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HISTOIRE - C’est un pan de l’Histoire de France qui n’est pas enseigné au plus grand nombre, au collège ou au lycée. Vendredi 20 mai, le New York Times a publié une série d’articles qui reviennent en détail sur les indemnités réclamées à Haïti par la France en 1825, après que les esclaves ont mené une révolution pour chasser les colons et obtenir leur indépendance.
Une page historique qui s’est occasionnellement invitée dans l’actualité, notamment en 2015 au travers d’une phrase de François Hollande sur la “rançon de l’indépendance”, ou en 2004 lorsque le président haïtien d’alors, Jean-Bertrand Aristide, a été contraint à l’exil après des manœuvres franco-américaines pour empêcher que le sujet fasse les gros titres. Sauf que pour le grand public, ce récit demeure bien mystérieux.
Des pertes colossales à travers les siècles
Vendredi 20 mai donc, le prestigieux quotidien new-yorkais a mis en ligne plusieurs articles à ce propos, publiés en anglais, en français et en créole. Ils reviennent sur les origines de cette “dette” haïtienne imposée par la France, sur ses désastreuses conséquences au long cours pour le pays caribéen, sur le profit qu’en a tiré depuis le XIXe siècle la banque française CIC (qui finança notamment la construction de la tour Eiffel) ou encore sur la manière dont Paris a œuvré au fil des années pour éviter que l’affaire soit rendue (trop) publique.
Un travail fouillé et précis, dont l’accomplissement principal, se targue le New York Times, est de parvenir à la première estimation du coût réel de ces indemnités pour les Haïtiens. Car si la France exigea, en 1825, sous peine d’attaquer l’île, cinq paiements annuels de 30 millions de francs (soit déjà six fois les revenus d’Haïti à l’époque), les répercussions furent bien plus grandes.
Du fait de l’incapacité des Haïtiens à payer une telle somme, ils furent contraints de recourir à des prêts... auprès de banques françaises. Avec comme effet direct, l’ajout d’intérêts colossaux aux sommes déjà ridicules réclamées par Paris. Tant et si bien que certaines années entre 1825 et le dernier paiement en 1888, “ce sont plus de 40 % des revenus du gouvernement d’Haïti que la France accaparera.”
Ce qui fait dire au quotidien américain qu’Haïti ayant eu à payer cette double dette (les indemnités et les intérêts), le pays a été privé de dizaines de milliards de dollars au cours des siècles, et par ricochet d’effets de croissance et de développement chiffrés à 115 milliards de dollars. “Soit huit fois la taille de l’économie haïtienne en 2020”, précise le NYT, et des montants qui auraient permis au pays d’atteindre le même niveau de développement que la République dominicaine, l’autre État qui partage l’île d’Hispaniola.
Vraiment une découverte?
Voilà pour le constat. Sauf qu’au-delà de l’attention accordée à ce pan de l’Histoire par la publication de tels articles dans un journal possédant neuf millions d’abonnés, le New York Times a aussi suscité la polémique. Ainsi, depuis vendredi, nombre d’universitaires, de militants et de journalistes multiplient les reproches à l’égard du journal. Méthode scientifique qui divise, absence de certaines sources, “découverte” qui n’en est pas une... plusieurs critiques reviennent régulièrement, tout en concédant que la lumière mise sur le sujet est à saluer.
La première critique concerne le “Colombusing”, un concept américain proche de celui d’appropriation culturelle. Dérivé du nom de Christophe Colomb (Colombus en anglais), il sert à décrire les “découvertes” qui n’en sont que pour une certaine partie de la population mondiale. Avec pour point de départ l’idée que la “découverte” de l’Amérique par le navigateur génois n’en était une que pour le monde blanc et occidental, des peuples entiers vivant dans les Caraïbes et sur le continent américain depuis des siècles.
En l’occurrence, ce que disent ces premières critiques, c’est que la “double dette” d’Haïti n’est aucunement un scoop pour la population qui endure ses conséquences depuis des siècles. Et que de nombreuses publications ont déjà traité des indemnités haïtiennes sans jamais avoir le même retentissement que le New York Times, ni recevoir les mêmes louanges.
Les spécialistes du sujet oubliés?
C’est par exemple l’argument de Michael Harriot, auteur et journaliste pour le The Root, publication qui s’adresse à la communauté d’afrodescendants aux États-Unis. Dans une série de tweets, il ironise ainsi sur le fait que son magazine ait maintes fois écrit sur le sujet.
Et cet argumentaire va au-delà du journalisme, comme en ont encore fait le reproche plusieurs chercheurs et professeurs d’université, déplorant que les ressources universitaires aient été occultées des sources avancées par le Times et des experts cités dans les articles. Et cela alors que le quotidien a mis en ligne un article décrivant “ce qu’il s’est passé sous le capot” pour parvenir à l’élaboration du dossier sur Haïti.
Ainsi, alors que le New York Times assure que “seule une poignée d’universitaires a étudié dans le détail la double dette” et “qu’aucun calcul approfondi n’a été tenté, d’après les historiens, de ce que les Haïtiens ont effectivement payé”, nombreux sont ceux qui s’insurgent face à cette idée. Notamment parce que la question était abordée dans les grandes largeurs dès 1944 dans “Capitalisme et esclavage”, un ouvrage de référence écrit par Eric Williams, futur Premier ministre de Trinité-et-Tobago, ou parce que Jean-Bertrand Aristide avait lui-même avancé les mêmes montants en 2004, lorsqu’il avait été poussé à l’exil après avoir réclamé un remboursement à la France.
Difficile coopération entre journalistes et historiens
“C’est bien que le NYT publie cela. C’est important de dire ce que les Haïtiens et les historiens hurlent depuis des générations”, ironise par exemple l’essayiste kényane Nanjala Nyabola. Et Aaron Bundy, spécialiste de littérature africaine, d’ajouter: “C’est drôle de voir une équipe entière de journalistes produire une ‘série d’investigation’ pour découvrir ce qui est écrit dans n’importe quel bouquin à peu près correct sur le sujet.”
Une controverse qui, comme l’écrivent entre autres l’historien américain Paul Cohen et son confrère français Paul Chopelin, résume bien la difficile cohabitation entre journalistes et historiens. Car si les premiers cherchent à vulgariser et à apporter une dimension de nouveauté, ils se fondent nécessairement sur le travail bien plus poussé et beaucoup moins mis en avant des seconds, qui planchent pendant des années sur ces dossiers. En l’occurrence, plusieurs historiens qui ont fourni travaux et contacts aux journalistes du Times disent n’avoir jamais été cités, ni remerciés pour leur aide, et déplorent cette “invisibilisation” de leur rôle.
Car en ne pouvant être exhaustifs, les journalistes se coupent mécaniquement de la méthode scientifique, ce qui rend nécessairement leur travail critiquable par les historiens. Ici, Paul Chopelin donne un exemple de cela: “L’Histoire contrefactuelle (que serait-il arrivé si...?) est un exercice toujours utile, mais qui nécessite la plus grande rigueur”, écrit-il sur Twitter. Or “ici tous les possibles ne sont clairement pas explorés.”
Une différence de méthode de travail et de buts recherchés qui crée une distance et une défiance réciproque. Et qui a pu, dans ce cas précis, occulter la publication d’un récit qui demeure mal connu d’une vaste partie de la population.
