837 liens privés
Populaire
Éditeur PDF
Compresser
Supprimer des pages
Combiner
Séparer
Extraire pages
Combiner
Alterner et mélanger
Combiner
Organize
Séparer
Extraire pages
Séparer par pages
Séparer mes signets
Séparer en deux
Séparer par taille
Séparer par pages
Éditer et signer
Éditeur PDF
Remplir et signer
Create Forms
Compresser
Compresser
Security
Protect
Déverrouiller
Watermark
Aplatir
Convert from PDF
PDF vers Excel
PDF vers JPG
PDF to PPT
PDF vers texte
PDF vers Word
Convertir en PDF
HTML vers PDF
JPG vers PDF
Word vers PDF
Others
Nombres bates
Recadrer
Supprimer des pages
Deskew
Edit Metadata
Extract Images
Niveau de gris
En-tête et Pied de page
N-up
OCR
Rename
Réparer
Resize
PivoterCompress PDF
Merge PDF
PDF to Word
Word to PDF
Excel to PDF
JPG to PDF
PDF to JPG
PDF Converter
Rearrange pages
Edit metadata
Edit PDF
Split PDF
Delete pages
PDF to DOCX
PDF OCR
DOCX to PDF
Unlock PDF
Protect PDF
Add watermark
Rotate PDF
Crop PDF
Resize pages
HTML to PDF
EPUB to PDF
DjVu to PDF
MOBI to PDF
FB2 to PDF
PNG to PDF
TIFF to PDF
BMP to PDF
RTF to PDF
PDF to RTF
ODT to PDF
PPT to PDF
TXT to PDF
XML to PDF
CHM to PDF
PDF to PNG
PDF to BMP
PDF to TIFF
Extract images
Extract text
Page numbers
Header and footer
L’esprit critique est une véritable science ! Cette science porte même un nom : la zététique. Vous allez découvrir dans cet article différents types de raisonnements pouvant conduire à des conclusions erronées. Tout comme je vous expliquais qu’il est très important de vérifier les informations que vous trouvez sur Internet, aujourd’hui je vous donne quelques astuces pour décrypter les documentaires grâce à votre esprit critique.
Comment détecter le vrai du faux dans un reportage ? Quels types de mécanismes sont mis en place pour endormir votre esprit critique ? Quelles sont les méthodes qui permettent aux journalistes de transformer l’information afin de la rendre crédible ?
Vous allez découvrir 9 mécanismes très simples à mettre en place pour faire avaler n’importe quoi à n’importe qui. Après la lecture de cet article je vous promets que vous ne regarderez plus aucun documentaire de la même manière !
Recovered Economic History: “Everyone but an idiot knows that the lower classes must be kept poor, or they will never be industrious”
Our popular economic wisdom says that capitalism equals freedom and free societies, right? Well, if you ever suspected that the logic is full of shit, then I’d recommend checking a book called The Invention of Capitalism, written by an economic historian named Michael Perelmen, who’s been exiled to Chico State, a redneck college in rural California, for his lack of freemarket friendliness. And Perelman has been putting his time in exile to damn good use, digging deep into the works and correspondence of Adam Smith and his contemporaries to write a history of the creation of capitalism that goes beyond superficial The Wealth of Nations fairy tale and straight to the source, allowing you to read the early capitalists, economists, philosophers, clergymen and statesmen in their own words. And it ain’t pretty.
Carte blanche. Pour le philosophe et écrivain Jean-Pierre Faye, soixante-dix ans après, il faut enfin admettre que ce sont trois grands esprits philosophiques – Heidegger, Jünger et Schmitt – qui ont fait le lit d'Hitler.
L'un des mots les plus usités dans l'après-guerre et qui, aux Etats-Unis, remplit des salles entières d'ouvrages sous ce titre, c'est "déconstruction" – et c'est le même terme en langue anglaise : deconstruction. Curieusement sa source initiale vient d'un mot allemand lui-même peu usité, employé une seule fois par le philosophe Heidegger (1889-1976) : Abbau.
