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Combien de virus respirons nous ?
Nous inhalons en moyenne 200 000 virus par minute, soit 3333 virus par seconde ou 105 milliards par an !
Le saviez-vous ? au repos, un être humain respire 10 litres d’air par minute. et jusqu’à 50 litres lors d’un effort physique conséquent.
Les virus sont de l’ordre de grandeur du micromètre (0.001 millimètre) et sont présents partout. Ils appartiennent à la famille des vivants (même si cet aspect est un débat), mais on ne connait que peu de chose sur eux. Ils sont l’une des dernières frontières dans l’exploration biologique sur Terre.
Des chercheurs Sud-Coréens ont mené une étude métagénomique (étude génétique d’échantillons trouvés dans la nature) sur l’atmosphère au niveau du sol. Celle-ci, première du genre, évalue entre 17 000 et 400 000 le nombre de virus inhalé jusquà nos poumons chaque minute. Lors d’un footing, il est possible d'en respirer jusqu’à 2 millions à la minute.
Plus généralement, l’étude de cette population invisible a été faite dans différents types d’endroits et pendant différentes périodes, afin de mieux comprendre les facteurs influenceurs de la propagation virale. Trois sites différents ont été retenus à Séoul : un quartier résidentiel, un milieu industriel et une forêt. Les relevés ont duré plusieurs mois et consistaient à capter les organismes inférieurs au micromètre grâce à une sorte de filtre liquide, à les nettoyer, extraire l’ADN pour enfin les comparer aux banques de données existantes.
Etonnant : l’amplitude des résultats ne dépend pas du milieu de capture, mais de la période pendant laquelle elles ont été effectuées. En effet, l’air contient plus de virus en hiver. Un pic est atteint en janvier pour redescendre avec l’arrivée du printemps.
D’un point de vue scientifique, l’aspect le plus intéressant de l’étude est la découverture de nombreux virus.
Plus de la moitié des séquences génétiques analysées n’appartenaient à aucune base de données, l’essentiel étant de simples branches d’ADN, tels les Geminiviridae. Ce sont des découvertes logiques lorsque l’on sait que très peu de recherches ont été réalisées sur l’écologie microbienne de l’air, notamment car ces analyses sont très complexes et relativement longues à réaliser. Aujourd’hui, les études sont aidées par la métagénomique. (source : biolaune)
"La fabrique de l'ignorance" sur Arte : Quand les industriels instrumentalisent la science contre l'environnement
Freiner le progrès de la connaissance en utilisant la science contre elle-même : c’est la stratégie utilisée par certains industriels pour faire naître un doute sur la toxicité de leurs produits, ou remettre en question le réchauffement climatique. Un mécanisme décortiqué dans le documentaire La fabrique de l’ignorance, diffusé ce soir sur Arte, et disponible jusqu’au 23 avril sur le site internet.
Pourquoi a-t-il fallu près de 50 ans pour admettre la toxicité du tabac ? Comment se fait-il que certains questionnent encore l’origine humaine du réchauffement climatique ? "Il n’y a pas de consensus " entend-t-on parfois dans les médias, et sous la plume même de scientifiques. Mais de quel consensus parle-t-on ? En revêtant les habits de juge et d’arbitre "la science est devenue une activité à influencer, à miner ou à corrompre" pose d'emblée le documentaire "La fabrique de l'ignorance", réalisé par Pascal Vasselin et Franck Cuveillier. Diffusé ce soir sur Arte, il est également disponible sur le site internet de la chaîne jusqu'au 23 avril. Par le biais de témoignages de scientifiques, de professions de foi et de mea culpa, l'enquête dévoile et décortique les techniques innovantes et encore méconnues mises en œuvre par les industriels pour semer le doute sur la dangerosité de leurs produits.
Un mécanisme initié par l'industrie du tabac
La stratégie fleurit dans les années 50, aux États-Unis. L’industrie du tabac entre alors en crise : la recherche scientifique révèle que la cigarette provoque des cancers du poumon et accidents cardiovasculaires. Impossible pour le secteur de contester les résultats. Mais les géants du tabac n'entendent pas se laisser faire et font le pari de financer leurs propres laboratoires. "L’utilisation de la science contre la science est un véritable tournant, un renversement ", souligne dans le documentaire Naomi Oreskes, professeure d'histoire des sciences à l'Université de San Diego, en Californie.
L’objectif est de produire des études scientifiques alternatives qui attribuent aux cancers du poumon d'autres origines, comme la génétique ou la pollution de l'air. Le tabac devient une cause de cancer comme une autre. Semer le doute dans l'opinion publique permet alors de "gagner du temps" soulignent à l'unisson les scientifiques interrogés. Une stratégie efficace, puisque l'industrie du tabac ne sera condamnée que 40 ans plus tard.
La mécanique a depuis largement été reprise et déclinée. Bisphénol A, réchauffement climatique, néonicotinoïdes... l’enquête revient sur ces grandes controverses fabriquées par l'industrie qui animent le débat public depuis des décennies. Et retardent les prises de décisions politiques.
Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux
La diffusion de cette science alternative a été démultipliée avec le développement des réseaux sociaux. "Pour la communauté scientifique quasi unanime, le réchauffement climatique est sans équivoque et l'influence de l'homme est claire", constatent les auteurs. "Mais pour autant le consensus ne s'impose pas sur les réseaux". Pour une raison simple : "Les climatosceptiques sont à la fois moins nombreux et plus actifs. Ils contrebalancent le débat", décrypte l'Institut des systèmes complexes de Paris. Cela suffit à alimenter une controverse... là où il n'y en a pas.
La volonté de détourner la science n'est pas nouvelle, souligne cependant le documentaire. Ce n'est ni Galilée, ni Copernic, censurés et condamnés, qui affirmeraient le contraire. "Il y a 300 ans les progrès scientifiques se heurtaient à l'église", détaille Linsey Mc Goey, professeure de sociologie à l'Université d'Essex. "Mais aujourd’hui c’est le marché qui prend le rôle de l’église, c’est l’économie qu’il est devenu difficile de contester". Une chose est sûre, conclut l'enquête : cancers, victimes du réchauffement climatiques, montée des eaux… "Quelques soient les croyances, la réalité finit par s’imposer".
Pauline Fricot, @PaulineFricot
La science est actuellement dans une forte zone de turbulences. Parce que l’analogie trop hâtive entre la science et le progrès amène inéluctablement des désillusions sur l’incapacité « scientifique » à répondre aux nombreux défis, notamment environnementaux, de notre planète. Parce qu’il est de plus en plus délicat de délimiter une frontière entre ce qui relève réellement d’une démarche scientifique, enfin parce que celle-ci représente un enjeu de combat entre intérêts divergents, ce qui entraîne fréquemment une reprise de l’argument scientifique dans une perspective de légitimation d’un propos, la science se retrouve alors instrumentalisée dans un champ de controverses.
La science, une légitimité en trompe-l’œil
Le prestige de la science est intact et, à l’heure de la défiance généralisée, le scientifique reste un des rares interlocuteurs à bénéficier d’un taux de confiance élevé. Pour autant, sa légitimité apparaît de plus en plus contestée.
Si l’on estime que la démarche scientifique est apparue il y a plus de 2 500 ans à Babylone chez des scribes qui élaboraient des méthodes de prévision des mouvements des planètes, on s’aperçoit que l’activité scientifique a considérablement évolué. La spécialisation a démarré aux XIIe-XIIIe siècles avec le développement des universités, le poids de la religion s’est progressivement amenuisé et les découvertes scientifiques sont devenues de plus en plus le fruit d’un travail d’équipes et non plus d’un individu isolé dans son laboratoire. Les montants investis sont importants et reflètent le poids dans l’économie mondiale des grandes puissances économiques. La recherche indépendante tend à disparaître, la recherche publique stagne et les grandes avancées sont essentiellement le fait des impulsions de la R&D des entreprises. Pour la France les domaines les plus concernés sont l’automobile, l’aéronautique et l’industrie pharmaceutique. Les publications scientifiques sont devenues le graal de tous les chercheurs. 40 000 sont recensées par l’Association internationale des éditeurs scientifiques qui génère un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros, ce qui représente cinq fois plus que l’ensemble du marché mondial de la musique et, caractéristique majeure, 80 % de ces publications sont anglo-saxonnes. La perception que nous avons de la science doit tenir compte de ces évolutions.
Les limites de l’activité scientifique
Dans un monde qui paraît de jour en jour davantage déboussolé, la tentation croît de s’en remettre à la science pour fixer un nouvel horizon. Pourtant, et sauf à verser dans une tentation scientiste, celle-ci ne saurait avoir pour ambition de régir les destinées du monde. Le débat revient régulièrement avec les publications du GIEC que d’aucuns trouvent trop prudentes en termes de recommandations. C’est confondre l’activité scientifique et l’activité militante ou politique. La science nous apporte des résultats, à nous d’en tirer les conclusions. Comme l’indique clairement Aurélien Barrau, « Toute velléité hégémonique de la science est à proscrire »1. L’activité scientifique possède ses propres limites.
Comme l’a mis en évidence Karl Popper, la recherche scientifique, contrairement à l’idéologie, ne vise pas à accumuler des arguments en faveur d’une thèse. Elle vise à confronter une hypothèse à la réalité et aux connaissances établies. Un résultat scientifique est toujours susceptible de réfutation, le doute est une qualité fondamentale d’un chercheur.
Certes, il existe des certitudes scientifiques et plus personne ne remet en question la rotondité ou l’âge de la Terre, mais l’humilité, la remise en cause sont des caractéristiques d’une démarche scientifique intègre.