À voir également sur le HuffPost: En Haïti, après le séisme de magnitude 7,2, on recherche les survivants sous les décombres
La méritocratie, une croyance tenace
Arnauld de La Grandière17 juillet 2019
Temps de lecture : 5 minutes
La croyance en un monde juste est un « biais cognitif » qui anime et sous-tend plus ou moins consciemment nombre de positions politiques. Pour la maintenir, celleux qui y adhèrent doivent notamment nier, minimiser voire justifier les discriminations sociales, à l’image des platistes qui partent de la prémisse que la terre est plate pour conclure « logiquement » que les photos de la NASA sont truquées : puisque le monde est juste, donc toutes les discriminations sont soit inexistantes, soit épiphénoménales, soit légitimes. Ainsi, le victim blaming est un produit direct de cette croyance : puisque les victimes de viol ne peuvent être les jouets de l’arbitraire, c’est donc qu’iels ont quelque responsabilité dans leur infortune.
Mettre en avant ces injustices auprès de celleux qui adhèrent à cette grille de lecture pour les convaincre qu’il faut y remédier est donc inopérant, puisqu’iels nient la légitimité de le faire, et il faut donc préalablement remettre en question cette croyance par d’autres voies. Incidemment, tout comme pour les scientistes, il faut donc également renoncer aux apports des sciences sociales…
Toutefois, il reste possible de démontrer en quoi cette croyance est fausse sur le plan de la logique, et à l’aide des outils de l’esprit critique.
La méritocratie, une fable commode
La croyance en un monde juste est notamment au cœur de l’idée qu’une organisation sociale méritocratique (c’est à dire où les individus qui réussissent sont celleux qui ont travaillé dur, ou ont été plus déterminé·e·s ou talentueu·x·ses que les autres, où chacun·e mérite ce qu’iel obtient, et chacun·e obtient ce qu’iel mérite) serait possible, souhaitable, voire même d’actualité. Une société qui se pense méritocratique, niant ou légitimant les discriminations, est donc traversée d’aprioris sexistes, racistes, LGBTphobes et validistes, considérant que chacun·e ne peut que mériter son sort d’une manière ou d’une autre.
Or cette notion repose sur un raisonnement circulaire :
la preuve que nous vivons dans une méritocratie, c’est que seul·e·s les plus méritant·e·s réussissent.
la preuve que seul·e·s les plus méritant·e·s réussissent, c’est que nous vivons dans une méritocratie.
Nous faisons le constat que certain·e·s réussissent et d’autres non. Si nous partons du principe (et derrière chaque raisonnement circulaire se cache une pétition de principe) que c’est nécessairement le reflet de leur mérite respectif sans éliminer d’autres facteurs (comme par exemple le hasard ou la tricherie), nous sommes victimes du biais du survivant et sommes condamné·e·s à persister dans cette croyance sans moyen de la remettre en question. Une course sans contrôle anti-dopage et où chacun·e a une ligne de départ différente ne reflète le mérite d’aucun vainqueur.
Ainsi, le principe même de la propriété lucrative consiste à « récompenser » le simple fait de posséder un bien, quel que soit le mérite lié à façon dont celui-ci a été obtenu (les diverses façons d’acquérir un bien, achat, legs, saisie, extorsion ou vol, relèvent de mérites assez disparates, elles sont pourtant récompensées uniformément). On aura du mal à considérer, sous quelque angle que ce soit, que Liliane Bettencourt a fait preuve d’un mérite quelconque pour hériter de sa fortune considérable (fortune qui retrouve ici son plein sens étymologique). Pire encore, comme le montre le livre de Thomas Piketty, le capital génère plus de bénéfices que le travail, la méritocratie dans laquelle nous vivons censément verrait-elle donc plus de mérite à posséder du capital qu’à travailler ?
Outre qu’il est manifeste que les plus méritant·e·s sont loin d’être les seul·e·s à réussir, qu’iels sont loin de tou·te·s réussir, que la réussite est loin d’être proportionnelle au mérite, et que l’égalité des chances n’est elle-même qu’une vue de l’esprit, la notion même de mérite est logiquement inopérante pour quiconque applique le matérialisme méthodologique et considère que l’univers est déterministe. Celleux qui adhèrent à cette croyance devront donc renoncer soit à la notion de mérite, soit à la grille de lecture matérialiste d’un univers déterministe pour résoudre une dissonance cognitive.
Ajoutons à cela le fait que la notion même de méritocratie est née d’une œuvre satirique (qui a donc mal tourné à l’image des protocoles des sages de Sion), et il ne devrait pas en falloir plus pour la considérer pour ce qu’elle est : une légitimation de l’ordre établi qui bénéficie à celleux qui s’en tirent le mieux tout en promettant des lendemains qui chantent à celleux qui s’en tirent moins bien histoire qu’iels s’accommodent de leur sort plus facilement (il faudrait, là aussi, envisager que, quand bien même serions-nous tou·te·s maximalement méritant·e·s, nous ne pourrions pas tou·te·s être PDG de la plus grosse entreprise du monde).
Plus les personnes sont privilégiées, plus forte sera leur propension à adhérer à la croyance en un monde juste, ce qui s’apparente à l’erreur fondamentale d’attribution.
Quand une expérience de Monopoly truqué met en évidence l’influence du privilège sur le comportement (sous-titrage français disponible)
Pour sauver l’insauvable, d’aucun·e·s diront peut-être qu’exception faite de toutes les exceptions, sans tenir compte de celleux qui bénéficient de raccourcis ni de celleux qui subissent des embûches supplémentaires, on est quand même bien dans un système méritocratique pour tout le reste. Déjà, ne pas tenir compte des discrimination pour pouvoir juger que le système est équitable relève du pur biais de confirmation, et ensuite, même en faisant exception des exceptions le système n’a toujours rien de méritocratique : quel mérite y a t-‘il à être plus intelligent·e ou à avoir la capacité d’être travailleur·euse ? Ce sont là des états de fait auxquels personne n’est pour quoi que ce soit. Et pour ce qui est de se focaliser sur les exceptions, les partisan·e·s de la méritocratie le font sans arrêt sur les rares « success stories » de gens partis de « zéro ».
Au delà, il faut croire à l’illusion du libre arbitre pour accorder du crédit à la notion de mérite, or, depuis les expériences de Benjamin Libet et ses divers avatars, il se dégage un consensus chez les neurologues : le libre arbitre n’existe pas (et il est lui-même logiquement inopérant : on ne peut pas « décider de décider » sans parler de la régression à l’infini qui s’en suivrait, nous ne décidons pas du chemin que prendra un échange électro-chimique entre nos neurones, c’est le chemin que prendra un échange électro-chimique entre nos neurones qui nous décide, et affirmer qu’on aurait pu « faire un autre choix » est une hypothèse irréfutable par définition).
Il est certes très violent de considérer que la place qu’on a dans le monde n’a aucune légitimité et n’est due qu’à la chance, et partant que notre contrôle sur nos destinées est bien illusoire, mais ça n’est guère moins violent de considérer que des êtres humains peuvent mériter de mourir de faim ou de froid « parce qu’iels n’ont pas fait ce qu’il fallait pour l’éviter » (alors même qu’on dépense sans compter pour des opérations de sauvetage — si ce n’est des migrants en Méditerranée, au moins des mineurs au Chili, ou encore des amateurs d’escalade, de spéléologie ou de navigation en perdition — et que même les criminel•le•s bénéficient de plus d’humanité, toutes proportions gardées, de la part de la société).