Or le paradoxe, c'est que ce mot abondant et innocent en langue américaine, prend sa source chez ce philosophe allemand que nous révérions dans les années de guerre et d'après-guerre. Et pour découvrir, longtemps après la seconde guerre mondiale, qu'il a pris parti pour le IIIe Reich. Au côté du juriste Carl Schmitt (1888-1985), aujourd'hui encore enseigné – paradoxalement – comme référence en matière de droit constitutionnel de "l'Etat souverain", notamment par nos amis italiens.
Mais existe-t-il des écrits vraiment nazis de Heidegger, le philosophe auquel allait notre respect en raison de ses essais "existentiels" des années 1920 ? L'honnêteté de la lecture découvre en effet chez lui des écrits politiques marqués plus gravement encore que ceux de son ami l'écrivain et essayiste Ernst Jünger (1895-1998), l'auteur, dès 1930, de La Mobilisation totale (Die totale Mobilmachung), traduite en français et publiée chez Gallimard en 1990.
"L'ETAT TOTAL"
Ceux-ci se prolongent chez l'ami Carl Schmitt, l'idéologue de "l'Etat total", à qui Hitler devra, pour une très grande part, d'avoir reçu le pouvoir en 1933 – par l'effet même de la conférence sur le totale Staat que Schmitt donne, le 23 novembre 1932, devant les représentants de la grande industrie. Une amitié intensément politique lie alors Heidegger à Jünger et, par lui, à Carl Schmitt. C'est le triptyque des noms qui dessine un temple d'acceptation pour l'idéologie propagée par la furie hitlérienne.
Il faut lire les écrits politiques d'Heidegger en 1933-1934 pour saisir ces enjeux. Dès son "Appel aux étudiants" du 3 novembre 1933, il prononce : "Le Führer lui-même et lui seul est la réalité allemande d'aujourd'hui et de demain…" Et sa "Profession de foi en Adolf Hitler", la Bekenntnis zu Adolf Hitler en décembre 1933, décrit le Führer comme l'instant de "retourner à l'essence de l'Etre". Le Führer devient une ontologie…
Bien pire, son "Appel pour le service du travail", le 23 janvier 1934, souligne "l'empreinte préfigurée dans le Parti national-socialiste ouvrier allemand". Ce parti dont le nom est raccourci par Goebbels en Parti nazi-sozi, ou en version courte : Nazi. Il s'agira en effet des camps de travail, salués par Heidegger comme "le bienfait qui émerge du mystère vivifiant qu'est l'avenir nouveau de notre peuple"… Le délire nazi atteint son apogée.
Car au même moment surviennent d'autres camps de travail, dits "camps de concentration", qui couvrent le territoire national. Durant la seconde guerre mondiale, apparaissent en Pologne ceux qui sont nommés secrètement les camps d'extermination, les Vernichtungslager.
Or le 1er mai 1933, Heidegger et Carl Schmitt adhèrent au Parti nazi. Il faut souligner le fait que l'adhésion au parti unique est difficile dans le Reich hitlérien. Contrairement à l'Italie mussolinienne, où tout le monde prend sa carte, comme la "carte du pain". Il y aura 24 millions d'adhérents au Parti fasciste, 8 millions seulement au parti hitlérien. Le geste de l'adhésion est donc grave et contrôlé. Heidegger, dans son cours de décembre 1933 sur Héraclite…, énonce la nécessité de "l'attaque", dans le but "d'effectuer l'extermination totale".
LES CAMPS D'EXTERMINATION
Ce terme terrible va marquer les Vernichtungslager, les camps d'extermination hitlériens de 1942-1945. Surgis dans la Pologne anéantie : à Chelmno, à Belzec, Auschwitz-Birkenau, Maïdanek, Sobibor, Treblinka… Ce terme s'inscrit dans la plus terrible réalité de l'Histoire. Heidegger aura-t-il connaissance de ce qui a lieu dans les camps de Pologne ? Jünger note dans son journal ce qu'il entrevoit en 1943 à Lodz, en deçà du front de l'Est…
Mobilisation totale, Etat total, extermination totale : ces trois formules dessinent l'Europe en état de guerre. Jünger, Carl Schmitt, Heidegger prononcent en ces termes le réel le plus dangereux et la même terreur politique croissante.
