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Le travail manque. Je ne pense rien vous apprendre ici. Pourquoi est-ce un problème dans notre société actuelle d'ailleurs ?
C'est un problème financier personnel. Le travail génère du revenu pour les travailleurs. Plus de travail, plus de revenu et donc plus de subsistance.
C'est un problème pour l'état. Moins de travailleurs = plus de chômeurs. Et si le nombre de chômeurs augmente, le montant des prestations sociales aussi.
C'est un problème de société. Plus de chômeurs = plus de personnes stigmatisées. Être au chômage est rarement bien vécu et est considéré dans l'esprit collectif comme une tare (des personnes qui vivent au crochet des autres, qui ne cherchent pas d'emploi, voire des fois qui sont fainéantes).
C'est un problème d'épanouissement personnel. Le chômage place les individus en marge de la société sans moyen de s'épanouir via un travail rémunéré. En effet le but du chômage c'est bien d'en sortir et de chercher du travail, on a déjà vu plus épanouissant.
Si nous y réfléchissons un peu, est-ce que ce manque de travail n'est pas plutôt une bonne nouvelle ?
En quoi est-ce une bonne nouvelle ?
L'Homme a passé les deux derniers siècles à inventer des moyens de rendre ses tâches moins pénibles et contraignantes. Après la révolution industrielle, toutes sortes de machines sont venues remplacer l'Homme dans un grand nombre de secteurs. Vous avez certainement tous en têtes les robots des chaînes de montage industriel ou plus récemment les caisses automatiques dans les supermarchés : plus rapides, plus pratiques, moins coûteux. Le « progrès » en quelque sorte. Si l'on prend un peu de recul, nous avons presque atteint ce dont nos ancêtres n'osaient rêver : s'épargner une grande partie des travaux laborieux et fastidieux (il ne faut pas oublier que la moissonneuse-batteuse ne date que du milieu des années 1900 par exemple).
La bonne nouvelle est que maintenant que nous avons atteint ce stade et que nous continuons à aller dans ce sens : nous n'avons plus qu'à en profiter et à savourer ! Enfin presque ...
Pour en profiter, il va falloir réfléchir
Vouloir s'épargner un travail laborieux et répétitif semblait louable. Le problème vient du fait que personne n'a réellement anticipé une des conséquences inévitables de cela : puisque le revenu (l'argent que chacun d'entre nous gagne) est lié au travail, si nous supprimons le travail, nous supprimons une partie des sources de revenu.
Nous entendons donc partout qu'il faut plus de croissance, car plus de croissance signifie plus d'activité et donc plus de travail. Mais ne marcherions nous pas sur la tête ? La sacro-sainte croissance ne peut être une solution à long terme. Les ressources de notre Terre se tarissent à vitesse grand V, et à un moment produire plus ne sera plus possible. Il faudra forcément « décroître » et trouver autre chose. Alors pourquoi ne pas commencer à chercher maintenant ?
Une solution alternative : le revenu de base
L'idée du revenu de base est de découpler le revenu du travail, tout du moins une partie. Avoir un revenu serait alors un droit, peu importe si la personne effectue un travail salarié. Ce revenu serait inconditionnel et devrait permettre de vivre si l'on ne perçoit que lui. Les personnes seraient alors libre de choisir la manière dont elles souhaitent contribuer et ajouter de la valeur à la société : travail salarié (pour gagner plus que le revenu de base), bénévolat, s'occuper de sa famille (enfants et/ou personnes âgées dépendantes), etc.
Pour moi le déclic est venu d'une vidéo sur youtube qui explique tout cela parfaitement. Rendez service à la société et à vous même, allez la regarder : Revenu de base en version complète 1h35mn.
Si vous êtes atteint d'un des maux du 20 ème siècle le plus commun et que vous aussi vous n'avez pas le temps, voici deux versions plus courtes :
Revenu de base en 45 mn ou encore plus court Revenu de base pour les pressés en 7 mn
L'idée paraît utopique au premier abord, mais plus vous y penserez et vous documenterez dessus, plus elle vous apparaîtra réalisable. Éric explique qu'il a mis deux ans à dépasser ses préjugés dans son article sur le revenu de base. Et vous, combien de temps ça vous prendra ?
Pour finir, voici le site français de référence sur le sujet : http://revenudebase.info.
À vous de jouer maintenant !
