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Le régime de Vichy a mis en place les premiers instruments de planification de l'économie par l'État en France, parallèlement aux réflexion identiques menées par le comité général d'étude du Conseil national de la Résistance à partir de 1942-1943 ainsi que par le Comité français de la libération nationale à Alger en 1944. Le régime de Vichy créé la délégation générale à l'Équipement national (DGEN) (loi du 23 février 1941) et décide du principe d'un plan (loi du 6 avril 1941). La DGEN présente en mai 1942 en un document de 600 pages un plan de 10 ans visant un rattrapage industriel et technologique et une urbanisation contrôlée[18]. Ce plan ne prévoit pas de nationalisation, le rôle de l'État étant de stimuler, orienter et financer l'investissement privé, mais non de le remplacer.
Les réalisation issues du plan de Vichy furent limitées. Concernant les grands travaux : mises en valeur de la Sologne et de la Crau, prémisses du pont de Tancarville, tunnel de la Croix-Rousse à Lyon, plusieurs chantiers de barrages hydro-électriques[19]. Au total, seule la "tranche de démarrage" sur deux ans du plan fût lancée mais elle sera reprise par le gouvernement De Gaulle à l'automne 1944[20]. Pour sa part, la DGEN servira pour une part de base au futur Commissariat au plan, avec presque le même personnel[21] et pour une part "l’ossature du Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme dirigé par Raoul Dautry" en 1944 selon le politilogue Romain Pasquier (CRNS-IEP de Rennes)[22].
L'historien américain spécialiste de Vichy Robert Paxton estime que "c’est dans l'administration publique, dans la modernisation et la planification économique que les mesures – et le personnel – de Vichy se perpétuent avec le plus d’évidence" après 1945[23].