Pour l'anniversaire de Jünger en 1955, tous trois se joignent dans un séminaire commun. Les trois se retrouveront dans le même volume d'idéologie et d'hommage. C'est ce jour-là, qu'Heidegger va improviser un sens nouveau pour le terme Abbau, "déconstruction". C'est le terme final qui prolonge la trilogie terrible des trois amis dans la seconde guerre mondiale.
Carl Schmitt ? Ce juriste est un ami de longue date pour Jünger, ce dont témoigne son journal posthume, comme Jünger devient l'ami intense d'Heidegger. Carl Schmitt a donc en décembre 1932 donné sa conférence décisive devant ce qui se nomme "l'Union au Long Nom", réunissant les plus grands de la grande industrie. La conférence de Schmitt devant un tel auditoire culmine dans l'exigence de fonder "l'Etat total" – Etat qui doit s'affirmer "total au sens de la qualité et de l'énergie"… Un Etat qui s'attribue "les moyens de la puissance"…
Ainsi l'Etat total est-il défini par Schmitt en opposition à l'Etat "quantitativ total", celui qui se retrouverait gonflé d'entreprises nationalisées… Au contraire, "l'Etat total en ce sens est un Etat fort… Il est total au sens de la qualité et de l'énergie, comme l'Etat fasciste se nomme "Stato totalitario"", précise Carl Schmitt, reprenant les termes du fascisme italien. Mais qui sait aujourd'hui que le mot "totalitaire" est une improvisation mussolinienne ?
Voici surgir la doctrine de Schmitt sur les "nouveaux moyens de puissance". Nous sommes le 23 novembre 1932. Dans un mois et une semaine, l'ex-chancelier von Papen, dont Schmitt est l'avocat, et dont le chancelier Schleicher a pris la place, aura préparé la "combinaison" du 30 janvier 1933. Donnant le pouvoir au caporal Hitler, méprisé et haï par le président Hindenburg, qui pourtant le nomme chancelier du Reich.
"LES MOYENS DE LA PUISSANCE"
La formule de Schmitt souligne les enjeux : "L'Etat total" est l'Etat des "moyens de puissance", et non des socialisations, il se gonfle de police, et non d'entreprises socialisées. Le totale Staat hitlérien vient prendre la relève du Stato totalitario fasciste. Car le mot "totalitär" n'est pas un terme hitlérien : il est refusé comme "trop libéral" par le juriste nazi Wilhelm Stuckart, celui dont Eichmann sera le subordonné.
Mais l'argument schmittien a convaincu l'industrie lourde. Ses membres se réuniront plus officiellement pour adresser leur "Supplique" au président du Reich Hindenburg, et finalement le convaincre de confier le pouvoir au "Chef du grand mouvement" (sans le nommer) qui jusque-là "s'est tenu à l'écart"…
Par Carl Schmitt, juriste spécialisé dans le droit d'Etat, est donc apparue cette proposition grave, dans sa conférence de novembre 1932 : c'est la figure de "l'Etat total" – cette formule dangereuse d'où va survenir le mot "totalitarisme", aujourd'hui courant, exploré plus tard par Hannah Arendt, qui va pourtant méconnaître son origine mussolinienne.
On peut sous-estimer la magie toxique de ces creuses formules. Et négliger le lien étroit entre Carl Schmitt, Heidegger et Jünger, le porteur de la mobilisation totale. Car ce triumvirat va demeurer en marge du IIIe Reich qui survient. Mais Jünger l'a annoncé, par sa formule explosive. Carl Schmitt l'énonce violemment en termes de "droit" – ou de "contre-droit"…
Et Heidegger le consacre, dans une adhésion exprimée par la référence à "l'être"… Quand dans sa "Profession de foi en Adolf Hitler", il déclare en décembre 1933 à Leipzig que le Führer vient "retourner à l'essence de l'Etre", la langue hitlérienne d'Heidegger prend la portée dérisoire d'une "science de l'Etre", d'une ontologie…
"PHILOSOPHIE DU NATIONAL-SOCIALISME"
Tel est le terrible enchaînement des langages. Le "Cours d'été" heideggerien de 1935, qui paraîtra en 1953 sous le titre "Introduction à la métaphysique", s'achève sur ces mots : "Ce qui est mis sur le marché comme philosophie du national-socialisme (…) n'a rien à voir avec la vérité interne et la grandeur de ce mouvement…" Quelle est cette "vérité interne" du nazisme pour Heidegger ? Où l'emphase d'une prétendue vérité rencontre-t-elle la fureur meurtrière ?