Un monde sans travail
Pourquoi demander la création d'emploi lorsque ce que nous voulons réellement c'est plus de temps libre, plus de liberté et plus de loisirs? La plupart des travaux et bientôt tous les travaux que font les êtres humains, pourront être fait mieux, plus vite et à un coût bien moindre par des machines et des robots. Les robots produisent déjà les voitures dans le monde entier en sollicitant une main d'œuvre très réduite et cela sera bientôt complétement automatisé.
UN ÊTRE HUMAIN NE DEVRAIT PAS AVOIR A FAIRE CE QU'UNE MACHINE POURRAIT FAIRE
C'est également valable pour la nourriture. Les légumes produits dans les exploitations agricoles seront cultivés et récoltés par des robots, avec une technologie qui existe déjà. Des camions robotisés peuvent alors livrer le produit directement aux consommateurs qui feront leur choix en ligne.
Les services sont eux aussi tous en train d'être automatisés. Les distributeurs automatiques de billets, les achats en ligne, l'assistance-annuaire sont juste quelques exemples. Même les robots chirurgicaux effectuent déjà des opérations plus précisément que de vrais chirurgiens.
LES GENS NE VEULENT PAS PLUS D'EMPLOIS ILS VEULENT PLUS DE TEMPS LIBRE
La technologie évolue de façon exponentielle. La singularité, le moment où la puissance d'un ordinateur et son intelligence artificielle surpassera la capacité d'un cerveau humain, est prédit dans une dizaine d'année. Cela va créer une rupture de la société humaine qui verra les machines intelligentes prendre en charge toutes les tâches nécessaires à son bon fonctionnement et son développement, y compris, scientifique, technologique et peut-être même philosophique. Les gens seront servis par des machines beaucoup plus intelligentes qu'eux mais conçues pour être totalement dévouées à leurs maîtres.
Chacun pourra exprimer ses besoins à des ordinateurs très puissants qui vont gérer les ressources de la planète et contrôler la production et la distribution afin d'optimiser la satisfaction des besoins.
Que nous soyons pour ou contre la singularité technologique et notre remplacement par des machines intelligentes est sans importance. Le processus ne peut pas être arrêté. C'est comme vouloir arrêter l'arrivée de l'imprimerie, l'électricité ou l'Internet. Il n'y a pas de retour en arrière possible.
LES MACHINES INTELLIGENTES SONT AU COEUR DE LA REVOLUTION
Le Paradisme est le mouvement qui prépare le mieux l'humanité aux transformations qui sont en train de donner naissance à une société sans travail. Le reste de l'échiquier politique ne cesse de promettre aux gens plus d'emplois et ne fait que créer plus de friction et de chaos qui mettent en péril notre survie. Ils nous donnent une vision pessimiste de l'avenir alors qu'en réalité, il sera glorieux. Ne vous laissez pas illusionnés. Demain les seuls emplois que nous créerons seront pour les machines. Et c'est une très bonne chose.
DONNER LE TRAVAIL AUX MACHINES ET LIBERER L'ETRE HUMAIN
Historique du travail des enfants et de son abolition en France
Le travail des enfants a toujours existé et ce depuis l’Antiquité, qu’il s’agisse de travail en agriculture ou dans les ateliers. L’enfance est alors une période courte et les enfants participent aux tâches domestiques et agricoles dans le cadre familial.
C’est à partir du Moyen Âge, que les enfants commencent à travailler hors du foyer pour répondre à la fois à la demande d’employeurs à la recherche de main-d’œuvre peu coûteuse et au besoin des familles pauvres de subvenir à leurs besoins : les garçons sont affectés aux travaux des champs et les filles travaillent comme servantes, l’éducation ne bénéficiant qu’aux enfants de milieux favorisés.
Cette situation se poursuit jusqu’à la fin du 18 ème siécle : les garçons sont placés comme valets de ferme à la campagne , ou chez des patrons, les filles sont domestiques. Leur salaire sert de supplément à celui des parents et permet entre autres de subvenir à leurs propres besoins.
La période de l’industrialisation, en France et en Angleterre notamment, correspond à une période de très forte activité exigeant beaucoup de main d’œuvre : les industriels recrutent en masse dans les usines, les mines ou les chantiers. Ceci se traduit en France par un très fort exode rural. Les ouvriers ayant un faible revenu et de nombreux enfants, encouragent ceux-ci à entrer avec eux à l’usine où ils effectuent les tâches subalternes dans les mêmes mauvaises conditions que les adultes.