Alors que la politique et la sphère médiatique exigent des réponses binaires, la science ne peut répondre ainsi. Sur un grand nombre de sujets comme celui des faibles doses, des perturbateurs endocriniens, des nanoparticules, le lien de causalité est particulièrement délicat à mettre en évidence. De nombreuses avancées se font jour, notamment dans le domaine de la santé où les recherches sur l’exposome permettent désormais de considérer l’ensemble des facteurs environnementaux que subit un être humain tout au long de son existence. Cela conduit à la prise en compte de l’interaction entre les différents facteurs et non plus chaque effet pris séparément.
Par ailleurs, une nouvelle ère scientifique se préfigure. Celle de la remise en cause de certaines de nos certitudes, celle de l’indétermination, celle où l’on découvre que la présence d’un observateur peut influer sur les résultats. Nous avons longtemps été persuadés par la formule de Paracelse « C’est la dose qui fait le poison » jusqu’à ce que l’on découvre avec les perturbateurs endocriniens qu’une dose moyenne pouvait produire davantage d’effets qu’une forte dose, ce que les spécialistes appellent « l’effet fenêtre ».
De même, la théorie de l’effet papillon conceptualisée en 1972 par le météorologiste Edward Lorenz ouvrit la voie aux recherches sur le rôle de l’aléa scientifique et à la détection des signaux faibles.
La science a une temporalité incompatible avec le temps politique.
Si l’on a pu dire (peu importe qu’il s’agisse de légendes ou de vérités historiques) qu’Archimède a pu découvrir son théorème de la poussée des fluides en prenant son bain et Newton la théorie de la gravitation en voyant tomber une pomme, la réalité du travail scientifique nécessite désormais des moyens et des procédures considérables. Le scientifique doit commencer par obtenir des fonds pour sa recherche, constituer une équipe, procéder à des expérimentations et si celles-ci sont concluantes, doit les faire valider dans une publication, ce qui prend de l’ordre de deux années. Pour reprendre l’exemple ci-dessus des phénomènes d’accélération, on s’aperçoit que le temps de la science peut parfois apparaître inadapté aux phénomènes exponentiels qui constituent l’anthropocène.
Nous découvrons seulement récemment que de nombreux sujets considérés comme favorables à la transition écologique révèlent des impacts environnementaux parfois très importants, jusqu’à faire douter qu’ils puissent représenter de réelles solutions. L’analyse du cycle de vie des éoliennes, des panneaux photovoltaïques, du véhicule électrique indique en effet des impacts non soupçonnés jusqu’ici. Leurs effets sont-ils dirimants et mettent-ils vraiment en cause leur caractère de « solutions », il est trop tôt pour le dire aujourd’hui.
Tout ceci ne réduit en rien l’importance que nous devons accorder à la science. Cela nous rappelle simplement qu’elle s’inscrit dans un champ de forces, un contexte politique et que ses résultats sont souvent précaires.
Fake news et rumeurs, la science digitalisée
La fake news, appelée aussi vérité alternative ou post vérité, est une information sciemment fausse, propagée intentionnellement et présentant toutes les apparences d’une vérité possible. Une information erronée, mais martelée en permanence peut parfois réussir à s’imposer dans l’espace public. Ainsi, durant la campagne du mouvement populiste britannique en 2016 pour le Brexit, son leader, Nigel Farage communiquait largement sur le fait qu’en sortant de l’Union européenne, la Grande-Bretagne pourrait économiser 350 millions de livres par semaine, soit l’équivalent de 430 millions d’euros. Le Brexit à peine voté, le leader du parti UKIP reconnaissait que « c’était une erreur ».
En 2018, le magazine Sciences publia une étude sur la propagation des fake news sur les réseaux sociaux2. Les conclusions furent édifiantes : les fausses nouvelles se diffusent plus rapidement et plus profondément que les informations vérifiées. L’étude indique que les données scientifiques, les campagnes électorales, les légendes urbaines et les affaires économiques sont plus particulièrement concernées.
En moyenne, il faut six fois plus de temps à une information vraie qu’à une fausse pour toucher 1 500 personnes.
La science est particulièrement concernée par l’explosion des fake news puisqu’elle intervient en argument d’autorité pour crédibiliser un message faux. Cela n’est en soi pas nouveau. Déjà en 1976, un feuillet présentant la liste des additifs les plus cancérigènes avait été mis en circulation. Celui-ci était à en-tête de l’hôpital de Villejuif afin de conférer une légitimité scientifique. L’information était totalement erronée, l’hôpital émit plusieurs démentis et pourtant, alors que les réseaux sociaux ne sont apparus que trente ans plus tard, sept millions de Français avaient reçu ce message.
« Bfmisation » scientifique
La complexité des relations entre la science et les médias peut s’analyser autour de trois axes :
D’abord, celui de la sélection des informations. Pour prendre les débats actuels en France autour de l’économie circulaire et de l’interdiction progressive du plastique à usage unique, la représentation médiatique s’effectue quasi exclusivement sous l’angle des images de sacs plastiques dans les océans et souvent avec des animaux entravés par des produits plastiques. Récemment, en février 2019, la revue Nature Geoscience a publié une étude révélant l’ampleur des microparticules de plastique dans les montagnes. Amenées par les courants aériens, celles-ci se révèlent fortement toxiques, justement en raison de leur petite taille. Pourtant, aucun grand média n’a relayé cette information, préférant mettre l’accent sur le plastique dans les océans, celui-ci se prêtant davantage à une mise en scène médiatique.
Ensuite, celui de la sélection des experts. Les chaînes d’information en continu recourent en moyenne à une cinquantaine d’experts quotidiennement (France Stratégie, novembre 2017). Pour conférer une perception de recul critique sur l’événement, les médias utilisent en appui de leurs propres journalistes, des experts pouvant intervenir soit en commentaires à chaud d’une actualité (JT d’information), soit au sein d’émissions de décryptage (exemple : C dans l’air). La sélection d’experts dans les médias a fait l’objet de nombreuses études d’où il ressort que le critère de médiagénie, de fluidité du discours est parfois supérieur à la réalité de l’expertise. On a pu observer que la qualité d’être bien référencé sur internet accroît la possibilité d’invitation médiatique. Les subtilités terminologiques et les distinctions entre un directeur de laboratoire universitaire, un professeur, un maître de conférences paraissent bien lointaines pour un média qui cherchera prioritairement à afficher la fonction d’ « expert en » sur le bandeau télévisuel.
Enfin, une caractéristique des médias est celle de la recherche permanente du débat, de la confrontation, voire même du clash, comme l’observait Christian Salmon3. De fait, on assiste à une mise en équilibre des points de vue afin de générer un débat. Si 99,9 % des climatologues affirment la certitude désormais absolue de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, les médias chercheront une voix discordante pour apporter la contradiction. Le domaine du réchauffement climatique est caricatural de cette tendance heureusement en déclin où des experts en biologie, mathématiques, géologie, s’installaient sur le plateau de télévision pour affirmer grâce à leur qualité de « scientifiques » leur opposition à la thèse d’un dérèglement climatique d’origine humaine.
La science, l’affaire de tous
Un autre paramètre, relativement récent dans cette tendance à la remise en cause de la légitimité scientifique, est celui de l’expertise citoyenne. Le mouvement pour une expertise citoyenne repose sur deux fondements, d’abord la perception d’une certaine appropriation de la science par des intérêts économiques au profit de projets de développement technologique, ensuite la croyance selon laquelle chaque citoyen serait le plus apte à évaluer la capacité d’un projet ou d’un produit à répondre à ses propres intérêts. Le principe d’introduction de la démocratie délibérative dans le champ scientifique n’est pas en soi contestable, il devra toutefois faire l’objet de nombreuses précautions pour réduire les risques de dérive.
L’instrumentalisation de la science
La science par son aura de légitimité et de crédibilité est au centre d’un combat permanent. Promoteur ou adversaire d’un projet ou d’une idée chercheront en permanence à utiliser l’argument scientifique à l’appui de leur démonstration. Plusieurs techniques sont ici employées.
La bataille des publications scientifiques
La publication scientifique obéit à des règles très strictes. Après que le chercheur – ou l’équipe de chercheurs – a adressé son projet d’article à une revue, celle-ci l’anonymise afin que les auteurs ne puissent être reconnus. L’article est alors adressé à des pairs, généralement deux. Ces relecteurs, qui n’ont pas d’indication sur l’auteur ni même sur l’autre relecteur, sont chargés d’évaluer – gratuitement – la validité de la méthode de recherche et la crédibilité des résultats.
Les deux auteurs doivent conjointement, et donc sans avoir pu se concerter, émettre un avis favorable pour permettre la publication. Dans la majorité des cas, des réserves sont apportées, ce qui conduit les auteurs à une nouvelle écriture. Ce processus appelé « peer review » (revue par les pairs) et « double blind » (relecture en double aveugle, car les deux relecteurs n’ont ni la connaissance de l’auteur, ni celle de l’autre relecteur) a fait ses preuves dans la légitimation du travail scientifique. Dans le domaine médical, la revue The Lancet, créée en 1823, publie plus de 1 500 articles par an.
Le fait d’avoir réussi à être publié par une revue scientifique apparaît comme la quintessence de la légitimité scientifique, ce qui explique les fortes pressions « publish or perish » pour y être référencé. La publication scientifique intervient comme une communication par la preuve de l’innocuité ou de la dangerosité d’un produit ou d’une activité. Les partisans d’un sujet sensible justifient leur position « pro » ou « anti » en fonction du nombre d’études publiées pouvant valider leur thèse.
Le funding effect
Professeure en nutrition et santé publique à l’Université de New-York, Marion Nestle a commencé en 2015 une étude visant à établir une éventuelle corrélation entre les études scientifiques financées par l’industrie agroalimentaire et les résultats en fonction de l’intérêt du financeur.
