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REFORME EDUCATION NATIONALE. Emmanuel Macron a détaillé les principales mesures de son programme en matière d'éducation, jeudi 17 mars. Le chef de l'État promet "un pacte nouveau" avec les enseignants, un meilleur accompagnement des élèves et une plus grande autonomie pour les équipes pédagogiques.
Sommaire
Une grande concertation avec l'Éducation nationale
Une hausse des salaires sous condition pour les enseignants
Le retour des mathématiques au lycée
Lors de la présentation de son programme, le jeudi 17 mars, à Aubervilliers, Emmanuel Macron a défendu son bilan en matière d'éducation durant son quinquennat. Le candidat à sa propre succession a notamment estimé que les "résultats sont là" pour les réseaux d'éducation prioritaire (REP) et a promis d'intensifier les moyens pour transformer et rénover un système scolaire "cadenassé." "Si je devais résumer notre système, nos enseignants ne se sentent pas reconnus et ils ont raison. Les familles sont confrontées à des problématiques d'absentéisme (…) et les enfants continuent à manquer de confiance." Le chef de l'État espère que les efforts menés au cours de son mandat paieront. "L'investissement se verra dans quelques années", a-t-il affirmé. Après avoir fait le bilan de son quinquennat concernant l'éducation, le candidat LREM à la présidentielle a dévoilé plusieurs propositions issues de son programme.
Une grande réunion avec l'ensemble des acteurs de l'Éducation nationale
C'est la première mesure d'Emmanuel Macron s'il est élu lors de l'élection présidentielle les 10 et 21 avril prochain. "Une large concertation pour discuter de la meilleure manière pour atteindre des objectifs nationaux" au début de son deuxième quinquennat. Cette grande réunion doit permettre "un travail collectif au niveau local, avec l'ensemble des parties prenantes, une concertation de terrain." Parmi les acteurs invités à répondre à l'appel, on retrouve les enseignants, les équipes administratives des établissements, les parents d'élèves, les associations, mais aussi les élus "pour changer de mode de fonctionnement." Une première mesure qui vise à "des formes nouvelles d'organisation" notamment au niveau régional. "Les programmes et les examens demeurent nationaux, mais il faut assumer plus de liberté", a-t-il souligné.
Nouvelles missions et hausse des salaires pour les enseignants
Le grand axe de la politique d'Emmanuel Macron en cas de réélection concerne les enseignants à qui il promet "un pacte nouveau". "Si on laisse les choses comme elles sont aujourd'hui et qu'on se réfugie derrière une égalité de principe qui n'est pas réelle. On ne remplit pas la mission", a-t-il affirmé. Cette volonté du président de la République s'explique notamment par l'absentéisme des enseignants. La Cour des comptes estimait en décembre dernier que ce phénomène "provient du fonctionnement même de l'Éducation nationale", notamment avec une formation continue obligatoire qui empiète sur les heures d'enseignement.
Le chef de l'État souhaite mettre en place un système basé sur le volontariat avec "de nouvelles missions pour les enseignants, de nouveaux moyens de s'engager dans les projets pédagogiques : suivi des élèves, accompagnement, activités périscolaires… " Ainsi, les professeurs qui sont "prêts à s'engager" seront augmentés. "Je suis prêt à dire que les enseignants qui ne souhaitent pas faire ces missions alors ils ne seront pas augmentés dans leur rémunération", a-t-il lâché. Une mesure à double tranchant et qui varie "en fonction du territoire " ou des activités prises en charge par les enseignants. "Je l'assume car ils (les enseignants) ne font pas tous la même chose (…), nous le savons", a-t-il ajouté.
Le programme d'Emmanuel Macron promet plus de liberté aux établissements scolaires. Il faut "valoriser l'expertise de terrain et donner plus de liberté aux équipes pédagogiques, parfois de recruter sur profil." Pour élargir le champ d'actions des directeurs d'établissement, le candidat à la présidentielle souhaite "mettre à disposition les résultats de toutes les évaluations" d'une classe ou d'un établissement. Une façon, selon lui, "de diffuser les bonnes pratiques" dans les autres régions. "On doit pouvoir donner les moyens aux directeurs d'école, à l'équipe pédagogique de mesurer les changements et pas seulement avec la visite de l'inspecteur académique toutes les X années", a-t-il déclaré.
Le retour des mathématiques au lycée
Les mathématiques font leur grand retour. Véritable trou noir de la réforme du baccalauréat, la matière n'est plus obligatoire en lycée général. Le président candidat promet de la réintégrer au tronc commun après avoir constaté la baisse du nombre d'élèves qui choisissent les mathématiques en option. D'autres matières sont également dans le viseur du chef de l'État, notamment l'enseignement de l'éducation physique et sportive au primaire et au collège, qu'il souhaite renforcer, tout comme l'enseignement de l'éducation artistique et culturelle. Le "pass culture" pourrait être appliqué dès le collège. Enfin, l'orientation des élèves interviendra "dès la cinquième permettant de mieux connaître les métiers."