Le travail des enfants, avec celui des femmes, a trois avantages pour les industriels :
1° Il permet de faire pression à la baisse sur les salaires des ouvriers adultes masculins ;
2° il permet de livrer la famille entière au travail ouvrier, ce qui accélère la rupture avec le monde rural traditionnel ;
3° enfin, il fournit une main-d’œuvre plus abondante, permettant d’utiliser les machines à plein rendement.
La souplesse et la petite taille des enfants sont utilisées pour des travaux précis que les adultes ne pourraient pas effectuer. Le travail est très précoce : les enfants de quatre ans sont assez recherchés afin d’être « formés » sur les machines dès qu’ils en ont l’aptitude physique. On les retrouve dans les mines poussant des wagonnets dans les galeries , dans les ateliers de tissage etc…
Les faits qui ont contribué à s’interroger sur l’état des enfants
Au début du XIXe siècle, des enfants de 5 ans travaillent couramment 15 à 16 heures par jour dans le textile, les mines ou les chantiers . Les pouvoirs publics finissent par s’émouvoir, non pas des souffrances endurées mais des statistiques fournies par les conseils de révision. Les enfants ouvriers étaient si mal portants qu’on devait déclarer inaptes plus des deux tiers. On risquait de manquer de travailleurs, c’est cela qui a alarmé les autorités.
Parallèlement les esprits éclairés s’expriment également ; ainsi écrit Victor Hugo :
« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison, le même mouvement
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las… »
Victor Hugo, Melancholia, 1856
Le docteur Villermé a donc été chargé par l’Académie des Sciences d’un rapport sur l’état de santé des ouvriers des manufactures quelques années après la Révolte des Canuts en novembre 1831 à Lyon, la première insurrection sociale de l’ère industrielle.
Son travail, intitulé Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, paru en 1840 et connu sous le nom de rapport Villermé a eu un grand retentissement et a été à l’origine de la loi sur le travail des enfants dans les manufactures, la loi Cunin-Gridaine du 22 mars 1841.
Plusieurs lois vont ainsi être mises en place pour limiter le travail des enfants :
1841 : loi applicable dans les manufactures, usines, et ateliers limite l’âge d’admission dans les entreprises à 8 ans, mais uniquement dans les entreprises de plus de 20 salariés ; interdit le travail de nuit pour les enfants de moins de 13 ans ; limite le temps de travail à 8 heures sur 24 pour les enfants âgés de 8 à 12 ans et le limite à 12 heures pour les enfants âgés de 12 à 16 ans .
1851 : Durée du travail limitée à 10 heures au dessous de 14 ans et à 12 heures entre 14 et 16 ans. Interdiction du travail de nuit pour les moins de seize ans et tend à généralisation de ces dispositions à tous les établissements.
1874 : Interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans, du travail de nuit pour les filles mineures et pour les garçons de moins de 16 ans. Le repos du dimanche devient obligatoire pour les ouvriers âgés de moins de 16 ans.
1892 : La durée maximale de travail est ramenée à 10 heures quotidiennes à 13 ans, à 60 heures hebdomadaires entre 16 et 18 ans, et un certificat d’aptitude est nécessaire.
Ces lois ne seront mises en place que très progressivement , d’une part du fait de la réaction des industriels qui fustigeaient l’état de se mêler de la vie des entreprises, d’autre part du manque à gagner que l’interdiction du travail des enfants entraînait pour les parents, mais aussi du manque de moyens des inspecteurs à faire appliquer ces lois, (le corps d’inspection du travail est créé à partir de 1892 ).
Seule la scolarité obligatoire mettra fin au travail des jeunes enfants (Loi jules Ferry en 1882) ; un système de compensation du manque à gagner pour les parents dû à l’interdiction du travail des enfants et à leur scolarisation sera mis en place très progressivement , il s’agit du dispositif intitulé « allocations familiales ». La loi Ferry de 1882 organise ainsi l’enseignement primaire obligatoire et laïc pour les enfants de 6 à 13 ans. Cette loi fut renforcée en 1892, les enfants étant obligés d’obtenir leur certificat d’étude (vers 12-13 ans) pour pouvoir travailler . Puis en 1936 car la scolarité devient obligatoire jusqu’à 14 ans, et ensuite en 1959 où la scolarité devient obligatoire jusque 16 ans, à travers l’adoption de la charte des droits de l’enfant par l’ONU.
C’est ainsi que, progressivement, l’enfance passée au travail se transforme en enfance passée à l’école !