178 études ont ainsi été analysées et le résultat est sans appel « 156 études présentaient des résultats favorables au financeur et douze seulement des résultats défavorables »4.
Le même effet fut confirmé dans le domaine du médicament où les essais cliniques financés par l’industrie apparaissent quatre fois plus favorables au médicament testé que lors de recherches indépendantes. Les records de l’efficacité peuvent être attribués à l’industrie du tabac puisque les articles qu’elle finançait sur le tabagisme passif concluaient dans 98 % des cas à l’absence de risque. Et s’agissant du bisphénol A, 119 études indépendantes indiquaient un risque sanitaire possible, mais aucun effet décelé de ce perturbateur endocrinien lorsque l’étude était financée par l’industrie chimique.
Dans la quasi-totalité des cas, on ne saurait parler de malhonnêteté. Interrogés individuellement, les chercheurs n’ont pas le sentiment d’avoir été achetés, l’effet est plus insidieux. Insidieux mais implacable, raison de plus pour le faire connaître et en assurer la régulation.
La propagation du doute
Lors des grands procès de l’industrie du tabac qui se déroulèrent aux États-Unis au début des années 2000, l’ensemble des documents relatifs aux effets cancérigènes et aux stratégies de communication utilisées ont été rendus publics. Parmi eux, un mémo sans ambiguïté : « le doute est notre produit ». Celui-ci énonçait clairement que pour combattre l’importance croissante des preuves sur la nocivité du tabac, l’industrie devait propager le doute sur les preuves réelles de cette nocivité. L’objectif était de développer une importante masse de données scientifiques pour défendre l’industrie du tabac contre les attaques. Après avoir créé une façade de scientificité, le Tobacco Industry Research Committee, et avec l’aide d’agences de relations publiques, l’industrie adressera à près de 200 000 médecins une plaquette « A scientific perspective on the cigarette controversy ». Nous savons aujourd’hui grâce à ces documents que, dès 1953, l’industrie du tabac était parfaitement consciente des dangers de son produit. C’est donc clairement une stratégie de combat par la propagation du doute scientifique qui fut mise en place.
Dans leur ouvrage paru en 20105, Erick Conway et Naomi Oreskes montrent que cette « stratégie du tabac » a été appliquée à la plupart des grands enjeux écologiques ou de santé publique, comme l’amiante, le réchauffement climatique, les pesticides, les pluies acides ou le trou d’ozone.
Ainsi, la réalité du réchauffement climatique fut d’abord combattue dans son constat. Lorsque celui-ci fut sans ambiguïté, les climato-sceptiques eurent recours aux travaux d’historiens pour propager l’idée qu’il ne s’agissait que de variations naturelles. De même, durant les années 90, il fut déclaré que le phénomène des pluies acides n’était pas avéré et que de nouvelles recherches étaient nécessaires, puis lorsque le constat fut accablant, qu’elles pouvaient – elles aussi – être causées par des phénomènes naturels.
Pareillement sur le trou dans la couche d’ozone, l’industrie des chlorofluorocarbures, accusée à raison d’en être la cause principale, argumentera d’abord sur l’inexistence de toute preuve montrant que les fluorocarbures pouvaient atteindre la stratosphère, puis qu’ils ne pouvaient pas produire la chlorine responsable de l’augmentation du trou d’ozone, enfin que la chlorine en elle-même n’avait aucun effet sur l’ozone.
La stratégie du doute utilise le principe même de la science, à savoir la reconnaissance d’une réfutation possible.
Beaucoup de scientifiques participent bien malgré eux à cette suspicion sur la fiabilité de leurs études. En raison d’une quête incessante aux subventions, la plupart des publications scientifiques concluent sur la nécessité de nouvelles études pour valider les résultats, brèche dans laquelle se ruent ceux qui portent des enjeux financiers contraires.
Dans les faits, la propagation du doute s’observe très tactiquement et souvent grossièrement de manière suivante :
La survalorisation d’une erreur partielle ou d’un biais procédural ouvrant la possibilité de dénoncer l’absence de rigueur et donc la fiabilité des résultats. Cela fut utilisé lors du Climategate en 2009, lorsqu’on découvrit que le GIEC prévoyait dans son quatrième rapport une disparition totale de l’ensemble des glaciers himalayens pour 2035. Cette erreur était en fait une simple inversion de chiffres (2350) et bien qu’il soit quasi impossible d’éviter au moins une coquille dans un rapport de 2 000 pages, rien n’y fit et la polémique s’installa.
La discordance des résultats obtenus entre deux études.
La contradiction entre deux propos soit d’un même scientifique, soit entre scientifiques membres de la même équipe.
Le déni de toute scientificité, soit par la suspicion portée sur une équipe (le GIEC ne serait qu’un mouvement alarmiste et décliniste dont le seul but serait la recherche de subventions), soit par des attaques ad hominem. La biologiste Rachel Carson, qui publia une mise en cause argumentée contre le DDT en 1962, fut accusée d’être « émotive et hystérique » ; le professeur Seralini, auteur d’une étude critique contre les OGM en 2012, fut accusé de collaborer avec une société de phytopharmacie liée à un mouvement sectaire ; l’ancien vice-président du GIEC, le belge Jean-Pascal van Ypersele, fut présenté comme un censeur qui cherche l’intimidation. Le professeur Belpomme, qui publia en 2008 un rapport dénonçant l’usage du chlordécone dans les champs de bananes aux Antilles, apparut comme une personnalité provocatrice à la recherche de scoop. Un des pionniers des recherches en climatologie aux États-Unis, Stephen H. Schneider, fut qualifié en 1996 d’ « environnementaliste à toutes températures ». Fin observateur des pratiques de détournement de la science, le journaliste Stéphane Foucart le confirme « Les extracteurs de ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz) financent des campagnes de dénigrement de chercheurs »6.
L’astroturfing
L’Astroturf est un revêtement synthétique imitant les terrains de jeux gazonnés. Le terme, utilisé pour la première fois par le sénateur texan Lloyd Bentsen en 1986 dans le champ politique, décrit une stratégie de communication qui vise à occulter son émetteur principal7. Comme pour le gazon synthétique, elle cherche à apparaître vraie en dissimulant sa véritable identité. Ni les objectifs réels, ni surtout la véritable identité ne sont connus. Il y a dans l’astroturfing dissimulation de la source, mais aussi utilisation illégitime d’une autre identité.
L’astroturfing s’explique par l’extrême distanciation des citoyens envers le monde de l’entreprise perçu comme de moins en moins légitime.
Sur un grand nombre de sujets sensibles, la posture économique des entreprises les prive de la crédibilité nécessaire. Celles-ci ont parfois tendance à dissimuler l’origine réelle de leurs messages. Dans la plupart des cas, l’astroturfing vise à se donner l’apparence d’un mouvement citoyen à l’exemple de la Global Climate Coalition aux États-Unis qui n’est en réalité qu’un lobby financé par l’industrie pétrolière. En France, le « Réseau biodiversité pour les abeilles » est financé par l’industrie phytosanitaire. De nombreuses ONG estiment en analysant ses actions que ce « réseau » sert essentiellement à pénétrer les organes décisionnels et à intervenir dans les colloques pour minimiser le rôle des pesticides dans la disparition des abeilles.
Ainsi, pour donner l’apparence de scientificité à ses propres arguments, l’industrie pourra sans difficulté créer de toutes pièces un établissement possédant le terme « Recherche », « Académie », « Institut », dans son intitulé, ce qui rendra difficile l’opposition frontale, la Recherche ayant encore une forte légitimité. Il restera à celui-ci à créer ensuite sa propre publication et il pourra se prévaloir d’une image de rigueur scientifique auprès d’interlocuteurs notamment médiatiques, pas toujours informés des principes fondamentaux d’une réelle publication scientifique. Il suffit bien souvent de quelques pages pleines de termes techniques, de références scientifiques, si possible anglo-saxonnes, de graphiques, courbes, tableaux et quelques équations, et l’ensemble paraîtra être une étude scientifique. Plusieurs organes regroupent ainsi des experts ou scientifiques (souvent à la retraite) dans l’objectif de développer des arguments en soutien aux visées économiques de la filière. Aux États-Unis l’International Life and Science Institute (ILSI) en est un exemple. Financé par les principaux acteurs de l’industrie agroalimentaire, chimique et pharmaceutique, cet « Institut » produit des études qui visent à influer sur le processus de régulation des produits chimiques et alimentaires. Le board comprend 21 personnes dont 16 arborent leur doctorat. En Europe, le Centre européen pour l’écotoxicologie et la toxicologie des produits chimiques annonce promouvoir des solutions scientifiques crédibles et pratiques, il a toutefois l’honnêteté d’annoncer immédiatement sur sa home page qu’il est financé par l’industrie. Dans son ouvrage sur le rôle des lobbies8, Stéphane Horel présente l’alliance pour la recherche et l’éducation de la pomme de terre (pilotée par Mc Cain, le leader international des produits surgelés à base de pomme de terre), l’Institut nord-américain de la viande (qui n’est que la vitrine de la filière) ou l’organisation internationale de recherche sur le plomb et le zinc (une simple branche de l’industrie des métaux).
De même, l’Institut américain du pétrole créé en 1919, n’est qu’un pur organe de lobbying. L’Institut de recherche pour les flagrances est au service exclusif de l’industrie du parfum. Coca-Cola finançait discrètement le « Beverage institute of health and wellness » jusqu’à ce que des polémiques éclatent et que la marque révèle publiquement son soutien financier9. Stéphane Horel présente également deux cas un peu extrêmes ; celui de l’Institut national de la pizza surgelée, mais aussi, et cela fait moins sourire, le « joint European research medical board » qui prétendait promouvoir la recherche sur la sûreté des produits industriels, et qui était essentiellement « une organisation de lobbying qui élaborait la défense de l’amiante »10.