En 2012, l’INSEE dénombrait 141 500 personnes sans domicile. En 2018, 566 personnes sont mortes dans la rue en France, leur moyenne d’âge était de 48 ans.
Le document que je transpose ici sur mon blog, devait être adressé en février dernier à tous les chefs de corps des bases et régiments militaires de France directement par des citoyens. Pour différentes raisons, cela n'a pu se faire mais une opération similaire se prépare. La lettre qui sera adressée aux chefs de corps sera globalement similaires dans son contenu, quoi qu'actualisée au vu du contexte du moment. Dans l'attente, ses contributeurs n'ont pas un mot à changer ou à retirer de ce texte, qui appelle nos armées à une salutaire réaction contre notre oligarchie.
A l'ensemble des officiers militaires français,
Nous vous adressons ce message comme nous le faisons auprès de tous les officiers militaires qu’il nous est possible de contacter. Nous souhaitons vous faire part de notre volonté de mettre un terme à plus de quarante années de reniement démocratique, social, diplomatique et militaire de la France.
Nous ne prétendons pas être en capacité de consulter les Français avec les pleins moyens de l’État pour légitimer le fait que nous agissions avec la conscience aiguë de servir le peuple et plus largement la France dans tout ce que nous entreprenons. Les préjugés ayant la vie dure, nous tenons à d’emblée vous faire savoir que nous ne sommes ni un groupuscule anarchiste pas plus qu’un groupement idéologique particulier. Nous avons conscience des réalités présentes et de la nécessité d’État à faire perdurer. C'est pour cette raison même que nous veillons à concourir à la défaisance d’une représentation politique que nous considérons illégitime et extrêmement malveillante contre nos intérêts nationaux.
Il faudrait des centaines de pages pour récapituler les trahisons subies par le peuple ces dernières décennies. Nous prendrons cependant bien soin de restreindre notre réquisitoire à des considérations qui doivent légitimement vous intéresser au premier chef en tant que militaire au service de la France. Cependant, il convient de repréciser le cadre général qui définissait jusque-là la mission de nos armées, en commençant par un bref retour sur l’année 1966 où le Général de Gaulle avertissait nos alliés de l’époque, que la France se retirait du commandement intégré de l’OTAN. Situation qui nous permettait de conserver un lien avec les Etats-membres de ce traité, sans toutefois nous obliger à nous inscrire dans des conflits nuisibles aux intérêts bien compris de la France, ni nous astreindre à développer des armes et munitions en vertu de normes réglementaires prédéfinies par une puissance étrangère. Rappelons à ce stade que les plus grands conflits militaires dans lesquels la France s’est enlisée, ont toujours été des guerres opposant des coalitions d’État, là où la très indépendante Suisse a toujours su se ménager une relative tranquillité militaire et diplomatique durant les derniers siècles. Ce pays n’est ni dans l’UE, ni dans l’OTAN. Durant les deux dernières guerres mondiales, la Suisse est restée très sagement neutre et indéfectiblement indépendante. La fédération helvétique reste à ce jour l’État le plus démocratique et serein sur son économie contrairement à tous les États enfermés dans l’Union européenne. Ce que nos médias se gardent bien de rappeler.
En 1968, le Général de Gaulle précisait définitivement son intransigeance sur le caractère sacré de notre indépendance nationale, cela en édictant que de sa préservation en toutes circonstances, découlait pour notre armée la garantie de n’agir que dans l’intérêt de la nation, sauf si notre secours est réclamé par un pays tiers et que le parlement autorise le déploiement de nos troupes et matériels en ce sens.
Aussi lorsque le premier Président de la Vème République, le 27 janvier 1968 devant les membres de l’institut des hautes études militaires de Paris, expliquait que notre dissuasion nucléaire devait être comprise comme une stratégie de défense « tout azimuts », il considérait bien que ce type d’armement s’inscrivait dans une stratégie plus globale concernant l’usage qui est fait de nos moyens militaires :
« Je voudrais profiter de mon passage ici pour traiter de la stratégie qu’on a dit tout azimuts, dont on a parlé ces derniers temps. Nous faisons oui, un armement atomique. C’est un armement complètement nouveau, qui implique une refonte militaire et une refonte de puissance, sans comparaison avec tout ce que l’on a pu connaître auparavant. C’est une affaire de longue haleine. On ne le fait pas pour demain, mais pour des générations, dans un système de défense et de dissuasion complètement nouveau. Et dans ce long espace de temps, qui peut dire ce que sera l’évolution du Monde ? Dans 20 ans, qui gouvernera les États-Unis et avec quel système ? Qui gouvernera l’URSS ? L’Allemagne ? Le Japon ? … et la Chine ? Qui peut dire ce qui se passera en Amérique du Sud et en Afrique ? Personne sans aucun doute. En fonction de toutes ces incertitudes, nous faisons notre armement nucléaire. Et ce n’est pas la première fois dans notre histoire qu’il en est ainsi ! Vauban, en son époque, a fortifié toutes les frontières de la France, les Pyrénées, les Alpes, nos ports et même la Belgique. Nous sommes allés partout, nous avons fait la guerre partout, nous sommes entrés à Madrid, Berlin et Moscou. Nous avons fait la guerre en Europe, en Orient, en Amérique, en Asie. Il n’y a pas de raison que cette stratégie qui de tout temps nous a protégé contre tout, ne se perpétue pas. Par définition même, notre armement atomique doit être tout azimuts. Il faut que vous le sachiez, que vous le voyiez et que vos études et votre état d’esprit s’y habituent ».
A l’heur où nous sommes les obligés des États-Unis d’Amérique et d’une autre façon, ceux de l’Allemagne, nous vous demandons si vous avez le sentiment que notre indépendance nationale autant que notre stratégie de défense dite « tout azimuts » est bel et bien respectée par notre représentation politique ?
Puisqu’il semble que la trahison soit devenue un acte aussi ordinaire et acceptable, il nous semble toutefois que dresser une liste non exhaustive des forfaitures et renoncements de nos dirigeants, pourrait peut-être éclairer sur l’abandon de notre pays qui est en cours. Le même type d’abandon qui avait prévalu lorsque le parlement capitulait face à l’Allemagne en 1940 et remettait les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.
Nous ne prendrons appui que sur des questions militaires et diplomatiques les plus récentes pour en témoigner, tout en notant que le seul fait même d’être sous la tutelle de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, est en soi un ensemble d'atteintes considérables et intolérables à notre souveraineté ainsi qu’à notre indépendance nationale.
Le 5 Juin 2014, un article du journal « Le Monde » nous alertait que M. Obama, président d’une puissance paraît-il « alliée » de la France, souhaitait que nous suspendions (annulions) la vente de navires de type "Mistral" à la Russie. Outre les énormes capitaux engagés dans ce contrat, les milliers d’emplois dont il était question, ou encore les considérations diplomatiques sous-jacentes, cette vente avait été négociée moyennant des transferts technologiques, notamment sur des équipements radars dont la France avait la seule maîtrise technologique. Cette vente sera donc annulée par M. Hollande, ce qui outre porter gravement atteinte à nos relations diplomatiques avec une puissance alliée de deux guerres – et parfaitement fiable et utile à nos intérêts soit dit en passant – a permis à cette dernière de finalement jouir de l’acquisition de brevets et données qui ne pouvaient être concédés par la France que sous condition que la transaction soit honorée par les deux parties. A-t-on entendu un seul responsable militaire de haut rang s’indigner de la situation ? Sommes-nous les vassaux des Américains ou sommes-nous souverains sur nos affaires diplomatiques, militaires et commerciales ? N’y a-t-il pas des intérêts fondamentaux que nous nous devons de préserver ?