Elle vise un "ennemi intérieur"… Elle le nomme étrangement "l'Asiatique" – fantasme inouï, que le maréchal nazi von Reichenau précisera lourdement en 1942, félicitant le Führer de parer au "danger judéo-asiatique". Là s'annonce le massacre acharné des juifs de Russie et de l'Europe occupée.
Heidegger affirme même en 1935 que "le vrai et unique Führer fait signe dans son être vers le domaine des demi-dieux…". Qualité que souligneront les Œuvres complètes. Pour ce "demi-dieu" se prépare cette totale fureur sacrificielle ?
Ainsi les trois amis, Schmitt, Jünger, Heidegger – l'étrange trio des penseurs – contribuent au langage de ce Reich qui dévaste l'Europe de la seconde guerre mondiale. Tous trois se retrouvent donc en 1955 pour fêter l'anniversaire de l'un d'eux, Jünger. A l'occasion de cette fête, Heidegger décrira ce qu'il nomme l'Abbau, que le philosophe français Gérard Granel (1930-2000) traduira par la "déconstruction".
Cette inflation des langages débouche dans ce qu'Heidegger revendique à son compte comme "la Terreur". Cette terreur aura suscité de surcroît pour notre avenir l'arme de la destruction absolue.
Le Monde
Les nazis, le QI et la bonté
Si le quotient intellectuel joue un rôle important dans notre destin, il ne garantit en rien les valeurs morales d'un individu, sa bonté ou son altruisme.
La mesure de l'intelligence est un sujet éminemment politique et passionnel depuis longtemps. On imagine que l'Allemagne du IIIe Reich en était fanatique. En réalité, les tests de quotient intellectuel (QI) y étaient quasiment interdits. Les dirigeants hitlériens craignaient que les juifs ne se servent de bons résultats aux tests pour accroître leur pouvoir et légitimer leur influence, notamment dans les domaines scientifique et universitaire. Deux auteurs allemands, F. Becker et E. Jaensch, expliquaient, en 1938, que la mesure de l'intelligence serait un instrument de la "juiverie" pour fortifier son hégémonie. Staline bloqua pour sa part les travaux d'Alexander Luria sur les capacités intellectuelles pour éviter que les "bourgeois" s'en servent comme outil politique.
Le QI, tabou de l'extrême gauche à l'extrême droite
En France, Pierre Bourdieu, notamment, dans un article intitulé "Le racisme de l'intelligence", expliqua également qu'il fallait refuser la mesure de l'intelligence et bloquer les études sur l'origine des différences de capacités cognitives. Selon lui, les résultats de ces études permettraient à la classe dominante de justifier ses privilèges du fait de ses meilleures capacités intellectuelles. Le QI est donc un vieux tabou de l'extrême gauche à l'extrême droite !
Fils de juifs émigrés d'Autriche, Gustave M. Gilbert devient psychologue militaire au cours de la Seconde Guerre mondiale. Germanophone, il est envoyé à Nuremberg en 1945 et officie en tant que psychologue de la prison pour les détenus jugés comme criminels de guerre. Il devint le confident de Wilhelm Keitel, Hermann Göring, Joachim von Ribbentrop... en passant sous silence dans un premier temps le fait qu'il était juif. La plupart des bourreaux nazis refusèrent de lui parler quand il leur avoua la "vérité".
Gilbert participa au procès de Nuremberg en tant que psychologue en chef de l'armée américaine. Il publiera son expérience dans Nuremberg Diary, en 1947, dans lequel il raconte en détail ses entretiens avec les nazis en s'affranchissant du secret professionnel, lequel concerne aussi les psychologues et interdit normalement de révéler le contenu des entretiens. On a d'ailleurs reproché à Gilbert de traiter les criminels de guerre mis à sa disposition comme des souris de laboratoire.
