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LE fascisme. Voilà l’un des mots emblèmes de ce siècle. Mille fois, il a été clamé dans la rue, pendant les années 30, d’abord, puis repris dans bien des manifestations : « Le fascisme ne passera pas. »
Le fascisme. Ce mot est devenu une insulte. Et, le plus souvent, les hommes politiques, quel que soit leur camp, en affublent leurs adversaires.
Qui le revendique encore ? Ce mot a été tant de fois employé, appliqué à des hommes différents, à des groupements opposés, qu’on ne sait plus le distinguer précisément de son frère, le nazisme. Fascisme, nazisme, n’est-ce pas la même chose ? L’Allemagne nazie a, d’ailleurs, joué un tel rôle dans l’histoire du siècle, elle a, à tel point, monopolisé la violence, et les condamnations, Hitler a tenu, à tel point, le devant de la scène, qu’on oublie que le fascisme, au sens précis du mot, est né ailleurs et que Hitler n’a pas été le créateur de ce mot, de cette idéologie, de ce parti.
Fascisme, Etat totalitaire : ces mots, qui sont les plus significatifs du XXe siècle, sont nés à Rome et leur inventeur fut Benito Mussolini, un homme souvent caricaturé et qui prêtait, parfois, à rire. Quand on le voit, encore aujourd’hui, dans les bandes d’actualité de l’époque, on rit incontestablement. Et quand Charlie Chaplin, dans le Dictateur, met en scène Hitler et Mussolini, c’est d’abord de Mussolini dont on rit
Les hommes politiques français de l’époque l’appelaient « César de Carnaval ». C’est vite dit. Ce César de carnaval gouverna l’Italie de 1922 à 1943 et ce Duce, dont on rit encore, fut, en fait, le précurseur de Hitler…