Poursuivons, avec la guerre subie par la Syrie. D’abord rappelons que nombre de terroristes ayant tué des centaines de nos compatriotes sur notre territoire se sont AGUERRIS EN SYRIE. Ce qui n’a pas empêché François Hollande, mais aussi par l’entremise du Secrétariat Général de Défense et de Sécurité Nationale, son Ministre des Finances de l’époque Emmanuel Macron, d’autoriser la livraison d’armes de guerre à des « rebelles » qui combattaient le gouvernement légitime syrien. M. Fabius, alors Ministre des Affaires étrangères, n’hésitait pas à dire à l’époque que le front Al Nosra faisait « du bon boulot » en Syrie. Nous nous permettons d’insister et le rappeler : des citoyens français ont été tués sur notre sol par des combattants que la France a soutenus et armés en Syrie. Cela relève du financement du terrorisme d’une part au sens de l’article 421-2-2 du Code Pénal, mais aussi purement et simplement de la haute trahison ! Y a-t-il eu un officier de haut rang pour s’indigner de ces « prises de décisions » par des politiciens félons ? Non, la grande muette est restée imperturbablement silencieuse. Y compris lorsque M. Hollande, puis plus tard M. Macron, en réponse à de pseudo-attentats chimiques attribués au gouvernement syrien sans même que des autorités internationales aient eu le temps d’investiguer et rendre un rapport d’enquête établissant de telles conclusions, ont engagé nos forces navales et aériennes dans une série de bombardements sur le territoire syrien. Non seulement ces opérations militaires violaient expressément notre constitution, mais aussi l'article 2 de la Charte de l’ONU ou encore l'article 8 bis des Statuts de Rome sur l’établissement de la Cour pénale internationale, qui dispose que :
Aux fins du présent statut, on entend par « crime d'agression », la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies
Ajoutons sur cette affaire calamiteuse, que nombre de nos missiles ont été interceptées par les défenses anti-aériennes syrienne et russe. Etait-il nécessaire que la Russie puisse confirmer être capable d’abattre nos missiles en plein vol, ou du strict point de vue tactique, il aurait été plus sage qu’elle continue d’ignorer nos vulnérabilités dans ce domaine ? Quand des politiciens pour des raisons idéologiques, électoralistes ou d’asservissement à des intérêts étrangers, fragilisent notre armée de toutes les façons possibles, il devrait être une réaction immunitaire de nos soldats et officiers que de rappeler qui détient réellement le monopole de la violence légitime en France. Et ce ne sont certainement pas quelques bourgeois encravatés qui assujettissent notre peuple depuis quelques salons parisiens, qui détiennent et exercent concrètement ce pouvoir des armes.
Poursuivons encore, car nous nous rapprochons de l’objet et de la conclusion de ce courrier. Malgré les incantations angéliques de nos politiciens, il n’y a pas, il n’y a jamais eu, et IL N’Y AURA JAMAIS « d’amitié franco-allemande ». Les Américains comme les Allemands ont des considérations parfaitement anglo-saxonnes quant au regard qu'ils portent sur la France. Du fait que nous représentons une puissance diplomatique et économique pouvant contrarier leurs propres desseins sur le monde, il s’agit pour l'Allemagne et pour les États-Unis de nous affaiblir par des prises de contrôle de notre outil industriel stratégique (Nexter, Alstom, etc), ou encore en jouant de la propension à trahir de nos politiciens s’agissant des alignements diplomatiques attendus. D’ores et déjà, veuillez expliquer aux sous-mariniers français qu’en cas de conflit futur avec les USA, les données relatives au bruit de cavitation et à la vitesse de nos SNA et SNLE ne sont plus inconnus des Américains. Pensez-vous que nous sommes condamnés à rester les vassaux des Américains pour les prochains millénaires à venir, ou il paraît plus sensé pour un militaire de considérer que les menaces peuvent survenir de partout ? Comme si ces vulnérabilités n’étaient point suffisantes, depuis le 22 Janvier 2020, nous avons cédé à l’Allemagne des pans entiers de notre indépendance militaire et diplomatique. Cela en acceptant que nos politiques extérieures soient subordonnées aux considérations allemandes en vertu du Traité d’Aix la Chapelle ; en leur octroyant gratuitement une place conjointe au Conseil de Sécurité de l’ONU ; et acceptant que des ministres allemands puissent venir directement au sein même des plus hautes instances de l’État, participer à des réunions ministérielles concernant nos propres affaires intérieures. Depuis la collaboration sous le Régime de Vichy, jamais nous n’avions été aussi loin dans notre asservissement à l’Allemagne !
Cette dernière d’ailleurs, ne cache désormais plus sa volonté de voir la France partager son outil de dissuasion nucléaire avec elle, et M. Macron, tel « un cabri », n’a pu s’empêcher de faire un discours le 7 février dernier à l’École de guerre à Paris, avalisant cette requête allemande portée par le député Johann Wadephul :
« Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective »
Combien d’officiers ont rappelé au TRAÎTRE Emmanuel Macron, que la stratégie de défense de la France, et en particulier sur le plan nucléaire, est « tout azimuts » et que nous avons eu par le passé suffisamment de guerres avec l’Allemagne, pour qu’il n’y ait absolument rien à négocier à ce sujet ?
Nous ne fabriquons plus nos fusils et munitions et sommes totalement dépendants d’une production industrielle délocalisée hors de France, pour fournir à nos armées les moyens matériels d’assurer leurs missions. Mais en cas de conflit ouvert au sein même de l’espace européen où le jeu des alliances serait renversé, croyez-vous qu’il serait encore temps de se poser la question de restaurer notre indépendance industrielle et technologique ? Non, il sera bien évidemment trop tard. On n’ouvre pas des usines sur un claquement de doigt. Gouverner, c’est prévoir dit l’adage. Et ceux qui usurpent leurs fonctions au sein même de l’appareil d’État, n’ont nullement ce principe conducteur dans leur logique de gestion du pays. Si ce n’est pour négocier avec des pays tiers la cession de nos actifs les plus stratégiques.
Or, puisque aucun d’entre nous pas plus que le reste de nos compatriotes, ne souhaite que la France subisse un jour une nouvelle guerre, et pire encore, qu’elle soit dans l’incapacité de compter sur ses propres ressources au point de nous conduire sur les sentiers d’une défaite largement prévisible, nous exigeons de l’ensemble de nos officiers qu’ils cessent de se taire face à cette situation gravissime. L’unique moyen de nous préserver de la guerre outre une diplomatie de paix, c’est encore et toujours le fait de disposer de la puissance nécessaire pour réfréner toutes volonté belliciste de n’importe quel État-tiers sur notre pays.
