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L'héritage des grandes invasions : quand les Romains ont tout changé
L’héritage des grandes invasions 3/6 - « Nos ancêtres les Gaulois... », proclamaient autrefois les livres d'histoire. Sauf que d'autres peuples ont aussi participé à la fondation de ce qui sera plus tard la France. Comme les Romains.
En 51 avant J.-C., avec la reddition du dernier bastion gaulois d'Uxellodunum, un an après la défaite d'Alésia, la Gaule n'est plus indépendante mais gallo-romaine... Une invasion qui a complètement changé, voire éradiqué, le mode de vie de nos ancêtres. Tout commence en - 58 avec Jules César et la guerre des Gaules. Sept décennies après la première implantation romaine sur le territoire de l'actuelle France, du côté de Narbonne, le conquérant joue sur les rivalités entre les différentes tribus gauloises et soumet grâce à cette tactique l'ensemble de la Gaule en six ans.
« A cette époque, la Gaule est simplement une zone géographique divisée en trois parties n'ayant aucun rapport entre elles au niveau de la langue et de la culture. Une soixantaine de petits Etats constamment en guerre les uns contre les autres font des prisonniers, qu'ils vendent comme esclaves aux Romains », explique Jean-Paul Demoule, archéologue et professeur à l'université Paris-I.
La culture gauloise disparaît
En 52 avant J.-C., les Gaulois forment cependant une grande coalition regroupant la plupart des tribus dont Vercingétorix, originaire d'Avern (l'Auvergne actuelle), est désigné chef. Mais cela ne suffit pas : les Gaulois sont vaincus. « C'est une invasion très violente, poursuit le spécialiste. On compte au moins 500 000 Gaulois morts, sur une population estimée à 10 millions de personnes, plus 500 000 emmenés en esclavage à Rome. » En quelques générations, les Gaulois perdent complètement leur culture, leur langue, leur religion, dont il ne reste quasiment aucune trace.
Un peuple de conquérants
La Gaule reste romaine jusqu'aux invasions barbares. Pendant quatre cent soixante ans, les Romains ont parfaitement intégré le territoire et sa population dans leur empire. De nouvelles structures politiques et administratives sont apparues, les routes et les paysages redessinés, les villas — de grands domaines agricoles — ont poussé comme des champignons. Une véritable « romanisation » amplifiée par le fait que les Gaulois, à commencer par leurs élites, s'appliquent plus à imiter leurs vainqueurs qu'à conserver leurs traditions.