’y ont pas nécessairement séjourné.
La France a donc eu d’autres lieux de Capitale. Lyon (27 av.JC-297), dénommé Lugdunum, a aussi été la capitale des Gaulois. Tournai (avant 486, ville qui se trouve actuellement en Belgique), Soissons (486-900) et Troyes (1419-1425), pendant la guerre de Cent Ans, également.
Tours (1588-1594) a eu également le statut de capitale, en 1588, lorsqu’Henri III se retrouve chassé à l’issue de la Journée des barricades, il installe sa famille et son Conseil à Tours. Versailles (1682-1715) a été capitale parce que le domaine était plus grand : 830 hectares de parc, la galerie des glaces.
Louis XIV prend ses distances avec les Parisiens lorsqu’il vient résider à Versailles. Bordeaux a été la capitale Française pendant un mois (septembre 1914) jusqu’à la victoire de la première bataille de la Marne.
Paris tombe aux mains des Allemands le 14 juin 1940.
La ville reste la capitale officielle du pays, mais c’est à Vichy que l’Etat réside (1940-1944), capitale de la France occupée, alors que Winston Churchill décide que Brazzaville (1940-1943) sera la capitale de la France libre !
Qui est l’ancêtre commun à toutes les familles royales d’Europe ?
par Nicolas Fontaine
Existe-il un ancêtre commun à tous les rois et reines d’Europe ? Toutes les monarchies européennes sont-elles connectées ? Quels sont les liens de parenté entre les souverains actuels ? Les familles royales ne forment-elles qu’une seule famille ? Ce genre de questions revient très souvent. Et la réponse est simple : Oui.
Toutes les familles régnantes (quelles soient royales, princières ou grand-ducale) ont au moins un parent éloigné en commun. Mais qui est le parent qui permet de mettre en relation toutes ces familles ? Là encore, il peut y avoir plusieurs réponses. Celle détaillée dans cet article est la descendance de Jean-Guillaume Friso, prince d’Orange-Nassau.
Pourquoi dit-on que la reine Victoria est la mère de l’Europe ?
Souvent, la reine Victoria du Royaume-Uni est appelée « mère de l’Europe », car elle est l’ancêtre commun de plusieurs grandes familles royales actuelles. Néanmoins, il y en a tout de même pour lesquelles ce n’est pas le cas. Un autre roi, Christian IX, semble compléter la liste des descendants devenus de monarques européens. Alors parfois, on dit que la reine Victoria et Christian IX, à eux deux, sont les ancêtres des monarques européens. Souvent, les deux souverains sont étudiés ensemble, puisqu’ils permettent de dresser une longue liste de souverains européens parmi leur descendance. Victoria et Christian sont, eux même, cousins au 3èmedegré, de par leur ancêtre le roi George II. Au final, cela revient à dire que George II est l’ancêtre commun à Victoria et Christian IX, et par la même occasion que tous leurs descendants l’ont tous comme ancêtre. Si cette théorie plait, c’est parce qu’elle fait référence à de prestigieuses personnalités comme l’ont été la reine Victoria et Christian IX. Malheureusement, elle n’est pas tout à fait exacte. La famille princière régnante de la Principauté du Liechtenstein n’a pas dans ses ancêtres Victoria, ni Christian IX, ni George II.
Voici l’ancêtre commun à toutes les familles régnantes actuelle en Europe
En réalité, l’ancêtre commun à toutes les dynasties actuelles est un néerlandais, Jean-Guillaume Friso. Il est aussi connu sous son nom d’origine, en néerlandais, Johan Willem Friso, ou John William Friso, en anglais. Nettement moins prestigieux que la reine Victoria, il est pourtant le vrai ancêtre commun.
Bien entendu, il doit y en avoir d’autres, mais celui-ci est l’ancêtre le plus proche. Ce qu’il y a de formidable c’est qu’il est non seulement l’ancêtre de toutes les monarchies héréditaires européennes actuelles, mais aussi celui de vingt anciennes monarchies d’Europe, comme l’Italie, la Bulgarie, la Roumanie, la Yougoslavie, la Russie, l’Autriche, l’Albanie, …
Qui était Jean-Guillaume Friso ?
Jean-Guillaume est un membre de la maison Orange-Nassau, comme l’est toujours la famille actuelle des Pays-Bas (même si elle l’est de façon cognatique, de la branche d’Amsberg). Né le 4 août 1687 à Dessau, ill est stathouder (gouverneur politique et militaire) des provinces de la Frise et de Groningue. Très engagé dans les forces militaires, il combat les Français aux côtés du duc de Marlborough.
Poussé par sa mère, il est obligé de se marier. Sa famille a bien remarqué le caractère fougueux du jeune prince, il ne faudrait pas qu’il lui arrive malheur avant qu’il n’eut pu apporter une descendance. On lui conseille de se marier à l’une des deux filles du landgrave de Hesse-Cassel qui étaient toujours célibataires. Jean-Guillaume choisit la landgravine Marie-Louise qui était déjà âgée de 21 ans. Elle n’était pas réputée pour sa beauté, par contre son charmant caractère a fait d’elle la préférée du prince. L’affaire fonctionne, une semaine après l’arrivée de Marie-Louise aux Pays-Bas, le couple se marie (en 1709), et va avoir une fille Anne Charlotte Amélie, un an plus tard (1710). Mais Jean-Guillaume ne peut s’empêcher de partir à l’aventure. Malgré les conditions météorologiques défavorables, il part en mer, en juillet 1711. Son bateau est pris dans la tourmente et s’échoue au large de Moerdijk. Il meurt noyé dans l’accident, à l’âge de 24 ans. Sa femme, alors enceinte de leur second enfant, accouche seule la même année, de Guillaume Charles Henri Friso. Cette elle qui en tant que veuve et princesse douairière va reprendre les responsabilités de son défunt mari et sera régente, jusqu’à la majorité de son fils. Très populaire, après ce régendat de 20 ans, elle va occuper un second régendat, bien plus tard, lors des dernières années de sa vie, pendant 7 ans. Malgré la courte vie de son mari, le couple aura eu deux enfants, Anne Charlotte Amélie et Guillaume Charles Henri. À eux deux, ils vont perpétrer la lignée de Jean-Guillaume Friso et vont donner naissance à des monarques de 30 pays différents.
Il est aussi l’ancêtre commun de 20 monarchies disparues
Parmi ces monarchies disparues, certaines ont été abolies pour laisser place à des républiques, comme au Portugal, en Grèce, en Italie ou en Roumanie. D’autres ont tout simplement connu la guerre et la refonte du territoire, comme c’est le cas pour la majorité des territoires souverains de l’Empire germanique qui ont été regroupés en 1918 lors de la formation de la république de Weimar. Parmi ces anciens territoires souverains, il y avait des grands-duchés, des duchés, des principautés, des royaumes, des landgraviats, etc : le grand-duché de Hesse, le grand-duché de Mecklenburg-Schwerin ou celui de Oldenbourg, la principauté de Schaumburg-Lippe ou de Waldeck-Pyrmont, ou encore, le royaume de Württemberg.
Qui sont les enfants et petits-enfant de Jean-Guillaume Friso qui ont eu une descendance royale?