Il vous apparaîtra sans doute étrange que vous soyez saisis par des citoyens qui dans leurs aspirations premières, souhaitent instaurer une réelle démocratie en France, notamment par la rédaction et le vote d’une nouvelle constitution. Des doux rêveurs ! Des utopistes ! Des anarchistes ! Voilà ce que l’on pourrait imaginer à notre propos. Si bien sûr notre mouvement est hétéroclite dans sa composition, nous ne nous revendiquons d’aucune idéologie politique particulière. Nous estimons simplement que si la Suisse peut se permettre le luxe d’être un État développé, bien portant économiquement, parfaitement indépendant et démocratique de surcroît, la France ne peut pas faire moins.
Nous ne prétendons pas abolir l’ensemble de nos institutions les plus essentielles ni être inconscients de la marche de l’État. Nous souhaitons juste que le citoyen qui n’a ni influence ni richesse particulière à faire valoir, puisse lui aussi disposer du droit de légiférer et voter les lois, voire révoquer nos dirigeants lorsqu’ils nous trahissent. Cela ne signifie nullement fragiliser l’État ou affaiblir notre structure diplomatique et militaire. Vous avez sans doute comme beaucoup d’entre nous des enfants à qui vous allez léguer un pays qui pourra être au choix, un régime totalitaire s’étant progressivement installé sur fond de lâcheté de la majorité du peuple mais aussi d’un très grand nombre de fonctionnaires et militaires qui avaient les moyens d’entraver les desseins politiques les plus malveillants de notre oligarchie ; ou un État démocratique et social dans lequel il fera bon vivre.
Aucun putsch n’est nécessaire pour établir une démocratie, mais il va de soi qu’aucune révolution ne peut se faire sans le soutien actif ou plus passif des armées d’un pays. C’est une règle indépassable : toutes les révolutions obligent au « Grand Soir » venu, les armées d’une nation à se prononcer. Or vous n’êtes pas sans savoir que depuis le 17 novembre 2018, la France est entrée de plein pied dans une crise politique durable et dont nous n’avons pas encore atteint le paroxysme, quand bien même la dictature sanitaire en cours a de quoi nourrir toujours plus notre colère. Viendra un jour où nous renverserons notre oligarchie. Peut-être dans le sang s’il n’est plus possible d’utiliser d’autres recours.
Nous réclamons à ce titre le soutien de nos armées envers le peuple qu’elles ont la charge de protéger. Aucun militaire n’est subordonné au gouvernement. Tous sont soumis au commandement de la nation toute entière. Et M. Macron n’est nullement légitime pour être l’intercesseur entre le peuple et nos armées. La place des traîtres à la patrie est en prison ! On les fusillait même au sortir de la seconde guerre mondiale.
Aussi cette lettre doit être comprise autant comme une mise en garde qu’un appel à prendre position. Rien ne vous empêche de transmettre un tel courrier à votre hiérarchie pour lui signifier que vous ne savez pas comment y répondre. Cette même hiérarchie qui par principe, continuera de faire remonter jusqu’à l’État-major notre requête puisque personne ne dispose du grade nécessaire pour répondre à notre mise en demeure. Ce courrier qui sera distribué aux plus grand nombre d’officiers ayant à charge d’administrer des régiments et bases militaires, ne pourra de toute façon être ignoré de l’Armée toute entière, nous y veillerons.
Aussi nous espérons que notre adresse saura toucher votre sensibilité de soldat au service de la nation, car c’est avec toute l’expression de notre respect pour votre engagement pour la France, que nous vous la communiquons.
Dans l’espoir qu’il se trouve encore des hommes d’honneur pour savoir dire « non » lorsque les principes les plus élémentaires sont bafoués,
Climatisation
Imaginer un bâtiment n'a de sens que si celui ci s'intègre harmonieusement dans son cadre, sur un plan esthétique évidemment, mais surtout s'il est conçu de façon à ce qu'il ait un impact minimal sur l'environnement.
Dans cet esprit, je suis toujours choqué de voir des réalisations, pour certaines plutôt harmonieuses en apparence, qui d'emblée comportent toutes sortes d'équipements de confort énergivores, dont un en particulier, la climatisation, en tout cas, telle qu'elle est généralement admise.
S'il est concevable, en considérant qu'il est fréquent que nous habitions souvent sous les toits de nos jours, et s'il se peut que malgré une bonne isolation, la température sous les toits augmente sensiblement les jours d'été, pourquoi ne penser qu'à la mise en place d'une climatisation électrique, consommant de précieux kW, et par ailleurs bruyante et franchement peu esthétique.
J'ai donc imaginé un système simple, efficace, peu cher, très économe en énergie, et qui de plus (dans le cas de ma maison) se devait de répondre aux critères liés aux zones sous contrôle des ABF. il a été déposé à l'INPI sous le numéro 609460231019, dépôt qui atteste de la propriété intellectuelle exclusive à mon nom, néanmoins, j'accorde son utilisation dans le cadre d'une licence Open Source. N'hésitez donc pas à me contacter, je vous communiquerai les plans. Si vous deviez ne pas vous sentir l'âme d'un réalisateur ou d'un installateur, Cateiga Conseil peut vous en proposer la fourniture voire l'installation.
(dans l'esprit de l'Open Source Il ne vous sera demandé, si l'occasion se présente, que de mentionner votre source)
Émile Digeon et la Commune de Narbonne
Détails
Catégorie : Les Communes en province
Mis à jour : 31 décembre 2021
On a tendance à considérer la province comme totalement réactionnaire et hostile à la Commune de Paris. Certes, de nombreux notables, représentants du grand capital, sont acquis aux idées légitimistes mais il existe, dans plusieurs régions, d’honnêtes citoyens défenseurs de la République démocratique et sociale.
Émile Digeon (1822-1894) à PalmaIl ne faut pas oublier que le 2 décembre 1851, ce ne sont pas les grandes villes qui s’insurgent contre le coup d’État pour défendre la Constitution violée par le président de la République.
32 départements sont mis en état de siège et des troubles se produisent dans une vingtaine d’entre eux. Si les Basses Alpes est le seul département qui tombe tout entier dans les mains des opposants, l’agitation néanmoins est extrême dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Centre. L’Aude ne fait pas exception à cette poussée de fièvre révolutionnaire pendant le règne de Napoléon III. Au dernier plébiscite de Badinguet, le 8 mai 1870, Narbonne va répondre par 1917 « Non » contre 1494 « Oui ».
Un homme jouera un rôle prépondérant dans ce département, il se nomme Émile Digeon.
Il est né le 7 décembre 1822 à Limoux (Aude) fils de Joseph, Louis, Étienne, Stanislas Digeon, avocat, et d’Emilie, Elisabeth Barthe, son épouse. Émile Stanislas Digeon affirme, très jeune, ses convictions socialistes et révolutionnaires. Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il sera arrêté ainsi que son père. Rivés à la même chaîne, ils sont déportés en Algérie et soumis au régime des bagnards. Ils réussissent pourtant à s’évader en bateau [1], espérant pouvoir débarquer en Catalogne, mais la tempête les fait échouer aux Baléares. Émile Digeon s’installe à Palma de Majorque où sévit alors une épidémie de choléra. Il participe à la lutte contre ce fléau. La maladie vaincue, le consul de France voulut lui décerner la Légion d’Honneur. Il refusa la décoration, estimant que seul l’évêque de Palma méritait cette récompense pour avoir fait son devoir pendant la terrible maladie alors que son clergé avait pris la fuite et l’avait lâchement abandonné. Cette attitude du libre penseur avéré mérite d’être signalée pour son panache. Digeon père et son fils Émile exercèrent des emplois juridiques et journalistiques à Palma leur assurant un revenu confortable. Le 4 septembre 1853, Emile Digeon épouse Hélène Chaussat, veuve de Basile Canut, lui aussi d’origine française.