En dehors de la création de pseudo instituts de recherches, l’astroturfing peut emprunter la voix d’une apparence de scientificité pour créer une controverse et appuyer ainsi une stratégie de propagation du doute.
Le plus bel exemple est sans conteste l’appel de Heidelberg que Stéphane Foucart désigne comme étant « sans doute la plus formidable opération de communication scientifique jamais entreprise par un lobby industriel »11. À quelques jours de l’ouverture du Sommet de Rio qui, en 1992, devait marquer la première grande prise de conscience internationale environnementale des décideurs politiques et économiques, 70 prix Nobel publient un texte pour mettre en garde contre une certaine émotionalité, voire une dérive idéologique qui traverse le champ écologique. L’investigation journalistique menée alors par Roger Cans pour le journal Le Monde retrace sans ambiguïté l’origine de cet appel. Initié par le directeur de la communication d’une entreprise pharmaceutique, relayé par une agence de relations publiques, travaillé par un groupe de chercheurs réunis à Heidelberg, l’ensemble reçoit des subsides d’une fédération qui cherchera toujours à apparaître en retrait, l’industrie de l’amiante qui visait à l’époque – comme aujourd’hui celle des pesticides – à propager l’idée d’un « usage contrôlé de l’amiante ».
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La science, ou plutôt les sciences, se retrouve donc dans une zone de turbulences, contestée sur ses fondements, critiquée sur son incapacité à répondre souvent de manière non ambigüe, remise en question par l’explosion des fake news et d’une pseudo-expertise, instrumentalisée à des fins idéologiques ou de défense d’intérêt, le statut scientifique est aujourd’hui fortement remis en question. Nul doute que c’est en restant focalisé sur la rigueur de sa démarche sans tomber dans le piège du clash des opinions que le scientifique conservera l’intégralité du prestige qu’il mérite et dont la société a décidemment bien besoin.
Thierry Libaert
Professeur des universités
Président de l’Académie des Controverses et de la Communication Sensible
Membre du Comité Économique et Social Européen
Aurélien Barrau, De la vérité dans les sciences, Dunod, 2019, p. 20. ↩
Soroush Vosoughi, Deb Roy et Sinan Aral, « The spread of true and false news online », Sciences, 9 mars 2018. ↩
Christian Salmon, L’ère du clash, Fayard, 2019. ↩
Stéphane Horel, Lobbytomie, La Découverte, 2018, p. 82. ↩
Naomi Oreskes et Erik Conway, Merchants of doubt, Bloomsbury Press, 2010. ↩
Stéphane Foucart, Des marchés et des dieux : quand l’économie devient religion, Grasset, 2018, p. 213. ↩
Sophie Boulay, Usurpation de l’identité citoyenne dans l’espace public, Presses de l’UQAM, 2015. ↩
Stéphane Horel, op. cit. ↩
Coca-Cola, « Continuing transparency: evolution of the beverage institute of health and wellness », 14 septembre 2016. ↩
Stéphane Horel, op. cit. p. 118. ↩
Stéphane Foucart, La Fabrique du mensonge, Denoël, 2013, p. 83. ↩Souvent oubliée, la terre de diatomée mérite d’être (re)découverte, ne serait-ce que parce que c’est l’un des insecticides les plus efficaces tout en étant naturel. Découvrez avec consoGlobe, les différents usages de cette poudre écologique qui vous rendra bien des services dans la maison.
Si la terre de diatomée est utile dans la maison pour se débarrasser des insectes, ce n’est pas son seul usage : voici un petit passage en revue des moyens courants et moins courants d’utiliser ce produit ménager écologique.
La terre de diatomée, un insecticide naturel puissant
La terre de diatomée que l’on trouve dans le commerce est également appelée Kieselgur en allemand, ou encore terre d’infusoires. Vous entendrez parfois parler de Célite, mais il s’agit d’une marque et non d’un nom commun. Elle tire son nom de la diatomite, une roche sédimentaire siliceuse d’origine à la fois organique et fossile.
En l’occurrence, la terre de diatomée est une variété de diatomite et contient des restes fossilisés de diatomées, des micro-algues marines qui sécrètent un squelette siliceux que l’on retrouve dans des carrières.
- La terre de diatomée comme insecticide dans la maison
L’utilisation de la terre de diatomée comme insecticide maison naturel est probablement son usage le plus répandu, la terre de diatomée étant régulièrement vendue à côté des insecticides chimiques dans les supermarchés. C’est notamment un anti fourmi naturel efficace.
Dans la maison, on utilise le produit contre les punaises de lit. Pensez-y notamment si vous partez à l’étranger. On l’utilise aussi contre les cafards, les poissons d’argent ou les puces. On vise les couloirs et les endroits fréquentés par les insectes. Sur les fenêtres et les entrées, c’est particulièrement dissuasif.
- La terre de diatomée comme insecticide au jardin
À l’extérieur, au jardin bio, on utilisera la terre de diatomée contre les chenilles, les pucerons et nuisibles, en saupoudrant un peu de terre de diatomée autour des plants.
Précisons quand même que cela tue effectivement les animaux, donc si vous voulez seulement les éloigner il faudra trouver un autre anti-puceron naturel.
Au jardin, protégez les plantes traitées, car la terre de diatomée devient inefficace si mouillée.
- La terre de diatomée comme insecticide pour les animaux
Votre chien ou votre chat a des puces ? Pas de panique, on peut utiliser la terre de diatomée sans danger comme un anti-puces naturel. Voici comment :
1- Munis de gants, saupoudrez de la terre de diatomée chez vous, à l’intérieur et à l’extérieur, en faisant attention plus particulièrement aux tapis et aux recoins de votre logement susceptibles d’abriter ces parasites.
2- Puis donnez un bain à votre animal de compagnie et le saupoudrez de terre de diatomée sur l’ensemble du pelage tout en le caressant.
3- Le lendemain, aspirez la terre de diatomée à l’intérieur de votre foyer. Il est nécessaire de renouveler ces étapes une fois par semaine pendant trois semaines afin de tuer les larves non écloses au début du traitement.
- Et même pour les poules
Si vos poules sont infestées de poux rouges (ou en prévention), ayez le réflexe terre de Diatomée. Préférez la grise (plus volatil pour une meilleure dispersion) non calcinée (inoffensive pour les animaux) pour usage alimentaire.
Commencer par bien nettoyer le poulailler en enlevant toute la litière, puis équiper d’un masque et de gants, saupoudrer le sol, les murs et les perchoirs de poudre de Diatomée. Réinstaller une nouvelle litière à saupoudrer également si l’infestation est importante, mais pas besoin s’il s’agit d’une mesure préventive.
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Le saviez-vous : la terre de diatomée dans la production du vin
La terre de diatomée trouve des applications dans le vin et la brasserie, où elle est utilisée pour la filtration en raison de sa forte porosité. Ce n’est évidemment pas la seule application : au quotidien la poudre se révèle efficace pour bien des petits tracas, de la même manière que la terre de Sommières, avec laquelle on ne la confondra pas.
À cet effet, on calcine la terre de diatomée pour un usage en filtration. Au quotidien, on choisira une terre de diatomée non calcinée, afin de conserver les principes actifs, principalement la silice.
La terre de diatomée, un fort pouvoir absorbant
La terre de diatomée peut également être utilisée comme cosmétique naturel, mais également comme produit d’entretien en raison de ses vertus absorbantes.
- La terre de diatomée comme masque pour le visage
Comme masque pour le visage, nous utiliserons une autre propriété intéressante de la terre de diatomée, non pas ses capacités insecticides, bien sûr, mais son pouvoir absorbant.
Cette poudre est également un bon exfoliant : retrouvez donc notre recette maison du masque exfoliant à la terre de diatomée
- La terre de diatomée pour la litière du chat
La terre de diatomée est absorbante, disait-on : cela peut être précieux quand il s’agit de recueillir l’urine de votre compagnon à quatre pattes et à longues moustaches. La poudre peut absorber plus d’une fois son poids en eau.
On peut utiliser cette poudre dans une recette de litière maison, ou simplement l’ajouter pour plus d’absorption et moins d’odeurs.
- La terre de diatomée pour absorber les liquides dans la maison
Huile sur le sol, produits ménagers ayant débordé : la terre de diatomée les rend plus faciles à nettoyer.
- Désodoriser les chaussures
Mettez un peu de poudre dans les chaussures. Et voilà !
- La terre de diatomée comme poudre à récurer
Cela peut vous permettre de gratter plus facilement les plats sales. Et ça tombe bien puisqu’on peut aussi l’utiliser pour :
- Nettoyer et faire briller
Abrasive, mais en finesse, la terre de diatomée fait des merveilles sur le cuivre, l’inox, le cuivre, et toute l’argenterie. On crée une pâte avec un peu d’eau, on frotte et on rince.
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Précautions d’usage
Attention : mettre un masque avant de saupoudrer, car la poudre a un pouvoir absorbant, donc elle peut dessécher le nez et la bouche et créer un inconfort, de la même manière que lorsque l’on saupoudre de la farine partout et qu’elle vole, mais en plus absorbant.
Éviter absolument le contact avec les yeux pour cette raison et tenir le produit hors de portée des enfants, comme tous les autres produits ménagers.
Surveiller aussi les animaux pour qu’ils évitent d’en ingérer en grandes quantités (un peu ne leur fera aucun mal).