Rien à voir avec les valeurs morales
Lors de ce procès, les psychologues ont pu mesurer le QI de tous les tortionnaires nazis, à l'exception de Hitler, Himmler et Goebbels, qui s'étaient suicidés (Göring a été testé avant son suicide, survenu au cours du procès, dans sa cellule). Tous avaient des QI supérieurs à la moyenne et beaucoup étaient surdoués, ce qui bouleversa les psychologues américains. Gilbert rappelle à cette occasion que le QI n'est qu'une évaluation de "l'efficience mécanique de l'esprit, et n'a rien à voir avec le caractère et les valeurs morales". Les chefs nazis étaient, pour la plupart, très intelligents, ce qui les a rendus encore plus dangereux. Le QI prédit relativement bien de multiples aspects de notre vie sociale, professionnelle et intellectuelle, à quelques exceptions près.
Les grands joueurs d'échecs, par exemple, ont en moyenne des QI relativement modestes. L'influence du QI sur la sécurité routière se révèle choquante : les hauts QI ont trois fois moins d'accidents mortels de la route (50 pour 10 000 conducteurs) que les bas QI (147 pour 10 000) ! Ce qui est logique : la chercheuse Linda Gottfredson fait remarquer qu'un haut QI est associé à de bons réflexes et à une bonne capacité d'anticipation des risques...
Juristes, économistes, linguistes, philosophes ou historiens, ils ont été nombreux, ces intellectuels allemands, éduqués, cultivés, à choisir de s’engager au sein des organes de répression du Troisième Reich. Ils ont théorisé et planifié l’élimination de vingt millions d’individus de race prétendument « inférieure ». Comment et pourquoi ces personnes « éduquées », ces intellectuels, ont-ils pu glisser vers l’innommable, alors qu’ils étaient censés posséder les clés de compréhension de cette idéologique destructrice qu’était le nazisme ?
C’est à ces questions – et aux vôtres – que l’historien Christian INGRAO, spécialiste du nazisme et du phénomène guerrier, est venu répondre pour la seconde fois !
La faute des intellectuels allemands (Par Jacques de Saint Victor Publié le 25/09/2013 à 16:11)
Le rôle joué par les universitaires dans la machine nazie fut important. Hitler et les professeurs, document écrit en 1946 par Max Weinreich, le prouve.
Ce livre est un document historique. Il a été écrit en 1946 par un spécialiste de la culture yiddish pour essayer de comprendre le rôle joué par les universitaires dans la machine nazie. On sort de sa lecture avec un effroi constructif: la pensée, elle aussi, peut tuer. Les constructions théoriques des professeurs allemands ont «fourni les idées et les techniques qui ont conduit à un massacre sans précédent et l'ont légitimé».
Max Weinreich insiste en effet sur cette fonction de légitimation. Il démontre que les auteurs nazis de la première heure n'avaient pas un corpus intellectuel suffisant. Les élucubrations de Mein Kampf ou les écrits de Rosenberg n'étaient pas tenus en grande estime par les Allemands cultivés. Même Les Protocoles des Sages de Sion, antérieurs au nazisme, étaient l'objet de railleries, rappelle Weinreich, qui fut témoin de ce mépris d'avant-guerre. Le nazisme eut donc besoin d'une légitimité académique.
Une légitimité
Aussi, ce sont des professeurs pour beaucoup aujourd'hui oubliés qui, en se ralliant au régime, lui donnèrent à partir de 1933 une forte légitimité. Les nazis firent d'ailleurs très attention à ceux qu'ils nommaient comme recteurs; aussi le cas Heidegger est-il sans appel.
Pourtant, la lecture de Weinreich montre que le philosophe, en raison du langage abscons propre à sa discipline, n'avait pas le poids que la polémique philosophique lui a donné depuis quelques décennies. «Il formule sa pensée dans le langage scientifique auquel il est accoutumé», souligne Weinreich, pour en limiter l'impact.
En revanche, l'impact des juristes comme Carl Schmitt fut bien plus important. Ce brillant professeur de droit savait écrire. Son style précis et accessible lui a permis de toucher les Allemands. Sa fameuse dialectique de «l'ami/ennemi» joua ainsi un rôle central dans «le processus de nazification», prétend Weinreich. L'essai de ce dernier, très aisé à lire, représente, comme le dira sir Martin Gilbert, «un réquisitoire sans appel contre l'élite intellectuelle allemande». Il est à relire aujourd'hui pour saisir la puissance oubliée des idées. Bonnes ou mauvaises.