Narbonne - Les Barques vers 1870 – Collection particulière ( Blog Patrimonial de la Médiathèque du Grand Narbonne)
Un républicain révolté
Émile Digeon (1822-1894)En janvier 1870, à l’avènement du ministère Émile Ollivier, Émile Digeon rentre en France, profitant des quelques mesures dites « libérales » du nouveau ministre. Il sera rédacteur de La Fraternité de Carcassonne dont son ami Marcou, ancien proscrit, est le rédacteur en chef.
Dans l’Aude, ce sont les divergences idéologiques qui opposent les républicains avancés aux opportunistes de diverses obédiences. Le conflit entre l’équipe Marcou-Digeon et les frères Raynal est représentatif de l’orientation politique du département le 4 septembre 1870.
À Narbonne, après la proclamation de la République, les frères Raynal, anciens exilés, rêvent d’occuper la scène politique. L’aîné, adjoint au Maire, ceint l’écharpe municipale et parcourt la ville suivi par une foule à l’enthousiasme irréfléchi.
Le 5 septembre, Marcou qui exerce les fonctions de préfet, nomme Gayraud maire de Narbonne, et le docteur Fernand Digeon, frère d’Émile, secrétaire général du département de l’Aude. Le 6 septembre, Théodore Raynal prend possession de la sous-préfecture et quelques jours plus tard, il est nommé préfet de l’Aude par le gouvernement provisoire.
Marcou, de son côté, organise la garde nationale pour défendre la patrie et la République. Gambetta exige que Marcou remette ses pouvoirs à son protégé Théodore Raynal et le 13 septembre, ce dernier reprend ses fonctions à la Préfecture malgré les protestations de Marcou dont Gambetta ne se soucie guère. Marcou, contraint de se retirer, en conservera beaucoup d’amertume.
Pendant la période où l’armée prussienne a envahi la France et jusqu’à la capitulation de Paris, le 24 janvier 1871, l’activité politique à Narbonne est concentrée au club Lamourguier (2). Ce temple de la démocratie avancée sera bientôt transformé en club de la Révolution. Au club Lamourguier, Raynal cadet tente de justifier sa conduite trompeuse mais il doit s’éclipser sous les huées d’un public devenu plus clairvoyant et il donne sa démission au préfet.
Le mécontentement des républicains sincères allant grandissant, ils envoient une lettre au citoyen Digeon à Carcassonne pour le prier de se rendre dans le plus bref délai à Narbonne
« afin d’y proclamer la Commune centrale de l’arrondissement avec union au gouvernement de Paris. »
Le 23 mars 1871, à sept heures du soir, Digeon arrive à Narbonne. Le matin du 24, Antoine Raynal, premier adjoint, en l’absence du maire, refuse de convoquer le conseil municipal malgré l’insistance du jardinier Limouzy, lui-même conseiller municipal et principal collaborateur d’Émile Digeon.
Proclamation de la Commune de Narbonne le 30 mars 1871 par Digeon
La Commune de Narbonne
Vers 8 heures du soir de la journée du 24 mars, une foule déchaînée envahit l’Hôtel de Ville. Digeon prend alors la direction des opérations et s’installe avec ses principaux partisans dans la mairie. Il se présente au balcon de l’édifice communal et proclame la constitution de la Commune de Narbonne. Le drapeau rouge remplace le drapeau tricolore.
Pour s’opposer aux insurgés, les autorités versaillaises disposent des 1500 hommes du 52e de ligne placés en position d’attaque sur la place de l’Hôtel de Ville et dans la rue de la Poissonnerie. Les soldats mettent la crosse en l’air, les officiers sont rapidement désarmés et faits prisonniers. Les frères Raynal subissent le même sort. Après avoir pris possession de la sous-préfecture au nom du peuple, le citoyen Nègre, à la tête de 40 gardes, surveille l’édifice. Digeon ordonne au chef de gare et au chef de la station télégraphique de ne reconnaître qu’une seule autorité, celle de la Commune.
L’Hôtel de Ville de Narbonne vers 1900
La journée du 27 mars est assez calme ; des délégués des communes environnantes viennent donner leur adhésion à la Commune de Narbonne et demander des instructions. De son côté, le préfet de l’Aude, M. Trinchant, resté fidèle à Versailles, n’admet pas la nomination de Digeon et se montre insolent à son égard.
Le 28, les insurgés s’emparent de l’Arsenal. Ils font prisonniers les soldats qui le gardent et récupèrent quelques armes et cartouches. Pour empêcher les Versaillais de recevoir des renforts, Digeon fait enlever les rails du chemin de fer dans toutes les directions, sans intervention des gendarmes qui protègent la gare. Mais il est déjà trop tard. Digeon est prévenu de l’arrivée de deux compagnies de Turcos en provenance de Perpignan. Il fait renforcer les postes de défense, mais en vain : les renforts versaillais se poursuivent le 29 et le 30.
La défaite
L’arrivée du préfet et du procureur général est accompagnée par la présence de leurs délégués : Marcou, maire de Carcassonne, Auguste Claron et Isidore Roques, conseillers municipaux de Limoux. Ces derniers sont chargés d’informer les assiégés sur les décisions prises : amnistie générale s’ils évacuent l’Hôtel de Ville avant le commencement des hostilités. Quant au chef de la Commune, il disposera de 24 heures pour passer à l’étranger.
Digeon réunit un conseil de guerre pour délibérer sur cette proposition. Elle est rejetée à l’unanimité moins deux voix. Le général Zentz, vers minuit, fait occuper l’entrée opposée des rues barricadées. Le 31 mars, à 3 heures du matin, un détachement de Turcos se trouve à peu de distance de la barricade de la rue du Pont. Digeon fait doubler les postes de défense. Quelques gardes veulent fraterniser avec les Turcos. Ils sont accueillis par une fusillade qui fait deux morts et trois blessés.
Digeon écrit au général Zentz afin d’obtenir une ambulance pour le transport des blessés. Aucune réponse du commandant des forces de Versailles qui a menacé par affiche de faire bombarder l’Hôtel de Ville.
« Votre conduite dictera la mienne, riposte Digeon. Vous menacez ceux qui se sont levés, en définitive, pour défendre la République contre les entreprises des factions monarchiques de Versailles. »
Le général, exaspéré, donne l’ordre de ne pas épargner l’eau de vie aux Turcos, les autorisant à massacrer « les bandits » de l’Hôtel de Ville. Le procureur général renouvelle sa proposition d’amnistie à tous ceux qui évacueront la mairie avant les hostilités, mais en même temps, il avance dans la rue du Pont accompagné de deux détachements, l’un de soldats du génie, l’autre de Turcos.
La Gare de Narbonne. Vers 1900
Digeon proteste contre la violation des conditions présentées par le délégué du procureur général, le médecin Marty. Il est prêt à se retrancher dans le cabinet du maire quand plusieurs de ses partisans l’emmènent de force dans une maison de la rue du Pont pour le soustraire à la furie des Versaillais. Il refuse de prendre la fuite et écrit au procureur général qu’on peut venir l’arrêter.