Et cas d’absorption par accident ? Pas de panique : comme pour les animaux, il n’y a pas de danger à petite dose, certaines études suggérant même que cela serait bon pour la santé en tablettes et diluées dans de l’eau (attention, il s’agit ici de la version alimentaire, et non de la terre de diatomée industrielle pour piscine !).
Ceux qui me connaissent, au sujet de l’orthographe, m’ont déjà entendu dire, non sans humour, que j’étais ‘’Avant-Françoispremiertiste’’. Sans doute, beaucoup pensent que c’est une façon de dédramatiser l’étrange facilité que nous tous nous avons, à faire des erreurs lorsqu’il s’agit de l’orthographe. Et ce n’est pas faux, le français est une langue complexe, qui par ses côtés illogiques et rigides, peut parfois faire plonger le néophyte qui essaye de s’y intéresser, dans la plus sombre des folies. Et il est aisé d’attribuer la source de toute cette souffrance à François premier, qui avec son ordonnance de Villers-Cotterêts fixera la langue française en 1539. Surtout qu’il ne s’est pas arrêté là !
Mais je ne tape pas sur François premier pour cela. À vrai dire, le fait de vouloir homogénéiser la langue n’est pas une mauvaise chose. Et malgré l’orthographe, le français reste une langue riche et vivante de par sa perpétuelle évolution.
Mais alors, qu’est-ce que je reproche à ce roi mort depuis un bout de temps déjà et qui ne peut même plus se défendre ?
Ma méfiance est en fait la même, que celle que j’entretiens envers tous les institutionnels de tous poils qui s’amusent sans cesse à vouloir édicter des règles absurdes, comme la suppression ou le maintien de l’accent circonflexe. En son temps, François premier n’a pas édicter des textes au sujet de la langue française dans un but de clarté ou de facilité d’usage de la langue écrite, il a fait cela pour des raisons bien plus discutables, car politique. Le but était d’instaurer une langue officielle, participant ainsi à la centralisation du pouvoir.
Tout comme la majorité des réformes qui ont suivi, François premier a participé à une institutionnalisation de la langue et a ainsi crée une élite, séparée de la vraie langue, parlée par tous et évoluant par son usage journalier.
Le fait de créer des institutions, comme l’Académie française, ou de vouloir réformer, comme la tentative récente au sujet de l’accent circonflexe, n’est qu’une expression de la volonté de la part des pouvoirs, de contrôler ce que les gens pensent et de leurs meurs. Le meilleur exemple de ce que j’avance ici vient de l’Académie française, qui instaurera dès sa création, une masculinisation de la langue, ce qui entrainera nombre de débats dès les années 1600 d’ailleurs. Masculinisation d’ailleurs qui est toujours en vigueur au niveau des corporations, mais qui n’existe plus dans la langue courante… (Même si les institutions commencent par céder doucement)
Le problème, pour les institutions, c’est qu’une langue vivante évolue par son usage et non en édictant des règles qui ne seront suivies que par quarante imbéciles et quelques intellectuels de bas étage.
Qui se souvient encore des détails de la rectification orthographique du français en 1990, dernier grand chantier institutionnel en date. Force est de constater à l’heure actuelle que personne n’a tenu compte de cette réforme, alors que tous, nous avons accepté certaine expressions récente, comme ‘’être vent debout’’, ou mot récent comme ‘’hashtag’’, qui sont devenu commun à la langue et utilisé par tous.
Comme le disait déjà à son époque Victor Hugo, une langue ne se fixe pas, elle est et doit être en perpétuelle évolution pour ne pas mourir. Et ce n’est pas une quelconque élite qui fait vivre le français, mais bel et bien les usagers communs, c’est-à-dire nous tous.
Voilà pourquoi, j’estime pour ma part, que personne, sous prétexte qu’il fait partie d’une élite, ou veut protéger le français, n’a réellement le droit ni le pouvoir d’imposer une réforme de la langue. Surtout que la langue se réforme elle-même, avec le temps et ses usagers. Mais j’estime également, que chacun de nous, usager du français, avons le devoir, dans la limite du raisonnable, d’être suffisamment éduqué et intelligent afin d’entretenir et d’enrichir notre langue.
Et c’est cette implication et cette responsabilité, qui me pousse à ne pas tenir compte du récent délire institutionnel sur l’accent circonflexe, et qui me fait plutôt m’intéresser à l’étymologie, la sémantique et au sens de certains mots très mal employés à l’heure actuelle, ou à la reféminisation du français, qui se fait sans les institutions d’ailleurs. Car la vraie richesse d’une langue tient à l’orientation que chacun de nous y donne en l’utilisant chaque jour.Phalanstère, Familistère et cités ouvrières
Le Familistère bâti par Godin n’est pas le phalanstère imaginé par Charles Fourier. L’un existe, l’autre non. La nécessité de construire en réalité amène Godin à interpréter de façon originale le palais sociétaire. Le Familistère n’est pas davantage une « cité ouvrière » au sens qu’on donne à cette expression depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Il en est même le contre-modèle.
Phalanstère et Familistère
Dans la société harmonieuse imaginée par le philosophe Charles Fourier, une phalange, association de 1620 individus, vit dans un confortable palais. Celui-ci est édifié au centre d’un vaste domaine agricole. Les ailes du phalanstère forment des cours plantées de jardins. Une rue-galerie intérieure, sur le modèle de la grande galerie du Louvre, irrigue l’ensemble de l’habitation unitaire. Le phalanstère comprend de multiples salles communes ou « séristères », des logements à double rang de chambre, des ateliers domestiques et industriels, des écoles, un opéra, un temple, etc. La tour d’ordre dominant la grande place centrale assure les communications et permet de diriger les groupes de travail. Les disciples de Fourier diffusent une saisissante représentation du phalanstère inspirée du château de Versailles. Les essais de réalisation sont des échecs.
Jean-Baptiste André Godin nomme sa cité Familistère par analogie avec phalanstère mais aussi pour l’en distinguer. Le Familistère est industriel : il s’élève non pas à la campagne mais dans les faubourgs d’une ville, à proximité de la manufacture qui emploie les travailleurs. Les 500 appartements du Familistère hébergent 1 500 à 2 000 personnes. Le système de cours et de coursives du Palais social transpose de façon originale la rue-galerie du Phalanstère : les atriums vitrés des grands hôtels parisiens sont toutefois pour Godin une référence aussi importante que celle de la rue-galerie fouriériste. Le belvédère du pavillon central et la place du Familistère sont bien sûr des « citations » de la tour d’ordre et de la place du phalanstère. Par contre, le groupe formé par les écoles et le théâtre du Familistère est parfaitement inédit.
Familistère et cités ouvrières
Par « cité ouvrière » on a d’abord entendu l’immeuble collectif de logements réservés aux ouvriers, sur le modèle des hôtels garnis et des maisons pour familles édifiées à Londres dans les années 1840. Le caractère exogène de l’habitation ouvrière collective est ainsi souligné en 1855 par le docteur Lepelletier de La Sarthe : « L’établissement de cités ouvrières fut donc une rêverie de notre siècle, un de ces produits de fabrique anglaise dont le sol de la France n’a permis l’édification que pour en démontrer, par les faits, le peu de sens et d’opportunité ». La Cité Napoléon, ouverte en 1853 à Paris, est l’un des exemples français de ces cités ouvrières. Mais l’expression va rapidement désigner les ensembles organisés de logements ouvriers individuels. Le médecin hygiéniste Louis-René Villermé peut écrire en 1850 : « Autant qu’il est possible, il faudrait que chaque cité se composât exclusivement de petites maisons non contiguës ». Cette recommandation est suivie par la plupart des industriels et des philanthropes en France.
Godin étudie les réalisations des sociétés industrielles. Il convient que les services communs des cités de Mulhouse contribuent « au développement physique, industrieux, intellectuel et moral de la population ». Et Il se trouve lui-même confronté à la nécessité de sédentariser une importante main d’œuvre pour faire fonctionner l’usine de Guise. Mais, de même que les fouriéristes, Godin a en horreur la maison individuelle : « Les prôneurs des petites maisons ne remarquent pas qu’en descendant un peu, à partir de la petite maison, on voit poindre la hutte du sauvage », écrit-il par exemple dans Solutions sociales. La petite maison en propriété est une « épave des idées sociales » et une erreur économique.
Le Familistère se distingue radicalement des cités ouvrières. Il ne repose pas sur le principe du logement individuel mais sur celui de l’habitat collectif. À Guise, pas de château du patron, de maisons d’ingénieur ou de contremaître. Un même palais abrite les appartements du fondateur, de l’institutrice ou du mouleur. Chacun qui le souhaite s’y loge selon ses besoins. Tous sont locataires et jouissent des mêmes services.
Dans le Palais du travail, les familles ne trouvent pas le « logement minimum » mais l’habitation pourvue des « équivalents de la richesse ». Avec la fondation de l’Association coopérative du capital et du travail en 1880, le Familistère devient la propriété commune de ceux qui y travaillent et y habitent. Il est conçu comme un moyen d’émancipation collective.
Phalanstère, cités ouvrières, Familistère
La conception de l'habitation populaire selon Victor Considerant, chef du mouvement fouriériste, et selon Jean-Baptiste André Godin s'oppose à celle d'Achille Penot, vice-président de la Société industrielle de Mulhouse. Leur position s'exprime avec clarté et concision dans les citations qui suivent.
« Ce n’est plus à bâtir le taudis du prolétaire, la maison du bourgeois, l’hôtel de l’agioteur ou du marquis. C’est le Palais où l’HOMME doit loger. Il faut le construire avec art, ensemble et prévoyance ; il faut qu’il renferme des appartements somptueux et des chambres modestes, pour que chacun puisse s’y caser suivant ses goûts et sa fortune ; puis il y faut distribuer des ateliers pour tous les travaux, des salles pour toutes les fonctions d’industries ou de plaisir. »
Victor Considerant, Description du Phalanstère, 1848.