Des mandats d’arrêt sont lancés et suivis rapidement d’exécution. Les citoyens impliqués sont enfermés avec des voleurs et Digeon jeté dans un cachot infect. Les interrogatoires commencent rapidement ; ils seront terminés le 23 avril 1871.
Il est intéressant de relater le récit des événements par le capitaine Pérossier de l’armée gouvernementale car il a participé très activement à la répression de la Commune de Narbonne. Il décrit les journées de l’insurrection à sa manière d’ultra-réactionnaire qui se prétend lettré. Il est plein de haine pour « la trahison » de nombreux soldats du 52e de ligne et approuve « la razzia de nos bons Turcos ». Il recevra la légion d’honneur pour sa brillante conduite… Il décrit les faits avec un humour perfide qui n’épargne pas les hommes du 4 septembre 1870, tels que Gambetta et ses partisans, même s’ils sont hostiles à la Commune. Très curieusement, Pérossier, qui deviendra plus tard colonel, sera mainteneur des Jeux Floraux (le mainteneur est un dignitaire des Jeux Floraux de Toulouse).
Les proies
Mais revenons aux détenus de la prison de Narbonne. Enchaînés deux à deux, ils sont conduits à la gare entre deux files de 24 gendarmes appuyées d’une compagnie de Turcos.
Ils ont appris avec stupéfaction qu’ils vont partir pour la prison de Rodez alors qu’ils pensaient être envoyés à Montpellier. La Cour d’assises de l’Aude ayant été dessaisie du jugement de l’affaire pour cause de suspicion légitime, en réalité pour éloigner le plus possible les accusés de leurs témoins à décharge.
Le 13 novembre 1871, les insurgés sont conduits au palais de justice de Rodez. Ils sont accusés d’avoir, à Narbonne, du 24 au 31 mars 1871, fait partie d’une bande armée,
« laquelle a exécuté un attentat ayant pour but de détruire ou de changer le gouvernement, et d’exciter à la guerre civile, en portant les citoyens ou les habitants à s’armer les uns contre les autres…».
Les débats se déroulèrent jusqu’au 18 novembre à 4 heures du soir, sous la présidence de Dellac, conseiller à la cour d’appel de Montpellier. Les principaux accusés étaient Digeon, le chef de l’insurrection, Bouniol, Nègre et Montels. Maître Louis Mie, du barreau de Périgueux, présente la défense de Digeon, mais ce dernier se défendit souvent lui-même, revendiquant hautement la responsabilité de ses actes et exaltant son idéal révolutionnaire.
Au président du tribunal qui conteste à Digeon le droit à l’insurrection, le prévenu riposte :
« Personne ne déteste plus que moi la guerre civile. Mais il est une chose que je déteste plus que la guerre civile, c’est la tyrannie. »
Le président lui reproche alors d’avoir arboré le drapeau rouge. Il répond :
« Le drapeau rouge est mon drapeau depuis que le drapeau tricolore a été souillé à Sedan. »
Le capitaine Blondlat du 52e de ligne déclare :
« Digeon peut être un exalté, mais il est convaincu, honnête, courageux, énergique et, à notre égard, il s’est montré d’une prévenance sans bornes et d’une exquise délicatesse » (le capitaine Blondlat fait allusion aux officiers du 52e pris en otage).
Le réquisitoire de l’avocat général Maître Gourant de la Baume est haineux. Il évoque la menace du spectre rouge pour impressionner le jury qui n’est pas ébranlé par ses propos délirants. Après une heure et demie de délibérations, Émile Digeon et les autres accusés sont acquittés. « Vive la République ! » crie la foule qui stationne devant l’hôtel où Digeon va prendre un repos bien mérité.
Émile Digeon retourna à Mallorca pour retrouver sa femme, régler ses affaires et prendre du recul par rapport aux événements qui ont bouleversé la France et l’Europe. Malgré son absence, les Narbonnais sont restés fidèles à ses traditions humanistes. A la veille de l’amnistie totale de 1880 et grâce à l’appui du conseil municipal de leur ville et du député de l’Aude M. Bonnel, ils finissent par obtenir l’amnistie des condamnés par contumace et des malheureux soldats du 52e de ligne qui pourrissaient dans les bagnes.
Entre 1880 et 1885, sa décision est prise : Digeon revient définitivement en France. Sa femme est restée à Palma et il semble qu’à partir de cette période, l’harmonie du couple soit brisée.
Plaque commémorative de la Commune de Narbonne (Église Notre-Dame de Lamourguier siège du club de la Révolution durant la Commune)
L’anarchiste
Auteur de nombreux articles et brochures sur le mouvement libertaire, Émile Digeon fut un grand ami de Louise Michel et il l’accompagne souvent dans ses réunions. Elle s’était réjouie de sa conversion :
« Brave Digeon, il avait vu tant de choses qu’au retour de Calédonie, nous l’avons trouvé anarchiste, de socialiste autoritaire qu’il avait été, sa grande intégrité lui montrant le pouvoir comme la source de tous les crimes entassés contre les peuples. »
Malade et oublié même par ses amis, Émile Digeon a passé ses dernières années à Trèbes, dans l’Aude. Il y est mort le 24 mars 1894, jour anniversaire de la proclamation de la Commune de Narbonne. Pour ses obsèques, il avait demandé que la seule cérémonie fût la lecture de son testament révolutionnaire.
Jusqu’au bout, il avait mis en garde les travailleurs contre tous ceux qui flattent le peuple pour mieux le duper :
« (…) Au point de vue social, je regarde comme nuisibles à l’humanité tous les individus qui aspirent à gouverner les autres, sous une forme quelconque et surtout ceux qui causent la misère des travailleurs en accaparant les richesses que ces derniers produisent (…) ».
MARCEL CERF
(1) On ne possède pas de renseignements précis sur les conditions exactes de cette évasion qui semble miraculeuse.
(2) Les séances du club se tiennent dans l’église Lamourguier désaffectée (aujourd’hui musée lapidaire). Le 12 mars 1871, Digeon y prend la parole pour réclamer l’armement de la garde nationale et glorifier le drapeau rouge.
Si la Commune de Paris est connue dans le monde, il ne faudrait pas oublier les mouvements insurrectionnels et révolutionnaires qui ont touché une grande partie de la France de septembre 1870 à mai 1871.
Le 4 septembre, les Parisiens proclament la République devant l’Hôtel de ville. Les Lyonnais font exactement la même chose, le même jour. Entre septembre et octobre 1870, la République est autoproclamée à Lille, Montereau, Cosne, Vierzon, Saint-Amand, La Charité, Dijon, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Voiron, Saint Marcellin, Varilhes, Carcassonne, Bordeaux.
En province, surtout dans le sud, le mouvement révolutionnaire est clairement communaliste, fédéraliste, voire autonomiste, anti-prussien, anti-versaillais et anti-jacobins. Le 18 septembre 1870 une Ligue du Midi est créée par des représentants de treize départements du Sud-Est avec Marseille comme centre. Elle est dirigée par Alphonse Esquiros, administrateur général des Bouches-du-Rhône, Gaston Crémieux, avocat nîmois et André Bastelica, secrétaire de la section de l’AIT (Alliance Internationale des Travailleurs ou 1re Internationale) de Marseille.
Esquiros déclare : "Nous avons envoyé une dépêche au gouvernement pour lui faire savoir que nous considérions comme urgent de donner aux départements du Midi une liberté d’action entière pour l’organisation de la défense nationale". Et pour ne pas froisser directement Paris, il précise : "La République doit rester une et indivisible", mais d’ajouter : "Mais, vu les circonstances, il y a lieu de former une sorte de confédération provisoire qui nous permettrait d’agir de concert" [1]. On retrouve là, le Midi frondeur qui s’était soulevé contre Louis Napoléon Bonaparte en 1851 et qui s’enflammera en 1907 lors de la Commune de Narbonne.
Des insurrections sans lendemain
La ligue du Midi se dote aussi d’un programme politique : impôt sur les riches, confiscation des biens des traîtres, séparation de l’église et de l’État. Mais elle n’aura pas le temps de mettre en œuvre ses réformes.
Le 28 septembre 1870, l’anarchiste russe Bakounine et ses amis de l’AIT prennent l’hôtel de ville de Lyon. Mais des soutiens leur manqueront et le mouvement sera rapidement réprimé par la garde nationale qui n’a pas rejoint les insurgés. À Marseille, le 1er novembre, une Commission révolutionnaire s’installe à la mairie avant d’en être chassée quelques jours plus tard. Le 5 décembre, une tentative insurrectionnelle échoue à Rouen.
Quand Paris proclame la Commune le 18 mars 1871, la province suit. Des Communes sont proclamées à Lyon et Marseille le 23, à Narbonne le 24, au Creusot le 26, ainsi que des révoltes armées à Toulouse le 24, Saint-Étienne le 25, Limoges le 4 avril, La Charité-sur-Loire les 10 et 11 avril, Rouen le 14, Cosne et Saint-Amand le 15, Tullins et Saint-Marcellin le 17, Neuvy le 19, Montargis le 1er mai, Varilhes les 2 et 3, Montereau les 7 et 8, Romans le 22, Voiron et Vienne le 24. Sans oublier des échauffourées à Bordeaux, Limoges, Sens, Albi, Montpellier, Avignon, Toulon, Draguignan, Dijon…
La Commune de Paris va envoyer des émissaires en province, mais ces derniers ne parviendront pas à fédérer le mouvement au niveau national. Charles Amouroux arrive à Lyon le 23 mars 1871, envoie deux délégués à Saint-Étienne et part à Chalabre dans l’Aude. Il repart à Marseille et retrouve deux autres Communards parisiens, Landeck et May. À Lyon, les Parisiens Caulet de Tayac et Dumont proclament la Commune lyonnaise depuis le quartier ouvrier de la Guillotière.
La Commune de Marseille sera la plus longue. Elle début le 23 avril 1871. Gaston Crémieux s’installe à la préfecture à la tête d’une Commission départementale révolutionnaire. Mais les insurgés commettent l’erreur stratégique de ne pas prendre les forts, la gare et la butte de Notre Dame de la Garde. C’est de cette position, ainsi que du fort Saint-Nicolas, que le général réactionnaire Espivent de la Villesboisnet fait tirer sur les insurgés le 4 avril. Les fusiliers marins reprennent les bâtiments sans trouver beaucoup de résistance. 150 Communards marseillais seront fusillés dans les jours suivants.
Le manque de coordination aura été fatal aux Communes de province.
Le travail manque. Je ne pense rien vous apprendre ici. Pourquoi est-ce un problème dans notre société actuelle d'ailleurs ?
C'est un problème financier personnel. Le travail génère du revenu pour les travailleurs. Plus de travail, plus de revenu et donc plus de subsistance.
C'est un problème pour l'état. Moins de travailleurs = plus de chômeurs. Et si le nombre de chômeurs augmente, le montant des prestations sociales aussi.
C'est un problème de société. Plus de chômeurs = plus de personnes stigmatisées. Être au chômage est rarement bien vécu et est considéré dans l'esprit collectif comme une tare (des personnes qui vivent au crochet des autres, qui ne cherchent pas d'emploi, voire des fois qui sont fainéantes).
C'est un problème d'épanouissement personnel. Le chômage place les individus en marge de la société sans moyen de s'épanouir via un travail rémunéré. En effet le but du chômage c'est bien d'en sortir et de chercher du travail, on a déjà vu plus épanouissant.
Si nous y réfléchissons un peu, est-ce que ce manque de travail n'est pas plutôt une bonne nouvelle ?
En quoi est-ce une bonne nouvelle ?
L'Homme a passé les deux derniers siècles à inventer des moyens de rendre ses tâches moins pénibles et contraignantes. Après la révolution industrielle, toutes sortes de machines sont venues remplacer l'Homme dans un grand nombre de secteurs. Vous avez certainement tous en têtes les robots des chaînes de montage industriel ou plus récemment les caisses automatiques dans les supermarchés : plus rapides, plus pratiques, moins coûteux. Le « progrès » en quelque sorte. Si l'on prend un peu de recul, nous avons presque atteint ce dont nos ancêtres n'osaient rêver : s'épargner une grande partie des travaux laborieux et fastidieux (il ne faut pas oublier que la moissonneuse-batteuse ne date que du milieu des années 1900 par exemple).
La bonne nouvelle est que maintenant que nous avons atteint ce stade et que nous continuons à aller dans ce sens : nous n'avons plus qu'à en profiter et à savourer ! Enfin presque ...
Pour en profiter, il va falloir réfléchir
Vouloir s'épargner un travail laborieux et répétitif semblait louable. Le problème vient du fait que personne n'a réellement anticipé une des conséquences inévitables de cela : puisque le revenu (l'argent que chacun d'entre nous gagne) est lié au travail, si nous supprimons le travail, nous supprimons une partie des sources de revenu.
Nous entendons donc partout qu'il faut plus de croissance, car plus de croissance signifie plus d'activité et donc plus de travail. Mais ne marcherions nous pas sur la tête ? La sacro-sainte croissance ne peut être une solution à long terme. Les ressources de notre Terre se tarissent à vitesse grand V, et à un moment produire plus ne sera plus possible. Il faudra forcément « décroître » et trouver autre chose. Alors pourquoi ne pas commencer à chercher maintenant ?
Une solution alternative : le revenu de base
L'idée du revenu de base est de découpler le revenu du travail, tout du moins une partie. Avoir un revenu serait alors un droit, peu importe si la personne effectue un travail salarié. Ce revenu serait inconditionnel et devrait permettre de vivre si l'on ne perçoit que lui. Les personnes seraient alors libre de choisir la manière dont elles souhaitent contribuer et ajouter de la valeur à la société : travail salarié (pour gagner plus que le revenu de base), bénévolat, s'occuper de sa famille (enfants et/ou personnes âgées dépendantes), etc.
Pour moi le déclic est venu d'une vidéo sur youtube qui explique tout cela parfaitement. Rendez service à la société et à vous même, allez la regarder : Revenu de base en version complète 1h35mn.
Si vous êtes atteint d'un des maux du 20 ème siècle le plus commun et que vous aussi vous n'avez pas le temps, voici deux versions plus courtes :
Revenu de base en 45 mn ou encore plus court Revenu de base pour les pressés en 7 mn
L'idée paraît utopique au premier abord, mais plus vous y penserez et vous documenterez dessus, plus elle vous apparaîtra réalisable. Éric explique qu'il a mis deux ans à dépasser ses préjugés dans son article sur le revenu de base. Et vous, combien de temps ça vous prendra ?
Pour finir, voici le site français de référence sur le sujet : http://revenudebase.info.
À vous de jouer maintenant !