« Il nous semblait que, tout en modifiant le plan de ces maisons, pour obéir à certaines exigences qui se font sentir dans une ville plus qu’à la campagne, il fallait d’abord adopter irrévocablement le principe salutaire, que chaque famille devait avoir son logement séparé et la libre culture d’un jardin. C’est dans ces conditions seulement qu’on pouvait satisfaire en entier aux prescriptions essentielles de l’hygiène et de la morale. »
Achille Penot, Les cités ouvrières de Mulhouse & du Haut-Rhin, 1867.
« Ce qu’il n’est pas possible de faire au profit de familles éparpillées et sans lien, les améliorations qu’on ne peut introduire dans le tohu-bohu des habitations ouvrières, ni à la ville, ni à la campagne, ni dans les caves, ni dans les mansardes habitées ; ce que ne permettent pas même les habitations ouvrières isolées les mieux construites, quel qu’en soit le système : le Familistère le permet, le Palais Social le rend possible, bien plus, il le rend nécessaire. »
Jean-Baptiste André Godin, Solutions sociales, 1871.
Pour aller plus loin :
L’album du Familistère, Guise, Les Éditions du Familistère, 2017, p. 28-29 et chapitre 7.
Jean-Baptiste André Godin, Solutions sociales, Guise, Les Éditions du Familistère, 2010 (réédition de l’ouvrage paru en 1871).
Programme du RDH
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ÉRADICATION DE NOS ACCORDS GÉOPOLITIQUES AU PROFIT DE LA FRANCE
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SORTIE DE L’EUROPE
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RÉAMÉNAGEMENT DE NOS ENGAGEMENTS DIPLOMATIQUES AU PROFIT DE LA FRANCE
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RECONFIGURATION DE NOS OPÉRATIONS MILITAIRES
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RÉVISION À LA BAISSE DU BUDGET DE LA DÉFENSE
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FIN À LA POLITIQUE DISCRÉTIONNAIRE DE LA PRÉSIDENCE AU TRAVERS DE NOS RELATIONS «FRANÇAFRIQUE»
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DIMINUTION DE LA DETTE PUBLIQUE
en l’abandon volontaire de créance de la part des prêteurs et en répudiant une partie de la dette. -
CRÉATION D’UN IMPÔT DE CONVENANCE SUR LES 100 PLUS GROSSES FIRMES ÉTRANGÈRES IMPLANTÉES EN FRANCE
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CRÉATION D’UN IMPÔT DE SOLIDARITÉ SUR LES 100 PLUS GROSSES FIRMES MULTINATIONALES
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CRÉATION D’UN IMPÔT DE PARTAGE SUR LES 100 PLUS GROSSES FORTUNES DE FRANCE
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ENGAGEMENT ÉCOLOGIQUE
Les mesures énoncées dans notre programme ne sont en rien exhaustives quant à celles afférentes à la politique intérieure de notre pays. Elles montrent principalement la direction dans laquelle le RDH se concentre pour réformer l’entièreté de notre organigramme étatique, et pour ce faire, le RDH restructure nos relations extérieures avec les pays étrangers.
En effet, tous les partis politiques en France, et ce sans exception, se focalisent sur la politique intérieure du pays, ce qui explique que pendant des décennies, rien dans notre pays n’a changé. Pire encore, les conditions de vie des travailleurs pauvres (les travailleurs pauvres dans notre pays représentent plus de 60%) ne font que s’aggraver au profit de celles et de ceux qui profitent d’un système où les valeurs démocratiques ne sont en rien respectées. Une fausse démocratie avec des beaux discours et des belles promesses mais rien à l’arrivée.
Les caisses de l’état sont vides et le resteront tant que nos politiciens perdureront la politique de l’autruche. A moins d’une restructuration totale de notre système étatique, en commençant par nos relations extérieures avec les pays étrangers, rien ne changera en France. « L’entretien » de ces relations extérieures avec les pays étrangers coûte très cher aux françaises et aux français, qui en retour ne reçoivent rien, si ce n’est des augmentations du coût de la vie.
De plus, l’avenir des politiques est circonscrit face aux réseaux existants, qui aujourd’hui détiennent des banques de données qui influencent les institutions publiques détentrices de pouvoir y compris tous les lobbys financiers existants. Avec le RDH, ces réseaux prônent la souveraineté du peuple face à l’exécutif.
Le programme du RDH passe donc initialement par la politique extérieure de la France pour permettre de restructurer la politique intérieure de notre pays en permettant ainsi de remplir les caisses de l’état pour finalement apporter aux françaises et aux français une réponse à leurs revendications.
Les mesures quant à la restructuration de la politique intérieure de notre pays s’appliqueront dans tous les domaines. Parmi celles-ci :
– Augmentation du pouvoir d’achat
– Augmentation du smic
– Baisse sur tous les carburants y compris le fuel domestique
– Baisse de toutes les taxes sur les produits de première nécessité
– Augmentation des retraites
– Aide supplémentaire aux handicapés
– Réévaluation à la hausse des salaires des forces de l’ordre
– Réévaluation à la hausse des salaires des sapeurs-pompiers
– Réévaluation à la hausse des salaires des enseignants
– Réévaluation à la hausse des salaires des employés dans le domaine médical
– Abaisser les charges sociales des TPE-PME
– Baisser les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité
– Baisser l’impôt sur les revenus sur les trois premières tranches
– Augmenter l’aide aux agriculteurs
– Indemnisation aux personnes qui auraient subi un préjudice suite à leur refus de se soumettre au vaccin
Le RDH sous sa forme est un parti politique, mais avant tout est un mouvement citoyen et c’est pour cette raison que je ne vous ferai aucune promesse politique. J’en serai d’abord bien incapable, car je ne suis pas un homme politique. Par contre, je m’engage personnellement auprès des françaises et des français à appliquer un cahier des charges pour que notre pays puisse enfin répondre à vos attentes.
A la différence des institutions publiques et privées qui gèrent quotidiennement la vie de nos citoyennes et de nos citoyens au profit d’une minorité, la maison du peuple du RDH profite aux plus démunis en leur apportant une puissance d’état similaire à celle d’un gouvernement, car le RDH peut être confondu à un état dans un état, ou à un pays dans un pays.
La force de frappe du RDH est irréfragable, bien que le RDH ne cherche aucun conflit. Au contraire, la mission du RDH est avant tout humanitaire, car elle contribue à l’évolution des droits de l’homme et à l’évolution des droits de la femme, qui sont directement associés au futur de la France.
Cette évolution reprend les principes fondamentaux de notre constitution, à savoir une vraie république indivisible, laïque, démocratique, et sociale où la souveraineté nationale appartient au peuple.
Vivre la France !
Représentations courantes des autochtones
Autochtones, Diversité et médias, Stéréotypes
Cent ans de westerns et de documentaires ont formé l’idée que le public se fait des autochtones, du vieux sage (Little Big Man) à l’ivrogne (Tom Sawyer), du fidèle sous-fifre (Le pacte des loups, The Lone Ranger) à la princesse indienne (Pocahontas). Autant d’images qui se sont imprimées de manière indélébile dans la conscience des Nord-Américains.
La version hollywoodienne de la « Conquête de l’Ouest » s’est longtemps appuyée exclusivement sur le thème de féroces tribus indiennes qu’il fallait asservir ou anéantir. «En outre, dit le dramaturge Drew Hayden Taylor, de la nation Ojibwa, « les vrais » Indiens » ont été très longtemps absents des plateaux de tournage. Leurs rôles étaient tenus par des Italiens ou des Espagnols à la peau assez basanée pour ne pas avoir besoin de maquillage ». D’ailleurs, il y a quelques années, c’est à l’acteur philippin Lou Diamond Philips que l’on a demandé d’incarner un Inuit dans le film Agaguk.
Cette représentation de personnages autochtones, dépeints tantôt comme primitifs, violents et sournois, tantôt comme passifs et soumis, s’est répandue dans les émissions télévisuelles et dans la production littéraire, que ce soit dans les romans ou les bandes dessinées. Elle est devenue le confortable canevas de référence de la plupart des Occidentaux chaque fois qu’il était question de peuples autochtones, alors même que très peu d’entre eux avaient l’occasion d’en rencontrer dans la réalité. Même si les anciens westerns se déroulaient rarement au Canada, les stéréotypes qu’ils ont véhiculés ont traversé les frontières.
« Il faudra attendre la seconde moitié du XXe siècle avant que les producteurs de cinéma en viennent à l’idée qu’il existait toujours des communautés autochtones et qu’elles pouvaient mener des vies intéressantes, dit Drew Hayden Taylor. Ce n’est qu’alors que des films comme Pow Wow Highway, Dance Me Outside ou Phoenix, Arizona ont commencé à dresser un portrait nouveau et contemporain des autochtones, même si ce portrait restait encore romancé. » Au Québec, c’est sans doute le cinéaste et documentariste Arthur Lamothe qui a joué le rôle de pionnier en réalisant de 1973 à 1983 La chronique des Indiens du Nord-Est et du Québec, une série de 13 documentaires dans laquelle il donnait la parole aux autochtones. Sa carrière, par la suite, est émaillée de nombreux films et projets ayant pour objectif de documenter la vie quotidienne et les luttes des Premières Nations, plus particulièrement des Innus.
Dans les années 1980 et 1990, la Société Radio-Canada a fourni un réel effort pour améliorer l’image qu’elle donnait des autochtones dans ses séries télévisées. Dans Spirit Bay, Sur la côte du Pacifique, Au nord du 60e et The Rez, des membres des Premières Nations interprètent des personnages inspirés de la vie réelle de leurs communautés qui ont un vrai métier et vivent dans un endroit précis. Au nord du 60e et Sur la côte du Pacifique ont attiré un public nombreux, aussi bien autochtone que non-autochtone. À partir des années 2000 et avec le développement de la consultation des nouvelles sur Internet, Radio-Canada a consacré des dossiers spéciaux abordant différents thèmes sur les peuples autochtones : les pensionnats indiens, les jeunes autochtones ou les revendications territoriales font partie de ces capsules.
Aux États-Unis, la télévision a été plus lente à répondre à la critique. Sauf dans les nouvelles et les documentaires, les visages autochtones étaient presque entièrement absents du petit écran et, jusqu’à tout récemment, presque rien n’avait été fait pour améliorer la situation. À la fin des années 1990, l’American Indian Registry for the Performing Arts in Los Angeles a publié un annuaire de comédiens professionnels d’origine amérindienne et, en 2001, après avoir reconnu que « les Amérindiens étaient pratiquement invisibles à la télévision », CBS et NBC ont organisé des spectacles promotionnels dans les grandes villes américaines pour enrichir leurs répertoires de comédiens amérindiens.
De la fausse représentation, d’une manière ou d’une autre
L’avènement du « politiquement correct » et des efforts véritablement sincères ont contrebalancé certaines formes ouvertes ou subtiles de racisme à la télévision et au cinéma, mais beaucoup de traces demeurent des anciens stéréotypes. Voici les pièges les plus courants.
Visions romancées
La princesse indienne, le grand guerrier et le bon sauvage ont fait rêver des générations de non-autochtones.
La princesse indienne
C’est une jeune beauté qui, gagnée aux valeurs de l’Homme blanc, abandonne généralement son groupe pour épouser le héros et l’aider à civiliser ses frères encore sauvages. « C’est un concept purement européen, écrit Joseph Riverwind, un Américain d’origine amérindienne. La notion de royauté est étrangère à nos communautés. Nous n’avons ni rois, ni reines, ni princesses. » Gail Guthrie Valaskakis, ancienne directrice de recherche à la fondation autochtone de Guérison du Canada, le confirmait. En 2000, elle a organisé, en collaboration avec Marilyn Burgess, une exposition intitulée Indian Princesses and Cowgirls – Stereotypes from the Frontier, qui retrace les multiples utilisations du mythe de la princesse indienne aussi bien dans des peintures romantiques évoquant un « Nouveau Monde à la beauté exotique et dangereuse » que sur de banales étiquettes de conserves de fruits ou de boîtes de cigares. Ces figures féminines, disait Gail Valaskakis, ne ressemblent en rien aux femmes « fortes, compétentes, au discours articulé » avec lesquelles j’ai grandi sur une réserve du Wisconsin. Ces propos sont cependant à nuancer puisque certains événements culturels autochtones comme les pow-wow tendent à valoriser cette image de la princesse. Ainsi, des jeunes femmes sont élues princesses du pow-wow en raison de leur attachement aux valeurs traditionnelles de respect, de partage et de solidarité. Cette image de la princesse ne renvoie pas à une vision romancée et stéréotypée, mais bien à une volonté d’inverser une tendance : le modèle de la jeunesse a été pendant longtemps celui de la destruction de soi, du vandalisme et de la consommation de drogues et d’alcool. Aujourd’hui, les modèles ont changé : on honore quelqu’un pour sa réussite, ses succès et son engagement dans la défense des valeurs de son groupe.
Le grand guerrier
Effrayant de férocité, menace pour la société civilisée, le grand guerrier indien est probablement un des stéréotypes les plus largement utilisés dans l’histoire du cinéma. Quand, torse nu, il brandit sa lance, il incarne la quintessence d’une sauvagerie bouillonnante de rage, le symbole des terribles obstacles que les « civilisateurs » de l’Ouest doivent courageusement surmonter. On en retrouve plus récemment une nouvelle incarnation, romantique et érotisée, celle du guerrier fort et silencieux, « vêtu du strict minimum et à la recherche d’une femme blanche à ravir », comme le fait remarquer le journaliste Paul Gessell. Un exemple récent de ce phénomène est personnifié dans le personnage Jacob Black du saga littéraire et filmique Twilight. Jacob est un membre des Quileute qui, en tant que loup-garou, représente le stéréotype du grand guerrier de manière littérale.
L’image du grand guerrier apparaît sous de multiples formes et dans les endroits les plus surprenants. Dans son exposition de photos intitulée Scouting For Indians, 1992-2000, Jeff Thomas, de la Réserve des six nations, en Ontario, dévoile ces guerriers indiens retrouvés aussi bien sur des statues et monuments historiques que sur les armoiries de banques et d’immeubles à bureaux d’Ottawa ou sur la couverture de livres récents. Le but de Jeff Thomas était de mettre en évidence par ses photos « la diabolisation et l’érotisation » souvent inconscientes des Indiens. Au Québec, c’est le Mohawk Flynt Eagle qui a joué dans plusieurs productions cinématographiques récentes qui cristallise cette image de guerrier.
Le bon sauvage
Le désir de réparer les torts passés a contribué à populariser un autre vieux stéréotype romantique, le mythe du bon sauvage. Hissé sur un piédestal d’impossible bonté, inatteignable par une société blanche irrémédiablement contaminée, le bon sauvage, généralement en étroite communication spirituelle avec la terre, qualifié par l’universitaire américain Rennard Strickland de « premier écologiste », flotte dans un nuage de mysticisme et n’attache aucune valeur aux possessions matérielles. Ce vernis romantique n’épargne même pas le très populaire Cœur de tonnerre. « À en croire ce film, dit Gary Farmer, un acteur canadien de la nation Cayuga, il suffit de réunir une demi-douzaine d’autochtones dans une pièce pour obtenir aussitôt une prophétie ou une vision. »
Déformations historiques
Gary Farmer cite le film canadien à succès Robe noire, qui raconte la quête d’un missionnaire jésuite parti sauver l’âme des Hurons (que l’on appelle aujourd’hui Hurons-Wendats), comme un exemple typique de ces reconstitutions historiques vues sous l’angle des Blancs qui irritent particulièrement les autochtones. « Robe noire, dit-il, omet un élément clé. Il ne fait jamais mention des cinq siècles de paix entre les six nations de la Confédération iroquoise. Les Hurons étaient les premiers à considérer la dévastation provoquée par l’alcool des Blancs comme une décadence qu’il fallait extirper radicalement. Et les Iroquois ont averti ceux d’entre eux encore épargnés par le fléau de partir avant qu’ils viennent nettoyer la place. » D’après Gary Farmer, cet aspect de la question n’a jamais été expliqué et la véritable histoire de ce conflit pourtant classique entre peuples autochtones et non-autochtones n’a ainsi jamais été abordée.
Les producteurs de films et de séries télévisées ne se gênent pas pour prendre des libertés avec l’histoire lorsque certains détails risquent de gâcher leur scénario. Et c’est particulièrement vrai de leur représentation de la vie autochtone, où ils se sont octroyé tous les droits dans la description des mœurs, costumes, mode de vie, croyances spirituelles et cérémonies. Cette vision réductrice du patrimoine et de la diversité culturelle, dont le public est généralement inconscient, est considérée par les critiques à la fois comme le symptôme du problème (le manque de sérieux accordé à la culture autochtone) et l’occasion de perpétuer des stéréotypes particulièrement graves.
D’après le critique Ward Churchill, ce qu’on peut voir dans bien des films « correspond approximativement au résultat qu’obtiendrait un réalisateur qui habillerait un prêtre catholique du costume d’un pasteur protestant et le coifferait de la calotte d’un rabbin pour lui faire dire la messe devant le pentagone d’un culte satanique, sous prétexte que ces symboles matériels tirés de diverses croyances spirituelles augmentent l’intérêt visuel ».
Stéréotypes par omission
La plupart des films où apparaissent des autochtones se passent durant une période d’une cinquantaine d’années, à cheval sur la moitié du XIXe siècle. Où étaient les Premières Nations avant l’arrivée de l’Homme blanc ? Où sont-elles maintenant ? Apparemment, elles n’ont pas survécu au passage à l’ère moderne.
Dans Stereotyping Indians by Omission, on nous fait remarquer que les Indiens sont « le seul peuple à être représenté beaucoup plus souvent dans des films historiques que contemporains ». « Comment expliquer, continue-t-il, que malgré l’importante communauté autochtone de Chicago on ne voie jamais un seul Indien recevoir des soins dans la série Urgences ? Et où sont passées les infirmières autochtones, une profession pourtant particulièrement populaire chez les femmes indiennes ? »
D’ailleurs, le stéréotype par omission le plus flagrant dans les films et les séries télévisées concerne les femmes autochtones. Elles n’y sont que rarement présentes et, quand elles le sont, c’est sous l’aspect de « sauvages sexuelles » impossibles à dompter, qui doivent donc être dégradées avant d’être conquises. L’Office national du film du Canada s’est attaqué, en 1986, à cette amnésie culturelle en produisant une mini-série en quatre épisodes intitulée Daughters of the Country, dont le but était de « rouvrir les livres d’histoire » et de raconter l’évolution du peuple métis à travers la vie de quatre femmes à la forte personnalité. Malgré ces efforts, le femmes autochtones continuent d’être sous-représentées dans les médias.
Personnages sans épaisseur
L’aspect peut-être le plus destructeur de la représentation des autochtones au cinéma et à la télévision vient du manque de caractère et de personnalité des personnages qu’ils incarnent. Il s’agit la plupart du temps de rôles de soutien ou de figuration qui ont rarement l’occasion de parler ou d’exprimer une véritable personnalité. Et le peu qu’ils en révèlent n’existe que dans le contexte de leur interaction avec les Blancs. Les autochtones sont rarement représentés comme ayant des forces et des faiblesses individuelles ou montrés en train d’agir en fonction de leurs valeurs et jugements personnels.
Il n’est également jamais permis aux autochtones de raconter leur propre histoire. La plupart des intrigues sont racontées du point de vue des Blancs, des Européens. Une technique couramment employée par Hollywood pour rattacher des valeurs européennes à une histoire autochtone est d’y insérer un personnage blanc qui fait office de narrateur (Danse avec les loups, Cœur de tonnerre). Sous prétexte d’accorder un traitement favorable à l’autochtone, on le prive de sa voix.
Le problème sous-jacent
De nombreux universitaires soutiennent que la façon dont Hollywood représente les autochtones repose sur des raisons beaucoup plus profondes que le simple désir d’attirer un maximum d’auditoire.
Dans American Indians: Goodbye Tonto, J. R. Edwards affirme que les autochtones ont rempli la mission qui leur était assignée dans la société américaine, que « la résistance indienne a servi à nourrir les mythes de gloire et de conquête, de droit divin de l’Amérique à la conquête ». Et il existe encore une école de pensée pour qui les stéréotypes de l’Indien et du « Far West » doivent être préservés dans la société moderne. « Des gens ont avantage à ce que les Américains continuent d’ignorer… ce que les Américains d’origine européenne leur ont fait », écrit Wendy Rose dans un article pour le New Yorker, intitulé « Who Gets to Tell Their Stories ? »
Ward Churchill est lui aussi persuadé que les mythes et stéréotypes élaborés autour des autochtones ne sont pas dus au hasard. Selon lui, ils servent à justifier l’élimination des tribus indiennes et de leurs cultures par une société plus « avancée » au nom du progrès et exigent par là même l’effacement des réalisations et de l’humanité même des vaincus : « La déshumanisation, la destruction ou l’appropriation de l’identité de l’autre, la subordination politique et la colonisation sur le plan matériel font partie intégrante du processus commun impérialiste. La signification des stéréotypes hollywoodiens de l’Amérindien ne peut se comprendre pleinement que dans un tel contexte. »
Robert Harding est professeur de travail social et de services à la personne à la University of the Fraser Valley en Colombie-Britannique, au Canada, et un spécialiste des questions touchant aux autochtones et aux médias. Il a présenté ses conclusions sur la manière parfois controversée dont les autochtones sont traités dans les médias canadiens. Dans une conférence intitulée « Analyse comparative de la couverture des questions relatives aux autochtones canadiens dans les grands journaux et dans la presse autochtone », M. Harding a présenté les résultats de travaux de recherche effectués entre 1996 et 2002 sur les Stó:lo, une communauté des Premières Nations qui habite le littoral du Pacifique canadien, près de la frontière américaine. Il a analysé 90 articles d’information publiés dans certains journaux canadiens, soit The Vancouver Sun, The Province et The Globe and Mail. Pour cette recherche, deux questions ont été adressées : Comment les médias présentent-ils les autochtones ? Quels sont les thèmes récurrents de la couverture des autochtones dans les médias ?
Les recherches démontrent que les autochtones sont le plus souvent présentés comme de nobles écologistes, des guerriers importuns ou des victimes politiques. Pour réfuter ces idées fausses, il suggère notamment de diffuser davantage d’information sur la réalité autochtone, d’améliorer la formation des communicateurs, d’impliquer les autochtones dans les processus de changement et d’utiliser les médias internationaux pour influer sur les affaires locales. Devant l’Association des journalistes, le professeur Harding a présenté aux journalistes costaricains une analyse raffinée des peuples autochtones du Canada ainsi que ses conclusions sur la façon dont ils sont traités dans les médias canadiens. Son analyse de l’expérience canadienne a servi de mise en garde contre la présentation stéréotypée des peuples autochtones par les médias des autres pays.
Mais c’est sans aucun doute le cinéaste cri Neil Diamond qui pose le regard le plus perspicace, sur la relation entre Hollywood et les autochtones. Son documentaire Hollywood et les Indiens (2010) a gagné plusieurs prix en s’attaquant aux représentations des autochtones dans les films d’Hollywood. Par l’entremise de nombreuses entrevues avec des réalisateurs tels que Clint Eastwood et des extraits de films tous pertinents, Neil Diamond nous entraîne sur les routes de l’Amérique, explore la façon dont le mythe de l› « Injun » a modelé notre compréhension et notre incompréhension des autochtones. Parmi les célébrités figurant dans Hollywood et les Indiens, mentionnons Robbie Robertson, musicien et compositeur de bandes sonores d’origine juive et mohawk (Raging Bull, Casino, Gangs of New York), l’acteur cherokee Wes Studi (Le dernier des Mohicans, Geronimo), les cinéastes Jim Jarmusch (Dead Man) et Chris Eyre (Phoenix, Arizona) et les acteurs autochtones acclamés Graham Greene (Danse avec les loups, Cœur de tonnerre) et Adam Beach (Phoenix, Arizona ; Mémoires de nos pères de Clint Eastwood). Neil Diamond s’est aussi rendu dans le Nord, à Igloolik, ville isolée du Nunavut comptant 1500 habitants, où il a interviewé Zacharias Kunuk, réalisateur du film Atanarjuat, la légende de l’homme rapide, lauréat de la Caméra d’or.
Déclaration des droits des citoyens et des principes fondamentaux de l'ordre juridique de Saint-Marin
(loi du 8 juillet 1974, version consolidée).
Grand Conseil général de la République.
La République de Saint-Marin ne possède pas de Constitution formelle. Les Leges statutae Sancti Marini, réunies, en latin, au début du XVIIe siècle, rassemblent le droit en vigueur à Saint-Marin en six livres dont le premier, en 62 articles, concerne le droit constitutionnel et le droit administratif de la République. Toutefois, ce droit a considérablement évolué depuis 1906, où il fut décidé que le Conseil serait élu.
L'Arringo (la lice, et parfois le ring !), l'institution traditionnelle, parfois tumultueuse, de la démocratie directe, qui rassemblait les chefs de famille, avait en fait délégué ses pouvoirs dès le XVIIe siècle au Conseil des Soixante, recruté par cooptation, 20 membres parmi les patriciens, 20 parmi les bourgeois de la ville et 20 parmi les habitants des campagnes. Il fut décidé en 1906 de désigner les membres du Conseil par la voie de l'élection et c'est alors que le conseil prit le nom de Grand Conseil général. Il exerce des fonctions législatives, administratives et même judiciaires, et il désigne les membres de tous les autres organes. L'Arringo (orthographié aujourd'hui Arengo) subsiste formellement en tant que corps électoral et grâce à l'Istanza d'Arengo, qui permet à tout citoyen d'exercer un doit de pétition à la faveur de l'investiture des capitaines régents tous les six mois. Mais de nouvelles formes de démocratie directe ont été récemment introduites : le référendum et le droit d'initiative populaire exercé par 60 citoyens.
L'autre institution traditionnelle, qui remonte à 1243, ce sont les deux capitaines régents, chef d'Etat collégial semestriel (1er avril, 1er octobre) qui préside à la fois le Grand Conseil, le Gouvernement et le Conseil des XII, l'instance judiciaire.
Mais, le régime est devenu essentiellement parlementaire avec l'institution du Congrès d'Etat qui exerce la fonction exécutive. Le contrôle de constitutionnalité des lois par un organe indépendant a été introduit récemment (2002).
C'est une loi ordinaire du 8 juillet 1974 qui définit aujourdhui la forme générale du Gouvernement et, depuis sa révision en 2002, la hiérarchie des normes, mais la matière constitutionnelle est dispersée dans plusieurs autres textes, dont les plus récents, depuis 2003, sont désignés comme des lois constitutionnelles, et où l'on trouve les compétences des organes ou leur mode d'élection.
Sources : Pour tous les documents reproduits, y compris les résultats du référendum de 1906, voir les Archives législatives et règlementaires de Saint Marin, Grand Conseil général de la République : http://www.consigliograndeegenerale.sm/on-line/Home/ArchivioLeggiDecretieRegolamenti.html
Toutes les traductions sont originales, JPM.
Documents
Déclaration des droits des citoyens et des principes fondamentaux de l'ordre juridique de Saint-Marin, loi n° 59 du 8 juillet 1974 (version initiale).
Loi électorale du 7 mai 1906.
Loi électorale du 11 novembre 1926.
Loi pour la réforme du système d'élection des capitaines régents, 24 mars 1945.
Loi sur la réforme des pouvoirs publics, 15 mai 1945.
Référendum et initiative législative populaire, loi du 28 novembre 1994 n° 101.
Règlement de l'exercice du droit de pétition populaire au moyen de l'Istanza d'Arengo, loi du 30 mai 1995, n° 72.
Loi constitutionnelle sur le Congrès d'Etat, 15 décembre 2005.
Loi constitutionnelle sur les capitaines régents, 16 décembre 2005.
Histoire
3 septembre 301 - Fondation sur le mont Titan, selon la tradition, d'une communauté par un ancien tailleur de pierre dalmate, Marin, plus tard sanctifié.
1243 - Première désignation des capitaines régents.
1600 - Leges statutae Sancti Marini. (version en italien sur le site du Grand Conseil : 6 volumes)
1962 - Saint-Marin se place sous la protection de l'Italie.
1907 - Suffrage universel masculin.
23 décembre 1958 - Loi établissant le suffrage universel féminin.
1er avril 1981 - Première femme qui devient capitaine régent.
16 novembre 1988 - Admission au Conseil de l'Europe.
2 mars 1992 - Admission à l'ONU.